Il y a des récompenses individuelles qui restent dans l’histoire à l’instar de celle reçue par Ada Hegerberg, pour le premier ballon d’Or féminin en 2018 et il y a des matches qui compteront pour l’histoire comme la victoire de l’Angleterre sur l’Espagne en finale 2023 de la Coupe du monde, les installant pour pratiquement quatre ans, à la première place mondiale.
La 25e finale de la Women Champions League entre l’Olympique Lyonnais Lyonnes et le FC Barcelona est de ce tonneau là.
Elle préfigure, comme pour les vins de garde, à l’installation définitive du club catalan au plus haut niveau européen voire mondial, après trois victoires (2021, 2023, 2024), cinq Ballons d’Or (Alexia, Aitana), trois finales (2019, 2022, 2025) dans les sept dernières années OU, à la résurrection de l’Olympique Lyonnais, huit titres depuis 2011, trois finales perdues (2010, 2013) dont la dernière en 2024 face au Fc Barcelona (0-2) devant (50.000 spectateurs), et certainement la future Ballon d’Or 2026, l’haïtienne Melchie Dumornay, dans ses rangs, SOUS l’égide de la patronne du football mondial féminin, la propriétaire des Lyonnes (France), des Lionesses London (Angleterre) et du club américain Washington Spirit (USA), Michèle Kang.
Une victoire lyonnaise et la marque de la multi-propriété entre de plein pied dans l’Europe, comme solution économique et stratégique pour maitriser les inconnues de performance dans le football féminin.
Pour le FC Barcelona, il s’agit de la fin d’une histoire avec le départ de nombreuses joueuses historiques de cités comme Mapi Leon, Alexia, dans le passé la gardienne Coll ; pour l’OL Les Lyonnes, Wendie Renard réfléchira certainement à une date de fin dans les deux ou trois années à venir quand Lindsey Heaps, capitaine américaine, sait depuis longtemps qu’elle fera partie de la nouvelle Franchise américaine de DENVER.
Sur le plan du jeu, Barcelona a, avec Ewa Pajor, une joueuse qui coupe les centres de la tête ce que personne ne fait en Arkema Première Ligue. Sur cette vitesse d’action et de décision, la défense centrale Wendie Renard, Ingrid Engen, et Christiane Endler peuvent être prises en défaut, soit par l’âge, soit par l’émotion. La norvégienne étant une ex-joueuse du FC Barcelona, face à une joueuse avec qui elle est en couple même si elle est en défense centrale, et évoluant à la maison.
Pour les Lyonnes, le match contre Arsenal a montré qu’elles n’arrivaient plus à marquer de leur empreinte toute une rencontre. De la manière dont elles ressortiront de la domination du FC Barcelona indiquera la performance que son attaque, unique sur le plan mondial, sera dans l’obligation de produire. Les Lyonnes offensives étant dépendantes de leur milieu de terrain, la clé de voûte sera le duo Heaps/Scharer ou Heaps/Danmaris.
Pour l’émotion, Oslo, capitale de la Norvège touche Ada Hegerberg et Ingrid Engen du côté des Lyonnes comme la star Caroline Graham Hansen pour le FC Barcelona.
Enfin, le coach lyonnais, Jonatan Giráldez, a été celui qui a ramené les trois titres de championnes d’Europe au FC Barcelona. Devenu cadre de Michele Kang après avoir été son coach des Washington Spirit et maintenant des Lyonnes.
Compte tenu de cela, l’émotion et l’enjeu seront grands, demain après-midi. On est proche du 50/50 sur cette finale. Les Lyonnes avaient dit au FC Barcelona que le plus dur était de renouveler une performance après leur premier titre de 2019. Elles en ont gagné d’autres.
Les Barcelonaises pourraient dire aux Lyonnaises que le plus dur c’est de revenir après avoir disparu du titre depuis 2022. On verra quelle sera la réponse lyonnaise sur les coups de 20 heures samedi.
Le pire, à mon avis, serait que Jean-Michel Aulas s’approprie la victoire lyonnaise. Sérieusement, la convention collective est un gag pour faire avancer la performance sportive féminine française. On cherche les avancées sportives, sans les trouver.
William Commegrain Lesfeminines.fr