Le maître mot lyonnais est la confiance. A la sortie de la zone mixte du Camp des Loges, cette notion de confiance, si rare en France semble être l’idée principale inculquée par Reynald Pedros à ses joueuses depuis qu’il a pris les rênes de l’équipe lyonnaise. Non pas qu’elles en manquaient avec tous leurs titres qui en font des généraux du football féminin, bardées de médailles sur la poitrine. Le jeune coach « ex-nantais » veut simplement qu’elles en soient totalement habillées de cette confiance, en associant ces trois mots potentiels à la réalité : « elles sont les plus fortes, elles sont les meilleures, elles gagnent ». Rangez votre valise, pliez les bagages, les 90′ sont terminées. Normal.

A la question posée si ce score nul face au PSG (0-0) vaut interrogation. Il prend trente secondes de silence qui valent un uppercut. Il la qualifie de négative et répond que tout a été fait pour gagner, juste un manque d’efficacité. Qualifiant la rencontre avec le PSG comme celle d’une préparation pour la finale européenne à jouer à Kiev ce Jeudi 24 sous les coups de 18 heures.

Camille Abily, interrogée dix minutes plus tard, répond comme elle sait le faire directement : « on a confiance’, souriant même devant l’habituelle opposition face au PSG, « toujours difficile ».

Ce (0-0) a valeur d’amusement, de jeu du côté lyonnais. En même temps, on ne peut pas comprendre une telle domination sans réelle occasion autre que des tirs cadrés qui n’ont jamais inquiété une gardienne qui a été là, pour faire simplement son travail de gardienne. Il n’y a pas eu d’envolées en lucarne, de plongeons dans les pieds d’attaquantes à livrer dans un duel au couteau, et on a vu un pénalty quasiment donné pour être arrêté quand Saki Kumagai, l’habituelle dépositaire ne s’est pas présentée.

Pourtant, l’Olympique Lyonnais a été d’une force incroyable sans que cela soit efficace. Les circuits offensifs dans les vingt cinq derniers mètres crées par Reynald Pedros sont excellents et les lyonnaises doivent être les seules à jouer ce football barcelonais ou nantais dans cette zone de vérités. Le football féminin français étant habitué aux débordements et centres pour une tête ou un pied plus rapide ou plus haut que son adversaire.

Juste, ils n’ont pas eu assez de maturité pour se finaliser, face à une défense renforcée du niveau du PSG et les tirs lyonnais ont manqué de forces, cherchant trop la précision.

Le Paris Saint Germain a mangé tellement de vagues qu’il ne sert à rien que les féminines aillent en vacances au bord de mer. Elles en ont pris pour leur grade. On ne peut pas perdre autant de ballons et sortir vainqueur d’une finale de coupe. Cela semble évident et le problème parisien est de compenser ce déficit pour espérer ramener la Coupe à Paris. Le but en finale de Cristiane de l’an dernier à Vannes ne se refera pas si facilement comme la fusée de Marie Laure Delie en décembre 2017 pour prendre la tête du championnat. Et espérer un second (0-0) comme en finale européenne face à l’OL, après celui de Vendredi, semble bien utopique. Il faudra bien que le PSG marque.

Pour autant, est-il possible de dominer l’OL dans le jeu ? Farid Benstiti a dit « non » deux fois, en gagnant sur des holds-up (2014 deux fois). Patrice Lair a dit « non » deux fois (victoire 2017 et nul 2018). Et Camillo Vaz a dit « non » une fois (nul à Créteil en 2011). Wolfsburg n’a pas réussi en 2016.

Personne n’a jamais réussi à dominer l’OL dans le jeu depuis bien six saisons. Les victoires ont toujours été des hold-up.

Aujourd’hui, Lyon joue comme Mike Tyson boxait. Des directs pour faire mal à l’adversaire. Elles ont mis au placard le jeu féminin léché des années 2011. Face à une équipe qui sait encaisser et qui va vite, il faudra qu’elles soient exceptionnelles pour prendre le coup et repartir de plus belle. La faiblesse des autres sera là.

Cette finale face à Wolfsburg (24 mai, 18 heures), compte tenu de l’enjeu pour l’OL d’avoir trois titres consécutifs et d’être la seule à en posséder cinq sera une finale mondiale de boxe qui se décidera sur la capacité lyonnaise à encaisser les coups. Car Wolfsburg, le challenger européen (deux titres, une finale), en donnera.

Sur le match de Vendredi, je suis parti en me demandant qu’elle était le niveau de la valeur de la confiance lyonnaise ? Avec un constat, Lyon n’est pas la même équipe avec Camille Abily que sans. En trente secondes de jeu, elle a touché six ballons de quatre partenaires différents. Tout le monde la cherche et la trouve. Cinq minutes après, il y avait un pénalty pour Lyon.

Ce sont deux équipes différentes avec deux jeux différents.

William Commegrain lesfeminines.fr