Sur cette phase de groupe, l’Euro Suisse nous aura montré à quel point la jeunesse européenne du football féminin est appelée à marquer cette nouvelle décennie qui s’ouvre.

La révolution vient de la jeunesse

Du côté des Suisses dont les étrangers avaient pris l’habitude de repérer Ramona Bachmann (34 ans), Noëlle Maritz (29 ans) et Lia Wälti (32 ans) ; on découvre pour les dix années à venir Sydney Schertenleib (18 ans) ayant déjà commencé à briller à Barcelone, Svenja Fölmli (22 ans, Freiburg), Iman Beney (18 ans, Man City) et Leila Wandeler (18 ans, OL Lyonnes). Alayah Pilgrim, 20 ans, (Roma) n’est pas à oublier !

Rendant mâture les vingt cinq ans de Nadine Reisen, piston gauche comme les vingt six ans de Géraldine Reuteler (toutes deux à l’Eintracht Frankfurt).

Les suissesses sont incroyablement jeunes.

Il faut se rendre compte à quel point les joueuses déterminantes suisses sont jeunes.

La buteuse, Riola Xhemaili, qui qualifie le pays hôte pour les quarts de finale n’a que 22 ans, déjà blessée et dont on dit qu’elle avait été sortie de la sélection quand pour d’autres pays, l’entrée chez les A se fait à 22 ou 24 ans !

Pia Sundhage, habituée aux joueuses d’expérience quand elle était la sélectionneuse de la Suède comme du Brésil, a fait avec ce qu’elle pouvait.

Elle a pris beaucoup de jeunes, sur un travail initial de l’ancienne sélectionneuse, Martina Toss-Tecklenburg (2012-2018) qui avait organisé des cycles de formation pour les très jeunes joueuses suisses.

Ce qui est vrai pour les Suisses, l’est tout autant de la Norvège et de son récent (4-2).

En fait, cette montée de la jeunesse a été facilitée dans les équipes sans grande notoriété. Elle est plus difficile dans le Top 10 mondial. Les joueuses installées sont difficiles à sortir. Et pourtant, il faut qu’elles le soient, comme dans un mouvement naturel, ne laissant qu’à certaines, rares, le privilège de rester.

A l’évidence, avoir plus de 100 sélections pour une joueuse qui démarre dans la décennie, relèvera du challenge. Plus de monde, plus d’exposition, plus de salaires, plus de mobilité. « Plus » de ma meilleure vie. Il va y avoir des candidates.

La renommée des clubs masculins ayant des sections féminines a motivé les jeunes filles à jouer pour les intégrer

D’où viennent ces jeunes joueuses ?

Ces joueuses sont venues au football féminin en raison de leur talent mais aussi de son exposition médiatique et financière, cimentant des débuts de carrière qui amènent les joueuses à rêver, depuis que tous les clubs masculins européens ont repris les sections féminines.

Une période commencée en 2015 en Europe. Les clubs, Bayern de Munich, Manchester City et United, Chelsea, Barcelone, Real Madrid, Paris Saint Germain inspirent les jeunes filles d’hier et encore plus, celles d’aujourd’hui. Le maillot et son niveau a un sens.

Il n’y a qu’à écouter les commentaires sportifs lors des retransmissions. Le journaliste étrenne les clubs des joueuses. Il n’existe plus aucun club inconnu aujourd’hui. Que des grands noms sans qu’on se préoccupe si la joueuse a du temps de jeu.

Elle porte le maillot et a signé un contrat. C’est bien suffisant, aujourd’hui, pour son bonheur.

Les clubs masculins, leurs moyens, inspirent les jeunes joueuses du football féminin. C’est un volume qui va considérablement augmenter.