Le français n’est plus une langue européenne
Il fut un temps où le français, à l’image de la règle diplomatique des années lumières, était la langue européenne que se devait d’apprendre, les joueuses étrangères pour espérer lever le titre européen. L’ex-Arkema Première Ligue, la D1F, regorgeait d’internationales étrangères de premier plan. Suédoises, américaines, brésiliennes, espagnoles, canadiennes, etc…
L’Olympique Lyonnais brillait en Europe (huit titres) et le Paris Saint Germain, par deux fois (2015 et 2017), avait atteint la finale européenne !
En 2021, on peut même penser que l’équipe d’Olivier Echouafni, sans la blessure de Kadidiatou Diani pour le retour en Espagne (2-1) et l’erreur de placement de la latérale gauche de l’époque au Camp des Loges (1-1), le PSG éliminait le FC Barcelone en demi-finale avec de bonnes chances de gagner le titre.
Aujourd’hui, il faut parler anglais (Chelsea, Arsenal, les deux Manchester) et espagnol (Barcelone, Real Madrid). Rares étant celles qui se tentent à l’Allemand.
Quel est le niveau européen du Paris Saint Germain et du Paris FC ?
On a découvert le Paris FC avec leurs victoires contre Arsenal et Wolfsburg en phases qualificatives, en se demandant si les joueuses spécialisées en « double projet » n’étaient pas parties pour avoir le diplôme de traductrice du football féminin, appelées à exercer définitivement leur talent face aux meilleures équipes européennes.
La réalité de la phase de groupe face à Manchester City (8-0 sur les deux matches) a montré que les parisiennes étaient en phase d’apprentissage, jouant d’un niveau B1 à B2 suivant les adversaires, quand la maîtrise réelle est donnée aux C1 et C2.
Aujourd’hui, on peut espérer qu’elles ne tombent pas en A1 et A2 européen (les premiers niveaux), en raison d’un renouvellement important de leur effectif, de l’implication nécessaire dans un championnat Arkema Premier Ligue homogène, à l’image de leur surprenante défaite face au FC Nantes (3-1), cette dernière journée.
Dans un groupe varié, fait de deux équipes de très haut niveau (FC Barcelone et Chelsea), d’une autre à cataloguer (Real Madrid), les parisiennes, issues souvent de parcours scolaires de référence (Kiné, Ingénieure, etc..) doivent se mettre en mode « parcoursup » pour ne pas rater l’immanquable face aux belges d’OH Leuven (ce soir à Charlety) aux norvégiennes de Valeranga et aux portugaises de Benfica.
Le Paris Saint Germain boitille en ce début de saison
La saison du Paris Saint Germain s’annonce éprouvante.
D’abord par un choix « longuet » du coach (mi-août) par la direction sportive indiquant les limites de son rôle dans le recrutement ou dans celui du départ de joueuses alors que la victoire européenne masculine laissait penser au contraire.
Puis un match nul face au RC Lens, équipe montante (1-1) suivi d’une très lourde défaite contre l’OL Lyonnes (6-1), qu’une courte victoire contre Dijon (1-0) ne laisse pas envisager la continuité que la seconde place du championnat a toujours donné dans le passé.
Versées dans un groupe qui ne les auraient pas fait sourciller les saisons précédentes (Bayern de Munich, Real Madrid, Manchester United), les voilà à penser « de quels bois sont faits les matches nuls », se concentrant sur OH Leuvren et Benfica comme certitudes de victoires. Wolfsburg, vainqueur, finaliste comme demi-finaliste, étant le dernier larron invité dans ce bal européen.
Pour l’instant les parisiennes produisent un faible B1 européen, pouvant se transformer facilement en A2 au pire comme en C1 si l’éventail de joueuses africaines se mettent à jouer collectif pour bénéficier de la lumière européenne constituée par la compétition de l’UEFA.
La défaite lyonnaise avait montré qu’il n’y avait pas de solidarité collective. Les échéances européennes à venir devront montrer l’ambition collective avec des performances individuelles. C’est le niveau C1.
Le contraire étant le niveau A2, c’est à dire correspondant aux places non-qualificatives de la 13e à la 18e place de la compétition.
Le premier match sera un bon indicateur, face au VFL Wolfsburg, mercredi (21h) en Allemagne.
William Commegrain Lesfeminines.fr
les niveaux européens en mode simplicité :
- A1, débutant
- A2, sortie en phase qualificative.
- B1, expérience et résultat.
- B2, qualifications phase de groupe.
- C1, qualification quarts de finale et demi-finale
- C2, finale et titre