Le Ballon d’or féminin est né en 2018 avec Ada Hegerberg (UEFA). L’année suivante, Megan Rapinoe (Concacaf) et son salut romain l’a emporté en 2019. 2020 est l’année des rêves à qui aurait pu l’avoir ? Puis s’est imposé l’Espagne avec Alexia Putellas (2021, 2022, UEFA) et Aitana Bonmati (2023, 2024, UEFA).

Au décompte, le Ballon d’Or, se révèle être un privilège bien européen pour les filles, à moins que … Pour nous européens, la couverture médiatique nous impose la WCL et l’Euro comme indicateurs de performance, mais sur les critères bien précis du Ballon d’Or, la performance de Marta, nommée dans les 30, a des raisons d’être :

  • performance individuelle et caractère décisif,
  • performance collective et palmarès,
  • classe et fair-play.

Les joueuses espagnoles, sans la queue ni les oreilles.

Aujourd’hui, le triplé de l’une des deux barcelonaises pourraient animer les débats. Mais un Barca, perdant en finale de la Women’s Champions League comme une Espagne, seulement finaliste malheureuse dans l’Euro face à l’Angleterre (1-1, 3 tab à 1) n’entre pas dans la définition du Ballon d’Or en terme de palmarès comme de performance collective.

Le club catalan, nouvelle Reine d’Europe (2021, 2023 et 2024) était attendu « gagnant » face à un Arsenal passé par les phases de qualification de la WCL en tant que 3e de la WSL en 2023-2024. Quant à l’équipe nationale, le titre de Championne du Monde 2023 ne suffisait pas aux ambitions espagnoles, finalistes par deux fois de l’Euro (2022 et 2025), entraînant d’ailleurs par la suite, le remplacement de la coach Montse Tomé par Sonia Bermudez.

Difficile de les mettre sur le toit du monde quand dans leur pays, il s’agit plutôt de la « soupe à la grimace » ! Néanmoins, pour un Ballon d’Or féminin qui se joue aussi à la notoriété, un jeu de torero entre les deux compères pourrait s’imaginer.

L’avantage irait à Aitana Bonmati, superbe et seule buteuse lors de la demi-finale face à une rugueuse Allemagne (1-0, 113′), qualifiant son pays dans un championnat européen mitigé avec un seul but au compteur pour une joueuse qui tente beaucoup ! A son actif, un impact de performance dans le jeu reconnu, puisque désignée meilleure joueuse du tournoi.

Cela fait néanmoins court pour « une meilleure joueuse » de l’année, bien qu’elle ne soit entrée en tant que titulaire qu’au troisième match, devant régler une hospitalisation d’urgence pour une méningite.

Une performance plus conséquente, cependant, que pour Alexia Putellas, certes buteuse (3) mais dans la phases de groupe. A relativiser avec un doublé contre la Belgique (20e FIFA) sur un 6-2 et autre face au Portugal qui s’est terminé sur le score de (5-0). Reste en sa faveur, la double désignation de meilleure joueuse sur deux matches.

Alexia Putellas (droite) avec Leila Ouahabi (Espagne)

Si on regarde la saison 2024-2025 pour les deux joueuses, des titres domestiques acquis (LigaF, Copa de la Reina, Supercopa d’Espana), cependant sans surprise. Le tout avec une finale en Women’s Champion League faible pour les deux joueuses !

On peut penser que les 50 journalistes de 50 nations différentes iront chercher d’autres candidates à qui donner les 5, 4, 3, 2, 1 point de classement entre les trente nominées. Les votes seront donc dispersés.

L’Espagne restera placée certes, avec en plus une Claudia Pina qui possède un pied marié avec la lucarne adverse, meilleure buteuse de la WCL (6 buts). Comme une Mariona Caldentay, buteuse en WCL sous les couleurs d’Arsenal, utile lors de l’Euro mais éloignées toutes deux, du critère informel qui fait la récompense suprême : notoriété et image.

Le Ballon d’Or speaks english ?

En tant qu’européen, si ce n’est pas pour l’Espagne, alors ce sera l’Angleterre ?

L’Angleterre pointe le nez sur le critère de la performance collective et du palmarès avec Arsenal, vainqueur de la Women’s Champions League (1-0) et le gain de l’Euro pour les Lionesses, forte d’un second Euro consécutif (2022 et 2025).

Un pays qui aura déjà « la banane » le 22 septembre au Théâtre du Châtelet, avec la reconnaissance quasiment acquise de la meilleure coach pour Sarina Wiegman ! Seule à avoir gagné trois fois l’Euro (2017, 2022 et 2025). Et personne ne serait surpris de voir la récompense des gardiennes aller à Hannah Hampton (ENG), évoluant sous les couleurs de Chelsea.

De bonnes candidates à qui le donner entre Chloe Kelly, Leah Williamson et Alessia Russo ?

« Grace » Kelly, prépondérante pour le gain de la WCL comme de l’Euro avec son superbe centre sur la tête de Russo qui fait l’égalisation anglaise comme de son 5e tir au but, toujours assuré et signé fait une candidate.

Sauf que cela serait la première fois qu’une remplaçante serait récompensée et qu’à comparer avec Marta, championne de la ligue américaine, objet de cet article, Arsenal (2e) n’a pas pris les titres anglais, propriétés de Chelsea (Women’s Super League et Continental League Cup) et Manchester United (Women’s Cup).

Chloe Kelly, équipe d’Angleterre (crédit UEFA)

Allons voir du côté de la défense avec la capitaine Leah Williamson, seconde anglaise nommée, excellente dans son rôle de défenseure centrale, sauf que ce serait la donner pour la première fois à une défenseure.

Reste alors Alessia Russo, avant-centre. Excellente dans le contenu, tant pour le compte d’Arsenal comme de l’Angleterre. Buteuse en finale pour égaliser ! Travailleuse, collective, impliquée. Elle est la bonne carte du Ballon d’Or pour un ballon qui devrait s’appeler, alors le Ballon de l’UEFA ! Avec six joueuses sur sept éditions venant de cette confédération.

Et pour ces trois joueuses des Gunners, sans titre domestique.

Et si on regardais ailleurs !

Marta, Marta et encore Marta, sortons de l’UEFA et regardons le Monde !

Marta buteuse lors de la Finale Copa America Femenina 2025

En travaillant sur la liste de tous les nominées, le nom de la star brésilienne est venue comme une évidence ! Nommée seulement en 2018 et 2019, terminant 4e la première fois et 18e pour la seconde. Elle est bizarrement absente de cette récompense.

Dans la saison 2024- 2025, elle a réalisé une superbe saison qui correspond aux critères du Ballon d’or.

Au titre de la performance individuelle, elle a réalisé deux buts en finale de la Copa America contre la Colombie (4-4). A 39 ans, elle est entrée en toute fin de rencontre et a marqué ces superbes buts lorsque les deux équipes en étaient à un (2-3) pour la Colombie. Prête à réaliser l’exploit de prendre le titre à un Brésil qui en était propriétaire.

Décisive. Elle entre. Elle fait un 3-3 à la 90’+6 et même un (4-3) quelques minutes plus tard ! Un impact et une performance correspondant bien aux critères du Ballon d’Or.

Pour le palmarès domestique, ce qui la distingue des joueuses anglaises, son club, Orlando Pride (NWSL), a terminé première en saison régulière comme vainqueur des play-offs d’un championnat réputé comme le plus difficile de la planète féminine.

Titre et succès en NWSL, la Copa América et double buteuse en finale. Une aura incroyable, tant pour les gamines qu’auprès de ses collègues joueuses. Réaliser une telle performance à 39 ans.

Quel est le ou la journaliste qui dira que Marta ne mérite pas le Ballon d’Or en 2025 !

Sauf à parler du passé. A le juger sans avenir. Une joueuse remplaçante en équipe nationale. Entrant en fin de rencontre. Nier cela, rendrait l’argument du Ballon d’Or à la brésilienne sans consistance et ferait confondre cet article à un écrit de fan plutôt qu’à celui d’un spécialiste, voué à l’objectivité.

Il suffit de voir le « banger » qu’elle met pour le (3-3 à la 90’+6). Dans ce geste, il y a toute la combativité d’une sportive de haut niveau qui veut emporter cette rencontre et ce titre. Il y a, à cet instant, une des meilleures joueuses du monde qui fait basculer une rencontre, dans un match extraordinaire où tout s’est joué sur le fil du temps.

Carli Lloyd (The Best FIFA 2015 et 2016) ne s’y est pas trompée

Jamais élue Ballon d’Or mais six fois meilleure joueuse du monde THE BEST par la FIFA (2005 à 2010 et 2018), quatre fois seconde et trois fois troisième. France Football peut-il s’émanciper d’un tel nom au motif discriminatoire de l’âge quand la performance est là ?

Le Brésil ne faisait plus peur à grand monde jusqu’en 2023.

Depuis peu, la samba brésilienne envoie du son. Un neuvième titre de la Copa America Femenina pour le Brésil, revenu dans le Top 10 mondial (6e après avoir bondi à la 4e place), finaliste des derniers Jeux Olympique de Paris (2024). Pas loin de prendre l’Or pour ceux qui ont de la mémoire, si les deux occasions brésiliennes avaient trouvé les filets américains.

Marta, Ballon d’Or 2025, c’est simplement une évidence et un pont pour le futur du football, avec un Brésil, hôte en 2027 de la 10e Coupe du monde féminine.

la liste des 30 nominées et celle de toutes les joueuses nominées au Ballon d’or avec leur classement.