Les supporteurs français attendent avec impatience la confrontation contre la Suisse à Nancy pour la deuxième édition de la Ligue des Nations. Même si la qualification pour les demi-finales est déjà assurée, l’intérêt pour ce match pourrait bien dépasser le simple enjeu sportif.

Après avoir surpris le monde du football féminin français en ne sélectionnant pas Wendie Renard (168 sélections, 34 ans, 39 buts), sa capitaine sur deux périodes (2013-2017 et 2017-2025) et Eugénie Le Sommer (200 sélections, 36 ans, 94 buts), le public se demande qu’elle va être la réaction de l’équipe et son contenu ?

Pour les concernées, c’est l’incompréhension silencieuse.

Une nouvelle que la bretonne, Eugénie Le Sommer a reçu quelques jours après son anniversaire, sans indication préalable. Elle s’est exprimée dans un podcast pour dire « que c’est une décision qui lui a fait mal », analysant qu’elle n’en est pas actrice, précisant qu’elle se sent toujours performante, nous faisant comprendre que les joueuses sont dépendantes des sélectionneurs qui sélectionnent.

L’Equipe, de son côté, a rédigé un article mettant en valeur la douleur de la capitaine habituelle des Bleues face à une telle situation. Ecrits transcrits auprès de la journaliste qui avait participé à l’écriture de son livre « Mon étoile ».

Du côté des fans, la grande partie issue du rang lyonnais ne lui pardonne pas ce choix quand d’autres, moins nombreux répondent sur la nécessité de mettre « des joueuses nouvelles », écoutant les arguments du sélectionneur qui avait déjà cette idée en Septembre dernier. Surpris, en tant qu’adjoint, que des joueuses approchant la trentaine aient si peu d’habitude des compétitions internationales de haut niveau et profitant des quatre derniers succès, sans les deux joueuses, pour arguer d’une performance sans elles.

Les sélectionneurs sélectionnent

Cela m’a fait penser à Claire Lavogez qui n’entrait pas dans la tendance du football féminin de l’époque « contrôle passe » sous Corinne Diacre et qui maintenant, ferait le bonheur d’un autre sélectionneur, copiant le jeu de défi et de rupture que propose le football masculin.

Le football féminin ayant évolué. Affaire de tendance.

Mais il y a un parallèle encore plus fort avec une icône anglaise qui a vécu la même situation, au même poste, au même statut et influence. Capitaine depuis huit ans à cette époque pour un Euro à la maison.

Euro 2022 – Stéphanie Houghton, capitaine emblématique qui n’est plus sélectionnée deux mois avant l’Euro à la maison.

Je pense à Stéphanie Houghton (121 sélections, 13 buts), défenseure centrale des Lionnes, capitaine de 2014 à 2021, essentielle au Mondial 2015, aux JO 2012 et 2020, comme à l’Euro 2017 et qui apprend, trois mois avant l’ouverture de l’Euro 2022, lors du Tournoi de Chypre, à 34 ans, qu’elle ne sera plus sélectionnée suite à l’analyse de Sarina Wiegman, qui vient d’entrer en fonction et prépare l’équipe pour l’Euro 2022 que les anglais organisent.

La coach néerlandaise, vainqueure de l’Euro 2017 avec les Pays-Bas et finaliste de la Coupe du Monde 2019 pense que la rupture du talon d’Achille de la capitaine anglaise ne la rend pas assez performante, bien qu’elle ait retrouvé sa place de titulaire avec Manchester City.

Une sanction qui touche une joueuse emblématique, reconnue auprès du monde civil puisque membre de l’Ordre de l’Empire Britannique (MBE) en 2016.

Elle désignera Leah Williamson (Arsenal), 25 ans en 2022, autre défenseure centrale comme capitaine des anglaises.

Trois mois plus tard, les anglaises sont championnes d’Europe à domicile sans elle.

Elle dira sa douleur de regarder les matches. N’annoncera pas sa retraite internationale suite à une décision qu’elle devait juger comme injuste, qu’elle acceptera deux saisons plus tard (2023-2024) sous le maillot de Manchester City (2014-2024).

Se trouve maintenant à être consultante pour les compétitions internationales.

Mon opinion

Un sélectionneur est un sélectionneur. Il sélectionne et crée de l’injustice pour les refusées et de la justice pour celles sélectionnées.

Juste, sur ce coup là, la manière n’y est pas comme le moment. Une période où l’actualité sportive est faite de retraites sportives reconnues et mises en valeur (Gaetane Thiney, Raphael Nadal, Richard Gasquet, etc ….). Là, c’est le néant. Le vide pour des joueuses qui ont donné quinze années à leur équipe nationale.

Cinq ans auparavant, le sport n’ayant pas la même visibilité, l’affaire serait passée rapidement. Au moment où on le vit, le sport a une influence et une image bien plus forte. Notamment sur le transgérationnel entre les anciens et les plus jeunes. Comme une valeur à communiquer dans un pays qui sacralise le mot « Retraite ».

Les joueuses actuelles oublieront mais retiendront que ce qui est arrivé aux deux joueuses pourra leur arriver.

Pour moi, il a agit comme un numéro 2 qui détaille chaque moment, le coupe en quatre, pour apporter le plus de chances de réussite au numéro 1. Oubliant que le numéro 1 n’applique jamais tous les avis des adjoints, comme les entrepreneurs pour les conseillers.

Il les intègre pour les insérer « comme indicateurs » dans un cadre de numéro 1, les utilisant ou non, autant sur le contenu de l’action que sur l’environnement.

Ce qui sera difficile pour Laurent Bonadei, c’est de renverser l’image du coach qu’il vient de montrer. Ou de la conserver.