Sur les deux premiers sets, personne ne contestera qu’il aurait fallu un souffle de plus pour que les Bleues de France prennent les deux premiers sets à des brésiliennes, classées 2e mondiale quand la France est rangée à la ..14e place.
1er set, les Bleues, très proches des 2e mondiale
Deux sets intenses, avec un premier qui débute et voit les brésiliennes s’imposer aux françaises pour mener avec un (+5) qui fait redouter le pire (10-5) !
Nous ramenant à la réalité du tableau ! Le Brésil, aujourd’hui, mais juste derrière l’Italie, première meilleure mondiale au ranking, et prochain adversaire du vainqueur de ce quart … A comprendre que ce n’est pas une montagne que les françaises ont à gravir, mais la chaîne de l’Annapurna !
Et pourtant, comme des chalands bien organisés de Decathlon, voilà les françaises qui s’équipent et partent à la conquête de ce premier sommet brésilien, quatre fois finalistes des mondiaux mais jamais titrés.
Sur un des rares blocs français qui fait rugir les commentateurs de l’Equipe, le score affiche un (16-16) prometteur.
D’autant qu’il est la signature de la capitaine française, Helena Cazaute, magnifique de détermination et d’efficacité avec vingt points de marqués pour les Bleues qui en compteront soixante-quinze au total, dont les fautes directes des brésiliennes (pas loin d’une dizaine).
Après cette remontée française réussie, les deux équipes se suivront, pas à pas, chacune prenant l’avantage pour voir l’autre égaliser, ouvrant la porte à tous les rêves pour qu’ils deviennent réalité.
(17-16, 17-17, 18-17, 18-18, 19-18 etc ….) les françaises menant même par deux fois dans cet escalier de l’émotion (20-21) et (21-22).
Sauf que le Brésil est 2e mondial. Sauf que la France n’est que 14è. A la gestion des moments cruciaux, les brésiliennes montrent qu’elles ne doutent pas et répondent aux belles attaques des Bleues par une défense de qualité, jusqu’à une première balle de match brésilienne à 24-23 que les Bleues sauveront (24-24).
La séléçao montre sa force, ne sachant pas qu’au Mondial de rugby qui se joue actuellement en Angleterre, les Bleues ont terminé, quelques jours auparavant, sur un 84-05 en leur faveur et il y a longtemps que la victoire française du (3-0) de 1998 en finale de la Coupe du Monde est sortie de leur mémoire, faute de n’y être jamais entrée, certaines n’étant même pas née à cette date.
Alors, elles reprennent sans sourciller l’avantage en défendant les attaques françaises pour faire un 26-25 en leur faveur.
Tout le monde croira à la troisième égalisation des Bleues sur ce point gagné, quand l’arbitre signifiera une faute de fil, redonnant le point et le premier set aux partenaires de Gaby (27-25), sorte de Marta du Volley féminin.
2e set, cinq balles de set pour les françaises !
Nous avons déjà vu des Bleues se démobiliser face à la conjoncture des événements, mais pas celles de cette équipe de volley, expatriée en Thaïlande et qui aurait dû reprendre son billet retour bien plus tôt dans la compétition, voire la regarder sur son canapé, n’ayant jamais été qualifiée à ce niveau depuis 51 ans.
Le souvenir d’un (2-3) aux JO de Paris et surtout d’un autre (2-3) dans cette compétition, le dernier set se terminant seulement sur un 15-13 en faveur des brésiliennes semble porter les Bleues qui ne lâchent rien à leurs adversaires.
D’un (4-3) brésilien, elles le retournent pour en faire un (4-6) en leur faveur qui se transforme même en (6-9) avec un matelas de 3 points qu’elles se créent pour la première fois.
Matelas discuté par le Brésil mais que les françaises conservent pendant les 3/4 du set pour même avoir quatre points d’avance (15-19) ! Iman N’Diaye (15 points) comme Amélie Rotar (12 points) s’imposant, se faisant redouter de leurs adversaires.
On croit à l’égalisation, sauf que le coach brésilien utilise son temps mort et que le Brésil n’est pas seconde nation mondiale sans expérience, efficacité et compétitivité. Les quatre balles suivantes sont pour elles, et le score se stabilise à (19-19).
Certainement que le second set s’est joué là.
Le site de la fédération de Volley écrit : « la fin de la manche est irrespirable, le Brésil se procure les deux premières balles de set (22-24), la France s’en offre cinq et c’est finalement la précieuse centrale Julia (10 points) en « basket » puis Gabi à deux mains qui parviennent à inscrire les deux derniers points permettant à la deuxième nation au classement mondial de mener 2-0 (31-33). »
Cinq balles de set des françaises que les brésiliennes ont défendu et gagné. La différence est devenue réelle entre les deux équipes. Le Brésil sait subir et gagner.
Le 3e set sera celui de la différence.
Les filles sont fatiguées. Les attaques sortent. Les brésiliennes rencontrent de moins en moins d’opposition. Le mental se rend compte de la réalité.
Les filles se battent. Par quatre fois, elles mèneront même d’un point jusqu’à (5-6). Puis, elles se battront ensuite pour égaliser (11-11) et laisseront les brésiliennes s’envoler pour un (3-0) en leur faveur, terminant sur un (25-19) concluant.
Les derniers mots seront ceux du bilan :
Cesar Hernandez, entraîneur de l’équipe de France : « Nous sommes un peu déçus, parce que nous avons répondu présent, nous avons eu des opportunités de gagner les deux premiers sets. Maintenant, le Brésil a été très solide en attaque, ça a été difficile pour nous de trouver des solutions pour les stopper, des petits détails ont fait la différence, elles ont été capables à certains moments-clés de mieux contrôler le match que nous.
Héléna Cazaute, réceptionneuse/attaquante et capitaine de l’équipe de France : « Les sentiments sont mélangés. Il y a évidemment de la déception, parce que l’aventure est terminée pour nous, mais on peut être fières du parcours qu’on a accompli. Gagner un huitième de finale contre la Chine, ce n’était pas écrit et on l’a fait, on a écrit l’histoire. On aurait aimé qu’elle continue, mais je suis super fière de l’équipe et de l’été qu’on a fait, et honnêtement, j’ai déjà hâte de retrouver cette équipe l’année prochaine. Le deuxième set, c’était chaud, on a su inverser la tendance à un moment donné, elles sont repassées devant, ça s’est joué à deux-trois petits détails, c’est dommage car on aurait pu revenir à un set partout, mais ça reste le Brésil, une équipe d’expérience, je suis sûre qu’on apprendra de cette défaite.
Une défaite sportive. Une victoire d’apprentissage pour aller plus haut et mieux.
William Commegrain Lesfeminines.fr