Dans cette liste de vingt trois joueuses qui ne contenaient pas certaines internationales habituelles comme Delphine Cascarino et Kenza Dali, joueuses de San Diego ou la blessure d’Estelle Cascarino, le sélectionneur a rappelé Kelly Gago, venue une première fois en octobre 2024, partie jouer en Angleterre (Everton) au mercato, repris d’autres joueuses et découvrant certaines, notamment du Paris FC.
A noter pour ce match, une seule joueuse de l’Olympique Lyonnais (leader large en championnat et seule équipe française qualifiée encore en Enrope) en titulaire et un onze de début avec quatre joueuses du Paris Saint Germain, pour finir par cinq avec l’entrée de Marie-Antoinette Katoto. Un PSG troisième du championnat. Laurent Bonadei commence à construire ses équipes en fonction de ses visions, là avec aucune joueuse du Paris FC, valeureux second du championnat.
Pauline Peyraud-Magnin (Juventus) : la gardienne française a pris sa place avec l’arrêt de Sarah Bouhaddi (2019) pour arriver à 59 sélections sans nous donner à l’esprit, de matches phares en mémoire. C’est une joueuse présente sur les horizontales, en difficulté de lecture sur les balles aériennes, et battantes de caractère. Son match est dans cette configuration.
Selma Bacha (OL) : elle donne vraiment envie quand elle défend sur le côté gauche de la sélection. Intraitable, capable de faire une erreur défensive (tacle limite pouvant donner un pénalty) mais pas plus et dont le jeu, lui donnera tous les louanges, quand elle finira ses actions offensives par des buts. Sa qualité est si grande qu’elle conditionne cette attente.
Maelle Lakrar (Real Madrid) : c’est une joueuse qui passe inaperçue dans une équipe qui domine, tellement elle se met au niveau du jeu proposé. On la distinguera par son jeu de tête sur la joueuse, soit en défendant ou sur les corners. Elle a une forme d’intelligence tactique et on voit qu’elle met son physique au niveau de sa réflexion tactique.
Griedge M’Bock (PSG) : la joueuse centrale de la défense qui met toujours le pied quand il faut le mettre. Pas dans son esprit physique, mais dans celui où on attend une défenseur : pour sauver le but des Bleues. Elle manque de vitesse quand elle est prise en profondeur, c’est la raison pour laquelle elle joue beaucoup avec sa tête.
Elisa de Almeida (PSG) : a les qualités de ses défauts. Elle s’est faite remarquer en Equipe de France en marquant deux buts consécutifs alors qu’elle découvrait le poste de latérale droite avec Corinne Diacre. Portée offensivement vers le couloir droit, elle est souvent prise dans son dos, si le contre se joue rapidement. Une chose qui n’existe pas quand elle joue au centre, avec un jeu proche de celui pratiqué par Beckenbauer, le Kaiser.
Sandie Toletti (Real Madrid) : la joueuse du Real Madrid a porté le capitanat sans que les gens extérieurs aux Bleues puissent l’expliquer. Déjà soixante trois sélections (3 buts) qui correspond aux chiffres qu’avaient le meilleur milieu français avec Elise Bussaglia, Gaetane Thiney, Camille Abily et même Amandine Henry quand la France était redoutée de toutes, mais pour autant, elle n’arrive à exister dans le jeu que pour avoir fait un match correct, sans jamais avoir mis une empreinte qui reste en mémoire, comme son antériorité demande maintenant à voir.
Grace Geyoro (PSG) : la parisienne a maintenant 92 sélections (17 buts). Un chiffre énorme où on a vu son jeu évoluer. De passes assurées, elle est entrée plusieurs fois dans la surface adverse pour mettre des buts significatifs, tant pour son club que pour les Bleues. Elles ne sont pas si nombreuses les joueuses ayant fait évoluer son jeu. On a seulement l’impression qu’elle refuse la promotion de la direction du jeu, comme un agent de maîtrise pourrait le faire, se contentant ou se réalisant parfaitement, au « huilage » du jeu français.
Sakina Karchaoui (PSG) : c’est exactement le tempérament contraire. Plus elle se trouve dans la lumière, plus elle se réalise. Elle tente une chose difficile compte tenu de l’ambition française. Passer d’arrière latérale à la main mise du jeu français l’oblige à avoir des repères différents et on pourrait lui reprocher, d’utiliser à l’excès, les qualités mondiales de son jeu court de latérale, alors que le milieu demande des passes longues, mieux maitrisées, et données aux autres pour que leurs talents, et non pas le sien, explosent.
Kadidiatou Diani (OL) : la joueuse lyonnaise s’ennuie sur le côté droit mais adore maintenant la victoire. Elle sait avoir la capacité de ressortir quand sa stratégie le demande et sinon, elle se met au service des autres, sans états d’âme. Certainement la joueuse française qui a le mieux compris la réalité du monde professionnel, comme les stars masculines le pratiquent.
Melvine Malard (ManU) : La joueuse française doit faire évoluer son jeu alors que les Bleues ne lui ont jamais donné, la possibilité d’exprimer ses qualités. Mais la concurrence avec Marie-Antoinette Katoto l’oblige à le savoir et à le faire si elle veut être une carte premium avec les Bleues et non pas un joker, qu’on utilise pour certains matches et dans certaines conditions.
Marie-Antoinette Katoto (PSG) : elle a montré aux autres qu’il est difficile de faire évoluer son jeu. Attaquante verticale, elle est maintenant une renarde des surfaces, capable à tout moment de marquer. Ses limites sont celles de la maturité, quand elle est face à des défenseurs mondiales. Si elle veut être la meilleure sur le plan mondial, elle fera mal à pas mal de joueuses.
Sandy Baltimore (Chelsea) : l’ex-parisienne, maintenant à Chelsea, a une chance extraordinaire qu’en France, on aime les poètes et leurs talents. Elle joue au football comme l’acteur et comédien Jamel Debbouze est entré dans l’univers du spectacle en France. Par des pirouettes verbales pour l’un, par un jeu à la Garrincha pour la joueuse, elle se promène sur le terrain pour toujours, finir par faire quelque chose que le temps et sa jeunesse lui autorisent, et qu’elle doit améliorer pour avoir le bénéfice de son talent, dont on ne sait jamais, s’il tiendra aussi longtemps que d’autres, dans le temps.
Amel Majri, remplaçante à la 84′ de Sakina Karchaoui n’a pas eu le temps de s’exprimer et l’entrée d’Eugénie Le Sommer à la 90′ n’a été là que pour lui faire atteindre le record de sélections et le dépasser certainement face à l’Islande. Une réalité tout à fait méritée pour la lyonnaise, qui s’est battue avec les blessures ces deux dernières saisons pour y parvenir.
Du côté norvégien, la gardienne Cecilie Hauståker Fiskerstrand, 28 ans, a été remarquable et mériterait d’avoir une meilleure solution que celle de la Fiorentina où elle évolue. Sa taille, 1,74, limite ses possibilités là où on espère, 1,80. Sa finesse, pourrait lui permettre d’aller plus haut que d’autres, plus fortes physiquement.
William Commegrain Lesfeminines.fr