Dans une seconde rencontre du groupe de qualification pour la seconde édition de la Ligue des Nations, face à l’Islande (14e FIFA) et après la victoire contre la Norvège (16e FIFA, 1-0) Laurent Bonadei, en procédant à peu de changements (4, dont le premier à la 79′), avec celui d’Eugénie Le Sommer pour honorer une nouvelle sélection (199), lui permettant de détenir le record de sélections françaises, nous a montré une équipe de France, solidaire, absorbant les événements contraires (deux buts islandais 37′ et 68′) sans se départir de sa main mise sur la rencontre, gagnée (3-2, Diani, Katoto, Baltimore) sur des buts de qualité et d’initiatives.

Un contenu qui devrait permettre à la France de s’éloigner du risque d’une descente supplémentaire au classement FIFA (11e), et plutôt de réintégrer prochainement le Top 10 mondial, vu le niveau produit.

Le football islandais, au féminin, est fait de joueuses athlétiques qui courent et évoluent dans la verticalité.

Notamment quand vous avez Jonsdottir dans le onze. Fine comme un oiseau, d’origine ghanéenne par sa mère, évoluant au Vfl Wolfsburg, la joueuse du Nord, évolue sur le terrain à la vitesse d’une athlète de quatre cent mètres.

A grandes enjambées, ses appuis sont aériens et lorsqu’elle prend la balle à Maëlle Lakrar, pour emmener ce ballon dans la surface française, on a devant les yeux, une course et un niveau de certitude comme de finesse, qui nous rappellent les athlètes des récents JO de Paris 2024.

Il faudra la faiblesse technique de sa partenaire, Vilhjalmsdottir, une dottir (fille de … quand pour les hommes, les noms se terminent pas « son ») et le retour de Sandie Toletti pour que les islandaises n’ouvrent pas le score (11′).

L’Islande semble jouer au football comme on apprend l’anglais en classe. En répétant les mêmes « phrases ».

Est-ce que pour autant les Bleues auraient flanché face à ce talent et cet événement contraire ? Le contenu de la rencontre ne peut que nous permettre d’affirmer le contraire. L’Islande va vite, l’Islande est physique, mais l’Islande, sur la durée de la rencontre, manque d’opportunités.

A l’inverse, la France a joué un football cohérent, constamment porté vers l’avant, tout en acceptant les maladresses actuelles mais en ayant la conviction qu’elles étaient meilleures.

Sakina Karchoui, a joué son meilleur match en tant que milieu de terrain, donnant des balles de qualité à ses attaquantes à l’image du second but de Katoto (28′, 2-0), quand Kadidiatou Diani, poussée par une Grace Geyoro, très active dans l’animation offensive, n’a pas raté l’occasion qui s’offrait à elle (23′ 1-0), pas loin de s’offrir un doublé avec une balle qui essaya de convaincre l’angle des buts islandais qu’elle pouvait entrer dans les filets, même sans autorisation.

Sandy Baltimore, joueuse de Chelsea après avoir été celle du Paris Saint Germain, nous a montré et démontré que les attaquantes françaises, si elles manquent de qualité quand elles sont excentrées pour déposer avec précision des ballons au centre de l’attaque, ne ratent quasiment jamais le cadre quand la balle se trouve dans l’axe des buts, regards vers les filets à transpercer (3-1, 65′).

Pourtant le côté défensif et droit des Bleues a connu des problèmes avec une Thinaba Samoura (5 sélections, 21 ans, PSG) en difficulté tout au long de la partie, bousculée par les islandaises mais devant baisser pavillon contre Wendie Renard (168 sélections 39 buts), meilleure que l’oiseau islandais Jonsdottir, comme on l’avait déjà vu, dans les oppositions passées entre le Vfl Wolfsburg et l’Olympique Lyonnais.

La capitaine française sait jouer ce genre d’adversaire quand la jeune française doit l’apprendre.

Pauline Peyraud Magnin se rappellera souvent de la hauteur de Jonsdottir, sautant devant elle, à croire qu’elle était dans la fosse d’un spectacle à faire un pogo ! Juste assez pour la mettre en retard sur le dégagement du poing qui donnera le ballon de l’espoir aux islandaises (3-2, 68′).

Bilan

Les Bleues 2025 nous ont montré de la qualité, avec quatre buts pour deux matches marqués par les attaquantes (Baltimore, Diani, Katotox2) mais aussi la fin d’une génération, en faisant sauter en l’air Eugénie Le Sommer à la fin du match pour son record de 199 sélections.

Une nouvelle génération qui doit apprendre de ses erreurs.

D’ailleurs, il ne faudra pas mettre trop de temps à apprendre pour les joueuses qui ne sont pas dans le onze de départ. Laurent Bonadei, semble décider à jouer longtemps avec le même onze, oubliant les changements habituels de la première heure de jeu (60′), pour que les premiers ne se fassent qu’à la 80′ dans ce match, et à la 84′ face à la Norvège, sauf difficulté.

Partie à vingt-trois Bleues dans ce stage, elles n’ont été que douze à jouer contre la Norvège, si on considère qu’à partir de la 80′ ton apport est minime. Dans ce cadre, elles sont même restées à onze contre l’Islande puisque les premiers changements se sont faits à la 80′.

Si j’étais joueuse et sur le banc, sous un froid d’hiver, c’est une information que j’aurais bien en tête.

La fiche technique

Le mardi 25 février 2025 au Mans (Stade Marie-Marvingt)
Ligue des Nations de l’UEFA – Phase de ligues – Groupe A2 (2ème journée)

FRANCE – ISLANDE : 3-2 (2-1)
Spectateurs : 10 000 environ 
Arbitre : Mme Alina Peşu (Roumanie)
But : Diani (23e), Katoto (28e) et Baltimore (68e) pour la France ; Vilhjalmsdottir (37e) et Sigurdardottir (68e) pour l’Islande. 
Avertissements : De Almeida (90+5e) pour la France ;Jóhannsdóttir (64e), S. Jónsdóttir (76e) et Brynjarsdóttir (89e) pour l’Islande

FRANCE : Peyraud-Magnin – Samoura (puis De Almeida, 79e), Lakrar, Renard (cap., puis Mbock 79e), Bacha – Geyoro, Toletti, Karchaoui – Diani, Katoto (puis Le Sommer 79e), Baltimore (puis Jean-François 89e).
– Remplaçantes : Lerond (g), Picaud (g), Majri, Malard, N’Dongala, Bogaert, Bussy, Gago. 
– Sélectionneur : Laurent Bonadei. 

ISLANDE : Runarsdottir – Heidarsdottir (puis Gudr. Arnardottir 46e), I. Sigurdardottir, Viggosdottir (cap.), Gudn. Arnadottir – Hauksdottir (puis Brynjarsdottir 61e), Vilhjalmsdottir, Johannsdottir (puis K. Tryggvadottir 88e) – Gunnlaugsdottir (puis H. Eiriksdottir 46e), S. Jonsdottir, Jessen (puis Asgerirsdottir 75e).  
– Remplaçantes : Ivarsdottir (g), Birkisdottir (g), B. Agustsdottir, Anasi, Nielsdottir, H. Halldorsdottir, A. Halldorsdottir. 
– Sélectionneur : Thorsteinn Halldorsson.