C’est une joueuse qui s’est fait reconnaître en passant du VFl Wolfsburg (2014-2019) au FC Barcelona (2019-2025). En France, nous avions eu l’occasion de la voir jouer, en Women’s Champions League, sous les couleurs de Stabaek (Nor) perdant contre l’ex-Juvisy lors de son périple européen, les ayant porté jusqu’en demi-finale européenne de 2012.
Elle était encore plus fine qu’aujourd’hui. Ses 1,75 et son visage fin n’indiquait en rien le caractère qu’elle avait. Elle était sortie les lèvres serrées par cette défaite, montrant son envie de gagner à tout juste dix-huit ans. La présence de Kosovare Asllani, à ce moment au PSG, venue l’encourager, n’avait pas suffit à éteindre sa colère.
Aujourd’hui, son football est le même.
Une course balle au pied et des dribbles qui ont tout d’un slalom spécial de ski. En ligne droite, par petites touches, gauche-droite, droite-gauche, et la passe ou le tir au bout de ses vingt mètres de courus.
Je rajouterais, à la manière d’un Messi, elle ne court qu’au moment où la balle lui vient. Lymphatique avant, voire endormie. Elle regarde le jeu et d’un coup se met en mouvement. Il y a certainement, à Barcelone, pour ce type de joueuse, une formation spécifique pour qu’on retrouve, auprès de deux joueurs et joueuses différents, la même manière d’attendre le moment.
Un but de slalomeuse
Le but qu’elle marque contre la Finlande est dans la droite ligne de ses qualités.
On lui donne la balle sur le côté droit, le long de la ligne. Deux joueuses en face, légèrement décalées l’une derrière l’autre. Elle passe la première, s’infiltre dans un trou de souris à gauche devant la seconde, pour trouver l’espace de sa liberté.
Un port altier qui ressemble à celui des girafes, elle regarde.
S’essaie sur un troisième dribble dans la surface. Revient sur ses bases en protégeant la balle. A eu le temps de voir une partenaire. Retente le dribble sur la profondeur. Laisse la balle lui échapper et d’une pichenette, fait un piqué qui lobe la défense, la gardienne et termine sur le poteau.
Poteau entrant (1-0, 86′). La messe est dite.
Elle n’aura fait que cela mais elle aura fait cela.
Caroline Graham Hansen vient de marquer. Seconde au Ballon d’or qu’elle avait obtenu en 2024 pour sa vitesse et ses dribbles en profondeur. Candidate aujourd’hui, pour savoir regarder le jeu et piquer, quand cela fait mal aux autres.
Sur le match face aux Suissesses de la première journée, elle ne fait qu’un gros truc. Mais au final, cela fait passe décisive et but.
C’est une girafe qui se sort des attaques des lionnes, ses adversaires.
Elle regarde.
William Commegrain Lesfeminines.fr