Si, dans une compétition, le match nul est un problème et la défaite un échec, alors on peut écrire que les Bleues ont été sauvées par un but intelligent de Marie-Antoinette Katoto, entrée à la 59′, et buteuse quatorze minutes plus tard.
Un corner tiré par Selma Bacha, où on voit l’avant-centre parisienne se cacher derrière une partenaire pour être la seule en mouvement au point de chute, reprenant une balle détournée de la tête, qu’elle pousse comme elle peut, des hanches dans le but (1-0, 73′).
Sa 36e réalisation pour quarante-huit sélections à 26 ans. Un régime, si le sport lui offre la même durée qu’à Eugénie Le Sommer (2009-2025), qui lui offre la possibilité de battre le record de buts détenues par la lyonnaise (94), qui en profite pour égaliser le record de sélections de Sandrine Soubeyrand (198) et entrer prochainement dans le cercle restreint des joueuses mondiale, à 200 sélections pour un record mondial détenu par l’américaine Kristine Lilly avec 354 sélections (1987-2010).
Un seul but aura suffi. C’est peu.
A l’évidence, grâce à la performance défensive de Griedge M’Bock en première mi-temps, autrice de deux tacles défensifs (13′, 28′) qui offraient, au minimum, le cadre des buts français aux attaquantes norvégiennes et qui soufflera de bonheur, comme les autres bleues, quand la magnifique frappe de Caroline Graham Hansen, frappera la transversale de Pauline Peyraud Magnin (41′), immobile. A deux doigts de voir le tacle vengeur d’Ada Hegerberg, finir au fond des filets, sur un centre de Reiten à la 43′, deux minutes plus tard.
En face, à domicile devant 15.023 spectateurs, pour la première fois au stadium de Toulouse, les Bleues avaient bien le pied sur le ballon mais commettait des imperfections de passes qui rendaient toutes attaques inopérantes, à l’exception de quelques intrusions sur la droite de Kadidiatou Diani et Elisa de Almeida. De l’autre côté, Sandy Baltimore nous faisait croire qu’elle avait signé pour un club brésilien masculin, à la manière d’un Garrincha, cherchant par le dribble, à mettre les fesses de son adversaire à terre.
Le récent coach français dont on ne distingue pas encore la véritable personnalité, avait pris deux décisions surprenantes, pour un match de Ligue des Nations officiel avec un bilan mitigé, fait de deux défaites et deux seules victoires. Laurent Bonadei met sur le banc Wendie Renard dont on sait son importance sur le plan défensif (167 sélections) et offensif (38 buts) ainsi que Marie-Antoinette Katoto.
Deux arguments forts pour un onze de départ logique qui donnait sa chance à Melvine Malard, dans l’incapacité de la prendre, vu le peu de possibilités offertes par le jeu français, habitué maintenant à avoir un neuf d’appui, et dans l’impossibilité de jouer la verticalité et la profondeur avec le jeu de Sakina Karchaoui, ex-latérale, et habituée à jouer vite et court, à proximité.
La seconde mi-temps sera toute autre et les joueuses françaises, portées par le vent pour Laurent Bonadei, réaliseront une partie avec le mental des rugbywomen, en percussion constante, rendant les norvégiennes, incapables d’avoir un sens collectif, portées à gérer leurs performances individuelles, pour même, pour certaines, soumises à la domination psychologique que les françaises leur imposaient et redonnaient, par de mauvaises passes, la balle aux françaises, trop heureuses de la prendre pour accélérer le jeu.
Il faudra une excellente gardienne norvégienne, Cecilie Hauståker Fiskerstrand (28 ans) pour ne pas voir le score s’aggraver. Avec une belle horizontale sur un tir de Selma Bacha (86′), après un premier arrêt sur un tir en coin de Sandy Baltimore (67′).
Au final, le bilan sera mitigé mais somme toute logique pour une équipe de France, classée 11e mondial, face à une autre, rangée à la 16e place FIFA. Les Bleues avec leurs imperfections de la première mi-temps, les norvégiennes avec leurs incapacités à maintenir le niveau du premier acte, bien que fournies de joueuses de qualité, dans des clubs européens, leaders de leurs championnats.
La France prend la tête du groupe (Suisse, Islande, Norvège, France) après le match nul entre la Suisse et l’Islande (0-0) que les françaises recevront au Mans, mardi 25 février prochain.
William Commegrain Lesfeminines.fr
Ligue des Nations – Ligue A – Groupe 2 – Première journée
Vendredi 21 février 2025 – 21h10
FRANCE – NORVÈGE : 1-0 (0-0)
Toulouse (Stadium de Toulouse) – 15 023 spectateurs
Temps légèrement nuageux et venteux (8°C) – Terrain correct
Arbitres : Cheryl Foster (pays de Galles) assistée de Emily Carney (Angleterre) et Ceri Louise Williams (pays de Galles). 4e arbitre : Charlotte Carpenter (pays de Galles)
But
1-0 Marie-Antoinette KATOTO 73′ (Corner de Bacha côté droit tiré du gauche que Maanum effleure de la tête au premier poteau, le ballon arrivant au second poteau sur Katoto à 3 m qui dévie de la poitrine dans le but, le ballon passant entre les jambes de Harviken)
Avertissements : Kadidiatou Diani 88′ pour la France ; Mathilde Hauge Harviken 13′ pour la Norvège
France
16-Pauline Peyraud-Magnin ; 5-Élisa De Almeida, 2-Maëlle Lakrar, 19-Griedge Mbock Bathy, 13-Selma Bacha ; 8-Grace Geyoro, 6-Sandine Toletti (cap.), 7-Sakina Karchaoui (10-Amel Majri 84′) ; 11-Kadidiatou Diani (9-Eugénie Le Sommer-Dariel 90′), 14-Melvine Malard (12-Marie-Antoinette Katoto 59′), 17-Sandy Baltimore. Entr.: Laurent Bonadei
Non utilisées : 1-Justine Lerond (G), 21-Constance Picaud (G), 3-Wendie Renard, 4-Thiniba Samoura, 15-Kelly Gago, 18-Oriane Jean-François, 20-Lou Bogaert, 22-Kessya Bussy, 23-Melween N’Dongala
Norvège
12-Cecilie Hauståker Fiskerstrand ; 13-Emilie Aanes Woldvik (2-Marit Bratberg Lund 63′), 5-Guro Bergsvand, 16-Mathilde Hauge Harviken, 4-Tuva Hansen ; 11-Guro Reiten (15-Justine Kvaleng Kielland 85′), 7-Ingrid Syrstad-Engen (9-Karina Sævik 71′), 8-Vilde Bøe Risa ; 18-Frida Leonhardsen Maanum, 14-Ada Hegerberg (cap.) (19-Elisabeth Terland 71′), 10-Caroline Graham Hansen. Entr.: Gemma Grainger
Non utilisées : 12-Selma Panengstuen (G), 23-Aurora Mikalsen (G), 6-Maren Nævdal Mjelde, 17-Celin Bizet Ildhusøy, 20-Signe Gaupset, 21-Marthine Østenstad, 22-Sophie Roman Haug