Les Lyonnes, joueuses de l’IA ou de l’internet ?

Depuis 2023, l’Europe voit le FC Barcelone (2023, 2024) lever les bras sous une pluie de confettis, les oreilles prises par le célèbre « We are the Champions », rendant inutile les heures des lyonnaises à s’entraîner en secret, à « Rugir » devant une nuée de photographes, pour la photo d’un sacre que les anglaises d’Arsenal (2025) ont même transformé en « Sweet Caroline ! ».

« Les toiles araignées commencent à poindre sous les aisselles » créant une habitude opposée à la réussite de leur propriétaire, Michele Kang, seule femme à posséder le leadership d’un club masculin européen au plus haut niveau et d’une section féminine, ex-leader européen.

Il est clair que l’OL Lyonnes doit refaire peur à l’Europe, au risque d’être considérées comme des ex-prédatrices du football, endormies dans un parc animalier, à chercher dans leurs souvenirs, le plaisir des chasses qui leur étaient réservées.

Leur programme européen 2026 a tout de cette ambition.

Arsenal, championne d’Europe en titre, le Vfl Wolfsburg (double championnes en triple finalistes), Manchester United (3e de la WSL), l’Atletico Madrid (2e du championnat), la Juventus (6e) plus éloignée mais qui avait déjà gagné l’OL dans le passé. Elles n’ont que St Polten (Autriche) pour respirer.

Leurs récentes victoires contre le PSG (6-1) et plus modestement, face à l’équipe montante du RC Lens (1-8) à l’extérieur sont des indicateurs « d’une montée en température ».

Des joueuses qui permettent une telle ambition.

Le groupe choisi par le nouveau coach Jonatan Giráldez peut faire peur.

Christiane Endler dans les buts est une garantie. Selma Bacha, Wendie Renard et la brésilienne Tarciane (seulement 3 centimètres de moins que la capitaine lyonnaise) sont dans la même veine. Ashley Lawrence, canadienne, médaille d’Or aux JO de Tokyo, excellente au Paris Saint Germain, ne demande qu’à prouver comme approuver. A gauche comme à droite.

La norvégienne Engen, au physique de mannequin, réservée aux revues LGBT, retrouve des bases très solides au centre et j’aime particulièrement Svava, dans un rôle très réfléchi, athlétique, sur le côté gauche. Alice Sombath, très bonne avec l’Equipe de France, vient, dans cet ensemble défensif de très grande qualité, comme une Junior. C’est dire le niveau défensif olympien.

La force lyonnaise a toujours été offensive. Ses anciens coaches, Patrice Lair comme Farid Benstiti, tout autant que Gérard Prêcheur, s’escrimaient à s’approcher de la barre des cent buts marqués dans la saison.

Avec Chawinga, perdue l’an dernier et réveillée par la concurrence comme Kadidiatou Diani, la vitesse est garantie sur les côtés pour servir Marie-Antoinette Katoto, toujours excellente dans la finition avec Ada Hegerberg, sorte de « Mentor » comme l’avait été pour elle, la suédoise Lotta Schelin.

Viennent avec le mors au dent, Vicky Becho (22 ans) et Liana Joseph (19 ans), autrices de deux triplés la journée précédente. Fortes d’assez de saisons d’attente à l’OL pour s’apercevoir que les places sont rares. Et quand elles ne sont pas prises, la descente comme l’ascenseur de sortie voit ses portes, grandes ouvertes.

Reste Jule Brand. Jeune internationale allemande avec des enjambées de 800, fatiguée par son excellent euro aux couleurs d’un mondial comme d’un Ballon d’Or, venue pour faire exploser les lignes arrières et établir des records de vitesse dans le jeu en profondeur.

Ces deux mondes, défensif comme offensif, dépendent de la liaison des milieux de terrain.

Damaris et Heaps, capitaine des USA, sont des garanties de présence. Shrader (ex PSG), autrice d’un triplé contre son ancien club et l’haïtienne Dumornay ont celles du dynamisme et de l’intensité. La très jeune Lily Yohannes (18-19 ans) m’a impressionné face à Sakina Karchaoui pour le peu de temps qu’elle a joué. Reste Benyahia qui, comme Sombath, doit s’améliorer dans l’ombre de ces talents, pour, le jour J, débarquer en éclatant le jeu proposé.

L’OL Lyonnes a des raisons de créer le hashtag « AieAieonaleslyonnescesoir! ».

Sauf que l’Europe s’est agrandie, renforcée. Améliorée.

Là où il fallait une tempête pour que la surprise d’un résultat intervienne, aujourd’hui, d’un rien réussit par les adversaires, les portes de l’échec peuvent s’ouvrir.

Dans une compétition où les quatre premières des dix-huit équipes sélectionnées iront directement en quart quand les cinquième, jusqu’à la douzième place, se disputeront les quatre dernières places.

Le tout, devant les yeux des équipes éliminées, de la treizième place à la dix-huitième.

Et surtout, des directeurs sportifs des grands clubs européens, propriétés de milliardaires, occupés à savoir combien de zéros devront-ils prévoir pour de futurs transferts comme de salaires mensuels pour le football féminin. Déclarés par l’élite, comme les meilleurs amants et amantes des joueuses, dans la nouvelle série Netflix « Je dors avec mon argent ! »

Le Ballon d’Or sera donné à celle qui recevra le premier « cent cinquante mille euros mensuel », soit un peu plus d’1.500.000 € annuel.

Pour cela, dans une saisons 2026 ou rien d’autre que l’Europe est au programme, l‘Europe doit être une réussite.

En direct sur l’Equipe TV, ce soir à 21H

Pour info, Il y a dix ans, un premier rêve, réservé aux meilleures, était d’atteindre les 10.000 € mensuel.