Avec deux équipes types, à l’exception de Leah Williamson blessée, pour un premier match européen de la saison 2026 fort de quinze noms sur vingt deux, de la liste des trente noms du dernier Ballon d’Or, Les Lyonnes, bousculées dans le premier quart d’heure (1-0 pour Arsenal), ont bénéficié des largesses anglaises pour se remettre dans le match (1-1) et assurer la victoire (1-2) en prenant le dessus au fil de la rencontre sur le dernier champion d’Europe (2025).

Une belle victoire que la sentence de Barcelone contre le Bayern de Munich (7-1) porte à relativiser pour une finale ou un titre.

Alessia Russo valide le jeu anglais (1-0)

Les lyonnaises ont les certitudes de leur expérience, entraînant un jeu défensif excellemment placé sur la durée et rarement en panique. Quand bien même, les adversaires se mettent à jouer plus vite, mettant de la vitesse dans les passes et du mouvement dans les intentions.

Une situation qui a permis à Arsenal d’ouvrir la marque sur une ouverture surprise de Beth Mead, ailière, venue au centre pour forcer le passage entre Lindsey Heaps, Ingrid Engen, Tarciane et Wendie Renard par petites touches successives, voyant la couleur des chaussettes de sa partenaire Russo ou la spécificité de sa chaussure, troisième au Ballon d’Or, esseulée sur sa gauche pour lui glisser, tête baissée tout au contact, une petite balle que l’anglaise transforme en tir croisé (1-0, 7′).

Alessia Russo (Arsenal Ladies) marque le premier but anglais.

Un but encaissé par Lyon en si peu de temps relève de la rareté. L’idée nous vient que le championnat anglais se révèle si fort pour que l’équipe 5e du championnat de WSL puisse autant évoluer face au tenor de l’Arkema Première Ligue française.

Pourtant la vitesse de Kadidiatou Diani met à mal la jeune latérale qui ne peut empêcher un centre fort que Melchie Dumornay rate sans raison.

2°) l’erreur de la gardienne Van Domselaar

Les Lyonnes ont besoin de temps pour monter en pression. Graduellement, afin que ce ne soit pas une joueuse à réveiller l’équipe mais l’équipe ensemble qui se réveille.

Le but égalisateur lyonnais viendra d’une montée collective du bloc lyonnais, partie de son camp pour se retrouver, dix secondes plus tard, aux trente mètres anglais, à les avoir condamné aux passes arrières, habituelles quand les défensifs ne trouvent pas de soutiens décalés.

L’australienne Catley, défenseure centrale, assure sa passe pour sa gardienne néerlandaise, Van Domselaar, mesurant mal le temps qui lui reste pour relancer, elle lance son plat du pied trop en avance, topant ce ballon que Dumornay récupère, pour le placer calmement, lors de sa seconde tentative, dans les filets anglais (1-1, 18′).

Le stade se tait devant ce but gag assimilé à une passe à l’adversaire, attendant une hypothétique VAR ou même un sifflet protecteur, et l’haïtienne Dumornay célèbre avec une modestie telle, dans un silence si surprenant, qu’il faudra une dizaine de secondes supplémentaires pour que toutes les actrices croient à cette égalisation.

3°) la montée en puissance de l’OL Lyonnes

Le sport collectif est ce qu’il est. Une réussite quand une joueuse brille ce dont vous bénéficiez et un échec lorsqu’une erreur individuelle grave vous nuit au score.

Les deux équipes montrent sans souci qu’elles en ont l’expérience, et l’intensité du début de rencontre se remet au coeur du jeu des deux côtés.

On voit les anglaises réussir leur jeu court malgré la pression lyonnaises comme les lyonnaises, obliger la ligne défensive anglaise, à reculer sur les coups de boutoir de Kadidiatou Diani ou de Melchie Dumornay, sortie de l’ombre que les premières minutes lui avaient destiné.

Il faudra une erreur commune de Van Domselaar à relancer plein axe sur, la joueuse de sécurité qu’est Mariona Caldentey, seconde au Ballon d’Or, pour que cette dernière n’anticipe pas la force nouvelle de Lindsey Heaps, venue de loin la contrer.

Un contre qui s’élève dans les airs, direction le camp anglais et la tête de la jeune anglaise Karie Reid, suppléante de Williamson, capitaine habituelle, découvrant le haut niveau européen, pour un dégagement trop au centre que Melchie Dumornay transforme en « banger » dans les filets anglais (1-2, 23′).

Neuf joueuses sur dix ne valide pas cette occasion. Là, c’est du très haut niveau et Dumornay la met au fond.

De la même manière, Arsenal ne baisse pas ses intentions bien qu’on voit Beth Mead, lever les bras au ciel devant ce second but encaissé. Mariona Caldentey, sur un des rares corners, reprend une balle mal sortie par la défense lyonnaise pour toucher du rêve, une égalisation que Christiane Endler sauve sur sur ligne (25′).

Le dernier quart d’heure sera lyonnais. La malawite Tabitha Chawinga y va de ses opportunités (32′ et 41′), Marie-Antoinette Katoto met une tête que Van Domsellar bloque (41′) comme son occasion de la 44′, avec un double arrêt devant cette dernière.

4°) la maîtrise sur la seconde mi-temps.

L’OL s’appelle les Lyonnes, mais avec le temps et l’âge, on est plus près du boa qui s’enserre autour de sa proie pour mieux le posséder et l’avaler.

Les statistiques de l’UEFA sont parlantes. 54% de possession pour les Lyonnes. Trente-six attaques à seize. Vingt-deux tirs à douze. Sept arrêts pour les anglaises à 4 et surtout un seul hors-jeu lyonnais pour trois anglais.

“Encaisser un but tôt ne nous a pas fait du bien, mais on a su bien réagir. Je suis très fière de mon équipe. On a montré qu’on était un groupe soudé, collectif et avec beaucoup de caractère. On avait à cœur de faire un bon match à l’extérieur. Jouer contre Arsenal, c’est toujours particulier, car par le passé, elles nous ont déjà mises en difficulté. C’est une équipe qui nous pousse à nous surpasser. Elles ont eu de grosses occasions, donc on devra améliorer certains points pour la suite, mais ce soir, on est très contentes de cette victoire.” (Melchie Dumornay, autrice d’un doublé)

Le match se déroulera sans qu’Arsenal ne puisse revenir. L’histoire se répète avec une cinquième défaite anglaise pour un seul match nul dans les oppositions entre les deux clubs et Angleterre.

5°) les remplacements ?

Depuis le rugby et l’influence des finisseurs, on ne voit plus le banc comme une punition mais comme un choix lié à des qualités spécifiques de la joueuse.

A mon sens, c’est l’erreur anglaise de ne pas avoir sortie la norvégienne Maanum, inexistante dans la création anglaise comme dans la récupération, alors que toutes les joueuses autour d’elle, ont été remplacées. Des joueuses encore en potentiel comme Mariona Caldentey, Alessia Russo, Cloe Kelly sans que les remplaçantes n’aient influé sur le match ou que Maanum ait plus brillé.

Je pense que les coachs doivent revenir aussi à ce qu’est un remplacement. Une titulaire moins performante.

Du côté des Lyonnes, j’ai été surpris par la faiblesse de la prestation de Lily Yohannes, excellente contre le PSG et face à Sakina Karchaoui. Un mauvais indicateur éventuel pour le PSG. Lindsey Heaps joue avec l’expérience ce qui lui retire la vivacité passée et sa sortie semble logique quand Korbin Shrader devrait montrer plus d’allant offensif, afin de suppléer ou de faire souffler une Dumornay qui ne pourra pas toujours être ce qu’elle a montré à Londres. Ada Hegerberg est là pour insuffler un esprit, dont on sait qu’elle pourra, occasionnellement, souffler, par ses buts, sur les bougies de la victoire.

A noter la blessure de Liana Joseph (19 ans) au genou, seule. Montrant que les efforts faits par les jeunes pour gagner une place -notamment à Lyon- se paie, des fois, au prix fort de la blessure. La pire des choses qui puisse arriver à une jeune joueuse.

6°) la position des lyonnaises en fin de match.

Selma Bacha a été la joueuse lyonnaise. Défensivement elle l’est souvent mais son caractère fait qu’elle réalise toujours une erreur, potentiellement importante, dans une rencontre, qu’elle se plait à récupérer, pour se faire plaisir à jouer. Là, elle a fait un match parfait.

Si elle continue à ce niveau, elle sera pas loin d’un trio du Ballon d’Or.

Selma Bacha – autrice d’une très bonne prestation en Angleterre face à Arsenal

L’équipe lyonnaise a été solidaire dans son ensemble, puissante et meilleure que son adversaire, limité athlétiquement lorsque les duels étaient trop puissants et mentalement ensuite, faute d’une joueuse ayant une balle à exploiter devant les buts.

Lyon repart avec la victoire, face à une équipe qui l’avait éliminé en demi-finale la saison dernière et qui s’avère être championne d’Europe. Avec en plus les trois points, que voulez-vous de plus pour une première journée européenne ?

Lyon tranquille, donne une couleur aux Lyonnes, regardant avant de dormir, le calendrier de Mars, quand elles pourront rencontrer le FC Barcelone, autrice d’un 7-1 face au Bayern de Munich, habituelle championne de Bundesliga (7 titres, dont 2023, 2024, 2025).

C’est une autre histoire.

UEFA Women’s Champions League – Phase de Ligue – 1re journée
Mardi 7 octobre 2025 – 21h00 (Diffusé sur L’Équipe et Disney+/ESPN)
ARSENAL (ANG) – OL LYONNES : 1-2 (1-2)
Borehamwood (Meadow Park) – 3 023 spectateurs
Temps nuageux (12°C) – Terrain en bon état
Arbitres : Maria Sole Ferrieri Caputi (Italie) assistée de Francesca Di Monte (Italie) et Stefania Signorelli (Italie). 4e arbitre : Martina Molinaro (Italie). Arbitres VAR : Daniele Doveri (Italie) assisté de Federico La Penna (Italie)

Avertissements : Beth Mead 35′, Frida Leonhardsen-Maanum 84′, Aaron D’Antino (staff) 84′ pour Arsenal ; Marie-Antoinette Katoto 5′, Tarciane 78′ pour Lyon

Arsenal
14-Daphne von Domselaar ; 2-Emily Fox, 26-Katie Reid, 7-Steph Catley, 24-Taylor Hinds (11-Katie McCabe 87′) ; 12-Frida Leonhardsen-Maanum, 10-Kim Little (cap.), 8-Mariona Caldentey (32-Kyra Cooney-Cross 75′) ; 9-Beth Mead (15-Olivia Smith 55′), 23-Alessia Russo (25-Stina Blackstenius 75′), 18-Chloe Kelly (19-Caitlin Foord 55′). Entr.: Renée Slegers
Non utilisées : 1-Manuela Zinsberger (G), 28-Hanneke Borbe (G), 3-Lotte Wubben-Moy, 5-Laia Codina, 21-Victoria Pelova, 22-Jenna Nighswonger, 44-Sophie Harwood

OL Lyonnes
1-Christiane Endler ; 33-Tarciane, 3-Wendie Renard (cap.), 15-Ingrid Syrstad Engen, 4-Selma Bacha ; 10-Lindsey Heaps (13-Damaris Egurrola 68′), 8-Korbin Shrader (20-Lily Yohannes 76′), 6-Melchie Dumornay ; 11-Kadidiatou Diani, 9-Marie-Antoinette Katoto (14-Ada Hegerberg 76′), 22-Tabitha Chawinga (31-Liana Joseph 63′, 29-Jule Brand 68′). Entr.: Jonatan Giráldez
Non utilisées : 21-Teagan Micah (G), 5-Elma Junttila Nelhage, 7-Vicki Becho, 12-Ashley Lawrence, 18-Alice Sombath, 23-Sofie Svava, 25-Inès Benyahia