Griedge MBock, au passé c’est fort. Au présent, c’est pas mal !
Si vous voulez chercher des angles en parlant de Griedge MBock, vous parlerez de ses deux frères, professionnels (Brest en Ligue 1 pour l’un et National 2 pour le second au stade Briochin). Vous pourrez aussi construire un « storytelling » sur cette vie en Bretagne pour une famille camerounaise. Un mélange culturel pas simple à construire, jamais évoqué par la joueuse, mais dont le résultat est un signe éclaircissant et valorisant sur la mobilité humaine. Vous pourrez aussi parler de ce qu’est une « Voie ». Le chemin d’une vie, décidée dès l’enfance. Enfin, inévitablement, vous évoquerez sa vie lyonnaise, neuf saisons et 20 titres sur la poitrine, ce n’est pas rien.
Mais une finale sportive ne s’écrit qu’au présent. Que dans l’instant. Et, pour parler des chances du Paris Saint Germain de prendre le titre 2025 sur les terres lyonnaises, il m’a semblé que Griedge MBock, sportivement, est le bon choix.
Il faut combattre Clara Mateo (Paris FC, 26 ans) tant en vitesse qu’en intentions. La joueuse du Paris FC n’a pas été pour rien reconnue par la Ligue professionnelle comme par ses pairs (UNFP), Meilleure joueuse de l’Arkema Première Ligue 2025, issus de deux structures indépendantes et opposées.
Lors de la finale de la Coupe de France, Griedge MBock, 30 ans depuis peu, est allée chercher une vitesse qui n’a jamais été sa première arme et lorsqu’elle n’a pas été suffisante, c’est d’un tacle à la « Trésor » qu’elle a sorti cette balle de la fusée Mateo, qui joue au football, en allant toujours au bout de ses intentions. Une qualité qui la met au niveau des meilleures.
Griedge MBock, un calme olympien
Finale pourtant perdue aux tirs au but (0-0, 5 tab à 4) alors que le Paris Saint Germain, après les trois premiers tirs au but (0-0, 2-3) menait.
Ce qui n’a pas empêché la bretonne de culture et d’éducation (FC Pontanézen, Finistère, AS Brétoise, Stade Briochin, EA Guingamp) à répondre avec calme et précision aux questions des commentateurs du terrain quand l’orage se préparait visiblement au sein du Paris Saint Germain féminin, avec une future mise à l’écart de Fabrice Abriel et une opposition physique le lundi, entre Katoto et le directeur sportif, Angelo Castellazzi.
Un calme lyonnais pour celle qui a gagné 20 titres (2015-2024) avec le club du Rhône, sept championnats de France, six Ligue des Champions, quatre Coupes de France et trois trophée des Championnes.
Déjà éloignée de la perte de ce titre, apte à vivre ce moment sans y laisser des émotions excessives, préparée à vivre sa vie de la semaine à venir, en sachant que la reconstruction se ferait le dimanche suivant, face à la même équipe, pour une demi-finale des Play-offs.
Reconstruction réussie avec un score (3-0) et contenu parlant.
Griedge MBock, Casser la voie
Lorsque l’Olympique Lyonnais libère une joueuse, c’est après l’avoir bien consommé. Neuf saisons sous les couleurs lyonnaises ne se fait pas sans « tirer » sur la machine humaine et le corps, a plus d’une fois, signifié à la jeune joueuse, que les excès de la voie qu’elle s’était choisie depuis son enfance, « être joueuse professionnelle », commençait à se manifester.
Des blessures graves ont limité son parcours. Une rupture du tendon d’Achille (2020), puis une luxation du genou droit en 2022 ont fait douter de sa réintégration au plus haut niveau, d’autant que pour sa première saison parisienne, elle a dû rater quelques matches, ne jouant que dix rencontres sur les vingt deux du championnat.
Un bilan qui interpelle, pour n’importe quelle autre joueuse.
Griedge MBock, l’éclaircie de la fin de saison
Le talent de la force de Griedge M’Bock est réel. On n’entre pas à 20 ans à l’OL sans raison. Il suffit d’une éclaircie pour qu’il se prononce et se réinstalle.
Pour quiconque a vu les deux rencontres face au Paris FC, il est évident qu’une des forces du Paris Saint Germain se trouve dans cette défenseure centrale expérimentée, (90 sélections), prête sans aucun doute, à lever les bras d’un championnat crée pour titiller son propriétaire, l’Olympique Lyonnais (17 titres), depuis l’installation des playoffs (deux saisons).
Le vivre et le faire au Groupama Stadium, serait une sacré performance. Un stade dont elle connaît toutes les respirations, face à des joueuses qui savent ses défauts. Ce qu’elle transformera en armes car les connaissant, attendant de pied ferme les tentatives d’Ada Hegerberg, d’Eugénie le Sommer et consorts.
Il y a deux environnements favorables au Paris Saint Germain. (1) prise en charge de Paulo César (ex-joueur du PSG de 2002 à 2007) changeant l’état d’esprit que vivait les féminines avec Fabrice Abriel, chargé à tort par le public à mon sens. (2) La bouffée d’air et le contenu vécu au retour des play-offs (3-0) par le groupe face au PSG, ne peut qu’amener un PSG féminin avec le mental qui convient pour prendre la victoire d’une finale et un second titre, après celui de 2021.
Griedge MBock, une Laura Georges à venir ?
Griedge M’Bock me semble être au top en cette fin de saison. Elle peut être, comme l’a été Laura Georges, pour le premier match face à ses ex-coéquipières du 18 janvier 2014 (lyonnaise de 2008 à 2013) , la buteuse du PSG, jouant au même poste qu’elle (0-1).
Une victoire qui avait fait le tour de la planète football féminin, entraînant même un RDV et un article sur la joueuse dans « The Athletic », de mémoire.
La revue première du sport aux USA.
William Commegrain Lesfeminines.fr