Les conditions du Ballon d’Or

Le Ballon d’Or est la récompense individuelle la plus prestigieuse du football, décernée selon trois critères essentiels. En premier lieu, la reconnaissance revient aux performances individuelles, en valorisant le caractère décisif et impressionnant de la joueuse. Ensuite, les succès collectifs et le palmarès accumulé au cours de la saison sont déterminants. Enfin, la classe de la joueuse et son fair-play complètent l’évaluation.

Le processus de vote est entre les mains de journalistes sportifs du monde entier. Les 100 premiers pays au classement FIFA pour les hommes, et le Top 50 pour les femmes. La liste est donné début Août 2025 et la remise de la récompense se fera le 22 Septembre au Châtelet.

Sandy Baltimore a les ingrédients pour y postuler

À seulement 25 ans (née en 2000), Sandy Baltimore n’est plus une promesse, mais une certitude. Formée au Paris Saint-Germain et désormais sous les ordres de Sonia Bompastor à Chelsea pour un contrat de quatre ans, elle a connu une métamorphose spectaculaire en Angleterre, surtout durant les derniers mois de la saison, qui l’a rendu buteuse de neuf buts depuis février. Cinq avec l’Equipe de France, quatre avec Chelsea, dont deux en finale.

Sa progression est fulgurante : titulaire lors de 14 des 15 matchs de la Women’s Super League, au sein d’un effectif pléthorique de 43 joueuses, elle a su se faire une place. Au-delà des statistiques brutes, Baltimore a été un élément majeur des trois titres remportés par Chelsea : la Women’s Super League (pour la 6e fois consécutive), la Women’s FA Cup et la Women’s League Cup. Elle répond ainsi pleinement aux critères de performance collective et individuelle.

Son influence a été totale lors de la finale de la Women’s FA Cup, où elle a signé un doublé retentissant et une passe décisive face à Manchester City (3-0) dans un Wembley comble.

Son nom résonne déjà outre-Manche, d’autant plus qu’elle a relancé Chelsea en quart de finale de la Coupe d’Europe avec un superbe premier but contre City, après une défaite à l’aller (2-0). Elle a récidivé contre le FC Barcelone en demi-finale, marquant malgré la lourde défaite (8-2 sur les deux matchs). Son passage d’ailière gauche à latérale gauche a même mis sous pression Caroline Graham Hansen (FC Barcelone), deuxième au Ballon d’Or 2024.

Avec l’Équipe de France, Baltimore s’est affirmée en marquant lors des cinq dernières rencontres. Ses buts, empreints de sérénité et de certitude, témoignent de sa confiance. Elle mène le jeu, apporte une assurance collective, s’émancipe à l’image de Clara Matéo, et son style unique — fait de dribbles chaloupés et d’un pied gauche « magique » — illumine le jeu et peut émerveiller les observateurs.

D’autres joueuses candidates

Par habitude, seule les finales sont regardées par le maximum de journaliste. Donc le premier choix se fait sur Arsenal et le FC Barcelone.

Alors qu’Alexia Putellas (2021 et 2022) et Aitana Bonmati (2023 et 2024) ont livré des finales en demi-teinte, les portes du Ballon d’Or semblent s’ouvrir à d’autres joueuses.

Stina Blackstenius (Arsenal) a créé la surprise en remportant la finale (1-0) avec son but, bien que remplaçante. Elle brille également avec la Suède, auteure d’un triplé lors de la dernière journée en Ligue des Nations contre le Danemark (6-1).

Alessia Russo (Arsenal), élue meilleure joueuse de l’année en Angleterre et vainqueure de la Coupe d’Europe avec Arsenal, est déjà reconnue internationalement. Son rôle de « Super-sub » lors du titre de l’Euro 2022 avec l’Angleterre, et sa talonnade l’a inscrit sur la liste du prix Puskas, témoignent de son impact. Autrice d’un doublé contre le Real Madrid en 1/4 de finale de la WCL, elle a brillé.

Cependant, l’Angleterre n’a pas atteint les demi-finales de la Ligue des Nations au contraire des Bleues, de l’Espagne, de l’Allemagne et de la Suède, bien que Russo ait marqué. De plus, elle n’a pas scoré avec Arsenal en finale, lors de ce RDV qui lui aurait donné la récompense. Sans Blackstenius, rien n’était fait pour le club anglais.

Le choix le plus logique pourrait être, alors, celui de Mariona Caldentey, essentielle à la victoire d’Arsenal, déjà triple championne avec Barcelone et qualifiée avec l’Espagne pour les demi-finales de la Ligue des Nations. Du côté des Championnes du Monde, une autre candidate pourrait être la jeune Pina, auteure d’un doublé contre l’Angleterre, joueuse du FC Barcelone (donc finaliste de la Women’s Champions League) et meilleure buteuse de la compétition !

Cependant, toutes ces options restent incomplètes.

Tout se jouera à l’Euro 2025, l’ultime tremplin.

Tout indique que l’Euro 2025 en Suisse, du 2 Juillet au 27, sera le juge de paix pour le Ballon d’Or, et Sandy Baltimore, comme d’autres, « speaks » les performances pour cette récompense.

Pour concrétiser cette possibilité, une performance collective des Bleues sera indispensable. L’avantage de la française ou d’autres Bleues comme Marie-Antoinette Katoto et Clara Matéo, c’est que le calendrier va les mettre face à des adversaires de taille : l’Angleterre (championne d’Europe en titre et vice-championne du monde 2023) et les Pays-Bas (championnes d’Europe 2017 et vice-championnes du monde 2019).

Reconnus sur le plan international, ces matchs à fort enjeu seront scrutés de près. Une prestation de haut vol de la jeune joueuse lors de ces deux rencontres la placerait en concurrence directe avec Mariona Caldentey, Alessia Russo, Pina et Blackstenius. Son statut de joueuse de Chelsea, avec les trois trophées domestiques de 2025 et une demi-finale européenne, lui donnerait déjà des points dans les votes des journalistes anglophones.

Si la France dépasse les quarts de finale et atteint la finale, Sandy Baltimore pourrait bien devenir la Ballon d’Or 2025, à condition de maintenir son efficacité devant le but. Titrée avec Chelsea, importante pour le club, influente sur le jeu, 1/2 finaliste WCL, importante pour l’Equipe de France et buteuse. Il manque une performance collective internationale pour donner un véritable corps à cette candidature.

Son jeu chaloupé et imprévisible est déjà un atout majeur, mais sa capacité à marquer la rendrait encore plus crédible.

C’est là toute la magie du football : passer de l’ombre à la lumière en quelques mois. De son absence aux JO 2024 à cette résurrection spectaculaire, l’histoire de la petite Sandy Baltimore, 1m56, est un rêve éveillé qui inspirera plus d’une petite fille.

Le Paris Saint-Germain pourra alors regretter amèrement d’avoir laissé filer un tel talent.