Un autre Paris Saint Germain
Le Paris Saint germain qui se déplace au Groupama Stadium n’a rien à voir avec celui qui subissait deux défaites, courtes en score mais fortes en contenu, face à l’équipe lyonnaise aux dix-sept titres quasiment consécutifs depuis 2007 (PSG championne en 2021).
Non pas que les joueuses soient différentes, bien que dans le groupe amené par Paulo César, Eva Gaetino, récente internationale américaine en portant le maillot du PSG (1 sélection en Octobre 2024) et Froya Dorsin, jeune attaquante norvégienne de 18 ans, soient condamnées au canapé parisien, mais l’état d’esprit vu lors de la dernière rencontre face au Paris FC, a montré un mental et des intuitions à la hauteur de l’effectif parisien, fait de plus de vingt joueuses au nombre conséquent de sélections internationales.
Un Olympique Lyonnais qui commence juste à renaître de ses cendres.
Pour l’Olympique Lyonnais, cette finale des Play-off, créée depuis deux saisons pour bousculer la hiérarchie sempiternelle du championnat de France féminin, arrive au moment de la floraison.
Les championnes de France n’étaient pas au mieux avec un coach, Joe Montemurro qui sait déjà qu’il ne sera pas là la saison prochaine, plutôt concentré à faire respecter son contrat de deux ans et par conséquent de l’indemnité qui va avec. Peu habitué, après la Juventus et Arsenal, aux exigences des victoires totales que le public lyonnais a l’habitude d’attendre et pire, de le vouloir.
Des joueuses qui commencent juste à reprendre la direction de la haute performance, en réalisant des scores significatifs et surtout des buts attendus et vus pour Ada Hegerberg (4 buts marqués sur la saison dont 3 sur les 17e et 18e journée), Eugénie Le Sommer (8 buts, dont cinq de la 16e à la 22e journée) toutes les deux buteuses, en demi-finale des Play-offs face à Dijon (4-1).
Sans qu’on sache si elles arriveront à suppléer le talent de Mélchie Dumornay (21 ans, 15 buts, Haïtienne), très dépendante du jeu de Lindsey Horan-Heaps, capitaine américaine, bien moins présente depuis son mariage récent (28 décembre 2024). Elle aussi, muette depuis le 14 décembre, mais buteuse dans la demi-finale face à Dijon.
L’émotion lyonnaise est au RDV
Pour aller chercher cette dimension de performance, l’Olympique Lyonnais devra y mettre de l’émotion. Notamment le départ annoncé d’Eugénie le Sommer hier, une star bretonne qui aura tout connu et tout donné au club du Rhône, et dont le dernier cadeau à recevoir serait un dernier titre, et non pas la cuillère de bois.
La cuillère de bois
Pas si simple car les données des deux clubs leaders du football féminin sont claires. La victoire de l’un donnera à l’autre, la fameuse cuillère de bois redoutée au tournoi des six nations. En effet, pas de Coupe de France pour les deux clubs éliminés, pas de coupes d’Europe pour les deux clubs aussi sortis, et pour le perdant, pas de championnat.
Une conséquence qui n’est jamais arrivée à l’Olympique Lyonnais depuis 2007. Dans l’éventualité, on ne pourrait qu’écrire que l’OL est en fin de cycle, qu’elle doit réapprendre à rêver ses victoires et que le transfert du club n’a pas été une réussite pour l’acquéreuse, Michele Kang. Difficile de croire en ce championnat et cette ville dont son vendeur, est à la tête de la Ligue professionnelle et rêve à la Mairie lyonnaise.
Le PSG gagne à Lyon, plus facilement qu’à Paris.
Sur un nombre incalculable d’oppositions entre les deux clubs, il existe une statistique surprenante. Si le PSG gagne, c’est plus souvent à l’extérieur, dans le Rhône qu’à domicile.
Pour le Paris Saint Germain, il s’agirait quand même d’une performance car gagner sur les terres lyonnaises est plutôt rare. En championnat, la première fois remonte à 2014 (0-1). En coupe d’Europe, il y a eu seulement trois résultats parisiens (2014-2015 et 2015-2016) avec un score de (0-1) et une autre rencontre européenne en 1/4 de finale gagnée 1-2 par le PSG 2021 qui deviendra d’ailleurs Championne de France.
Les joueuses devront se battre pour réussir.
Le Paris Saint Germain joue plus à l’instinct quand l’Olympique Lyonnais développe une stratégie faite de temps forts et de temps faibles. Dans les deux cas, il faudra se battre pour réussir, les deux équipes ayant les joueuses pour annihiler toutes les tentatives, tant sur le plan technique, tactique comme mental.
Paris Saint Germain veut le titre. L’Olympique Lyonnais ne veut pas le donner.
William Commegrain Lesfeminines.fr
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