La Norvège joue à l’imparfait
La Norvège, championne du monde en 1995, championne olympique en 2000 à Sydney joue avec son passé. Elle ne nous propose rien d’avenir.
Un passé du football féminin basé sur la puissance et la combativité pendant 90′ et plus, alors qu’un match se joue en plusieurs mouvements différents sur le plan offensif.
Cette pauvreté de jeu permet de se qualifier difficilement pour l’Euro (3e du groupe) en obligeant à passer par les barrages. Fort d’avoir pourtant la meilleure buteuse des qualifications (7 buts, dont un quadruplé face à l’Albanie) par la joueuse d’Arsenal, Frida Maanum, excellente sur les couleurs du club londonien, mais incapable d’exister dans cette rencontre de quart de finale et les précédentes face à l’Italie.
Le mot équipe a du mal à s’écrire en norvégien, alors qu’il pourrait le redevenir à l’image du mouvement de la 75′ où Caroline Graham Hansen créée le décalage pour la latérale Thea Bjelde qui glisse une balle forte aux cinq mètres cinquante, passant devant Ada Hegerberg (30 ans) et Signe Gaupset (20 ans), l’une pensant que l’autre allait l’avoir.
C’est une équipe faite d’individualités, parfois défaillantes comme Ada Hegerberg, qui rate son 2e pénalty de la compétition à la 60′ et se rachète en marquant le seul but norvégien à la 66′.
Logiquement, d’ailleurs puisque la Norvège pointe à la 16e place FIFA. Le niveau qui fait la différence entre une phase de groupe et un quart de finale réussi dans une compétition internationale.
Une coach dépassée ?

Peut-on écrire que la responsabilité d’un tel contenu soit due à la nouvelle coach Gemma Grainger, intronisée en Janvier 2024, dont les relations avec le staff et l’équipe semblent aussi proches de celles d’une « classe de prépa » avec une institutrice des années 50.
Un pouvoir de décider et d’imposer, contesté par des joueuses évoluant à un bien meilleur niveau avec leur club que leur coach.
La titularisation de Guro Reiten (attaquante de poche de Chelsea) comme arrière latérale sera une des grandes questions pour cette équipe, d’autant que visiblement, il lui était interdit le moindre dédoublement sauf, qu’à la 90′, la victoire finale de l’Italie viendra exactement de son côté.
Le sentiment qui reste de la Norvège. Après avoir eu des joueuses de talent qui n’arrivaient pas à jouer ensemble dans les compétitions passées, la Norvège joue avec son passé, à l’imparfait, quand le sport demande de conjuguer au futur.
L’Italie croit en son futur
L’Italie nous a souvent proposé du conditionnel depuis six ans. A l’Euro 2021, joué en 2022 (1er tour). En coupe du monde 2023 (1er tour) en Australie et Nouvelle-Zélande.
Les féminines, tirées en grande partie de la Série A, nous faisaient croire aux potentiels des challengers en raison de la notoriété des clubs qui les payaient (Juventus, AS Roma, Inter Milan, ..) et des premières performances européennes. La Juve ayant bousculé l’Olympique Lyonnais, et éliminée le Paris Saint Germain dans la Coupe d’Europe 2024-2025.
Elles aussi, avaient un fort passé avec deux finales de l’Euro en 1993 et 1997, deux quarts de finale en 2009 et 2013 et un quart de finale au Mondial 2019 en France. Sauf, qu’aujourd’hui, l’Italie veut conjuguer son jeu au présent.
Un présent qui a fait qu’elles sont arrivées en tête de leur groupe de qualification, face d’ailleurs à des équipes de Nord de l’Europe (Finlande) et notamment la Norvège, championne du match nul.

Une équipe italienne jouant en passes courtes, rapides, vives avec deux latérales très offensives permettant de trouver des solutions à l’abord de la surface norvégienne qui font que dans les 10′ premières minutes, l’Italie peut compter cinq incursions dans la surface adverse !
Emma Severini (Fiorentina, 21 ans) et Arianna Caruso (Bayern, 25 ans) se manifestent, cette dernière n’étant pas loin d’une superbe reprise de volée à la 43′ sur un corner italien.
En fait tout se jouera sur un contre italien. Alors que la Norvège s’impose athlétiquement dans le jeu en ce début de seconde mi-temps, Sophia Cantoré (25 ans), première future joueuse à évoluer en NWSL américaine au Washington Spirit, club de Michele Kang, excentrée, tire fort et voit sa frappe accompagnée par le bout de la chaussure de celle qui sera la star de la rencontre, Christiana Girelli (Juventus, 34 ans), pour son deuxième but de la compétition et premier du match (0-1, 50′)
La coach norvégienne dit qu’elle voyait la Norvège remporter la rencontre sur le site de l’UEFA : « J’ai senti que nous étions une équipe forte en deuxième mi-temps. Si nous avons pu égaliser, c’est parce que nous avons contrôlé la majeure partie du match. Puis l’Italie s’est procuré une occasion à la fin du match sur un centre de grande qualité.Je savais que ce match serait serré et qu’il se jouerait sur des détails et c’est ce qui s’est passé. Si nous avions marqué le deuxième but, nous aurions probablement contrôlé le match. Nous avons été très dominants en deuxième mi-temps. » quand Andréa Soncin raconte son émotion : « Nous sommes vraiment fiers. Il faut rendre hommage à celles et ceux qui étaient là les années précédentes. Nous récoltons les fruits de leur travail. Ce que les filles ont fait est extraordinaire. Maintenant, nous allons profiter de ce moment, et dans quelques minutes, nous commencerons à penser à la demi-finale. J’ai dit aux filles de s’imprégner de tout cela, c’était extraordinaire dès la première minute. Il faut continuer à vivre ce rêve. »
A croire que le pénalty raté aurait fait la différence.
L’Italie a remporté ce match car l’émotion a été bien plus forte que la raison et le but vainqueur de Christiani Girelli en a toutes les composantes.
Il reste le temps additionnel. Les italiennes n’ont pas les moyens physiques des prolongations qui s’annoncent. Cantore, a change de côté, se trouve sur la gauche italienne. Elle a passé la soirée face à Guro Reiten, attaquante de poche devenue défenseur. Elle a vu que la joueuse de Chelsea s’applique à défendre mais que ce n’est pas son domaine. Elle centre fort au deuxième. Elles sont deux italiennes au 2e poteau, dans la course du ballon à reprendre de la tête. Reiten ne sait pas quoi faire et que faire.
Girelli, trente quatre ans (2-1), ira chercher cette balle pour la mettre sous la barre.

L’Italie est qualifiée. « Emotionnellement méritée« . 13e FIFA, devant la Norvège , statistiquement méritée 1ère de leur groupe de qualification alors que la Norvège finira 3e du même groupe. Concrètement mérité.
Expliquez-moi l’analyse de la coach norvégienne ?
L’Italie vit avec son présent pour se construire un futur.
La Norvège reste sur son passé.
La différence est là entre les deux équipes.
William Commegrain Lesfeminines.fr
Championnat d’Europe féminin de l’UEFA – Suisse 2025 – Quart de finale
Mercredi 16 juillet 2025 – 21h00 (Diffusé sur France 3)
NORVÈGE – ITALIE : 1-2 (0-0)
Lancy (Stade de Genève) – 26 276 spectateurs
Arbitres : Stéphanie Frappart (France) assistée de Camille Soriano (France) et Susanne Küng (Suisse). 4e arbitre : Désirée Grundbacher (Suisse). Arbitres VAR : Willy Delajod (France) assisté de Fedayi San (Suisse)
Buts
0-1 Cristiana GIRELLI 50′
1-1 Ada HEGERBERG 66′
1-2 Cristiana GIRELLI 90′
Avertissements : Lisa Naalsund 23′ pour la Norvège ; Elena Linari 58′, Andrea Soncin (entr.) 59′ pour l’Italie
NB. Penalty manqué par Ada Hegerberg (60′, non cadré)
Norvège
1-Cecilie Fiskerstrand ; 13-Thea Bjelde (3-Emilie Woldvik 87′), 6-Maren Mjelde, 4-Tuva Hansen, 11-Guro Reiten ; 18-Frida Maanum (19-Elisabeth Terland 64′), 7-Ingrid Engen, 21-Lisa Naalsund ; 10-Caroline Graham Hansen, 14-Ada Hegerberg (cap.), 22-Signe Gaupset. Entr.: Gemma Grainger
Non utilisées : 12-Selma Panengstuen (G), 23-Aurora Mikalsen (G), 2-Marit Bratberg Lund, 5-Mathine Østenstad, 8-Vilde Bøe Risa, 9-Karina Sævik, 15-Justine Kielland, 16-Mathilde Harviken, 17-Celin Bizet, 20-Synne Jensen
Italie
1-Laura Giuliani ; 23-Cecilia Salvai, 5-Elena Linari, 3-Lucia Di Guglielmo ; 2-Elisabetta Oliviero, 18-Arianna Caruso, 6-Manuela Giugliano, 8-Emma Severini (20-Giada Greggi 77′), 11-Barbara Bonansea (21-Michela Cambiaghi 77′) ; 10-Cristiana Girelli (cap.) (9-Marta Piemonte 90+2′), 7-Sofia Cantore (19-Martina Lenzini 90+2′). Entr.: Andrea Soncin
Non utilisées : 12-Rachele Baldi (G), 22-Francesca Durante (G), 4-Eva Schatzer, 13-Julie Piga, 14-Valentina Bergamaschi, 15-Annamaria Serturini, 16-Elisabetta Goldoni, 17-Lisa Boattin