Une France dominatrice
Insérées entre un Roland Garros qui bat son plein et la future finale de la Ligue des Champions du Paris Saint Germain, pour le lendemain, les Bleues choisies par Laurent Bonadei ont montré une copie de domination qui a rendue la Suisse (23e FIFA), sans âme ni contenu.
A croire que le jeu sur terre battue a inspiré le coach français, tellement les françaises ont joué latéralement, un jeu de possession, faisant visiter le rectangle vert, de gauche à droite et de droite à gauche, au bloc (4-5-1) resserré des suisses.
Des Suissesses, toujours en retard sur les décrochages des attaquantes françaises, faits pour lancer en profondeur, une coéquipière.
Incisives dans le pressing, précises dans la passe.
A ce jeu, Clara Mateo a joué de l’excellence, en se proposant avec vivacité comme appui aux demandes de Griedge MBock, nouvelle capitaine, Elisa De Almeida et Selma Bacha.
Une position haute qui a fait camper les Bleues dans le camp de la Nati, bien incapable de s’en sortir pour créer des transitions.
Le tout associé à une qualité de passes qui s’est malheureusement perdue après la 70′. Les françaises revenant, néanmoins, de Nancy avec un niveau de confiance qu’elles n’avaient plus depuis longtemps.
Confiance enclenchée dès la 4′, avec une barre de transversale de Sandy Baltimore, superbement servie par Kadidiatou Diani sur un mouvement de décalage initié par Clara Matéo pour lancer la vitesse des Bleues. La France marquera un but sur un mouvement quasiment identique un quart d’heure plus tard (19′). Une percée de Kadidiatou Diani, sur une faiblesse physique de Julia Stierli, et la même qualité de passe de l’attaquante lyonnaise, fait boire la tasse aux joueuses du Lac Léman (3-0).
Deux classes au-dessus ont séparé les deux équipes.
Une domination si prégnante, à tel point que les Bleues ont livré une copie sans aucun hors jeu. A l’image de la volonté de Clara Matéo de susciter toutes les fautes de ses adversaires du soir, Julia Stierli, Noelle Maritz comme de la gardienne Livia Peng. Maladroite dans sa tentative de dribble de la joueuse du Paris FC avant de dégager, lui prenant le ballon, pour la voir marquer dans les buts vides, son 7e but en Bleues (1-0, 14′). Une Clara Mateo montrant une qualité de jeu justifiant de sa titularisation face à une Marie-Antoinette Katoto, en convalescence de ses 37 buts pour 52 sélections (deux buts seulement depuis les JO de 2024).
Le plus beau bonheur sera celui d’Elisa De Almeida. Discutée sur les réseaux sociaux depuis la fin de sélection de Wendie Renard, elle va marquer d’une superbe reprise de volée, sur un corner de Selma Bacha, le second but français (2-0, 16′) et son 5e en Bleue.
Après le but de Sandy Baltimore, les Bleues en sont à un (3-0) sans que la gardienne suisse n’ait pu faire un arrêt ! Tout cela montre à quel point les deux équipes n’évoluaient pas au même niveau, alors que du côté des Bleues, le premier arrêt de Pauline Peyraud Magnin se fera à la 40′.
Gagner nos six matches est maintenant un objectif, personne ne l’a jamais fait. Il faut l’accomplir en sachant que l’Islande joue son maintien, ça sera un match difficile, dans un climat et un contexte particulier mais il faut s’adapter. » Laurent Bonadei sur fff.fr
La Suisse coulera sur le quatrième but français, crée par une série de passes rapides et incisives entre Sakina Karchaoui (PSG), Sandie Toletti (Real Madrid), Clara Matéo (Paris FC) et Grace Geyoro (PSG) qui finira sur plat du pied de la parisienne, au ton proche d’un buts marqué à l’entraînement (4-0, 56′).
A noter que Kelly Gago (90’+2) touchera la transversale sur un excellent service de Marie-Antoinette Katoto et l’impact de l’entrée de Delphine Cascarino (San Diego Waves) comme celle de Lou Bogaert (Paris FC, latérale gauche), placée bien plus haut devant la faiblesse offensive des helvètes.
Au bilan, la France réalise une performance avec 5 victoires sur cinq. Dans l’attente, face à l’Islande, de faire ce qui n’a jamais été réalisé, une sixième victoire sur six, dans un groupe.
La Suisse n’est pas à l’heure de son Euro
On s’inquiétait des décisions de Laurent Bonadei sur le groupe France. Au coup de sifflet final, c’est plutôt la Suisse qui doit s’inquiéter de son contenu lors de l’Euro qu’elle reçoit, après n’avoir marqué que quatre buts dans ce groupe A2 de la Ligue des Nations pour onze encaissés. Avec un motif d’espoir, puisque la Norvège, avec 3 buts marqués pour 5 encaissés, prend la seconde place de notre groupe.
Vu le pedigree de certaines de ses joueuses, évoluant à Arsenal (Lia Wälti) comme à Barcelone (Sydney Schertenleib), finaliste de la Women’s Champions League, on peut s’inquiéter des choix de Pia Sundhage. Faisant de plus, entrer une invisible Alisha Lehmann, alors que Romana Bachmann se trouve sur le banc. Un bilan qui laisse penser que le passé de la coach (Vainqueure des JO 2008 et 2012, vice championne du monde en 2011 avec les USA) ne sera pas le futur de la Nati.
La seule réponse positive qui peut s’entendre sera sur la nationalité suédoise de la coach, dont on sait qu’elles tirent le meilleur d’elles-mêmes, uniquement dans les phases de compétition.
Elles joueront d’ailleurs le maintien de leur place en Ligue A à la condition de vaincre la Norvège et que la France l’emporte face à l’Islande.
William Commegrain Lesfeminines.fr
L’Allemagne est la seconde qualifiée pour les demi-finales de la Ligue des Nations en Octobre 2025 après avoir battu sévèrement les Pays-Bas (4-0).
La fiche technique
Le vendredi 30 mai 2025 à Nancy (stade Marcel-Picot)
Ligue des Nations 2025 de l’UEFA – Phase de ligues – Groupe A2 (5e journée)
FRANCE – SUISSE : 4-0 (3-0)
Spectateurs : 8 000 environ
Arbitre : Mme Iuliana Demetrescu (Roumanie)
Buts : Mateo (11e), De Almeida (16e), Baltimore (19e), Geyoro (56e)
Avertissement : D. Cascarino (82e) à la France ; Riesen (88e) à la Suisse.
FRANCE :
– Onze de départ : Peyraud-Magnin – Sombath, De Almeida, Mbock Bathy (cap.) puis N’Dongala (74e), Bacha puis Bogaert (74e) – Geyoro, Toletti, Karchaoui – Diani puis D. Cascarino (46e), Mateo puis Katoto (61e), Baltimore puis Gago (61e).
– Remplaçantes : Lerond (g), Picaud (g), Samoura, Jean-François, Majri, Malard, Bussy.
– Sélectionneur : Laurent Bonadei.
SUISSE :
– Onze de départ : Peng – Calligaris, Stierli, Maritz – Beney puis Riesen (46e), Saw, Wälti (cap.) puis Mauron (46e), Vallotto, Crnogorcevic puis Lehmann (78e) – Schertenleib puis Pilgrim (61e), Fölmli puis Piubel (46e).
– Remplaçantes : Böhi (g), Herzog (g), Ballesté, Iveij, Inauen, Xhemaili, Bachmann.
– Sélectionneur : Pia Sundhage (Suède)