Le titre idéal aurait dû être « Les Bleues font « Pif ! Paf ! Boum ! » aux anglaises 2025 ! » mais quand tu notes que plus de 2.800.000 personnes ont vu le match dans ce premier samedi de vacances, faisant la meilleure part de marché (21%) de la soirée, alors tu modifies et tu es légitime en écrivant « La France fait « Pif ! Paf ! Boum » au « Crunch 2025 » de cet Euro féminin de football.
Un match de football joué dans l’esprit d’un « crunch » qui restera dans l’esprit des quarante-six joueuses des deux camps, bancs compris comme dans celui des staffs.
Les anglaises n’aiment pas les centimètres !
Les anglaises entrent en jeu avec le titre 2022 en poche et le font savoir aux françaises, dominatrices pendant les quinze premières minutes, profitant du doute qui animait la défense centrale française, Alice Sombath et Maëlle Lakrar, faible de 17 minutes de jeu communes.
Ne sachant pas si elles devaient rester en place ou alors, aider une partenaire en difficulté, laissant alors des grands espaces à Alessia Russo, championne d’Europe avec Arsenal.
Cette dernière profita d’un tir canon de Laura Hemp (M.City), bien détourné par l’expérimentée gardienne de la Vieille Dame italienne, Pauline Perraud-Magnin, pour s’imposer à trois Bleues, en retard d’intentions et marquer un but que la VAR refusera, pour un détail si minime que même les françaises auront dans l’esprit, de l’accorder.

Sauf que la règle est la règle, et que les Bleues, frappées par ce coup du sort, mettent un peu plus d’allant.
Remettant du baume au coeur des français, mal installé sur leurs canapés, se demandant s’ils n’allaient pas assister à une correction anglaise, voyant la facilité d’une Laura James (Chelsea) à dribbler la défense française de ses intentions.
Laurent Bonadei met du Chelsea pour bloquer les anglaises de Chelsea
Laurent Bonadei, profitant de l’internationalisation du football, avait décidé de mettre en six, Oriane Jean-François, joueuse de Chelsea à la place de Sandie Toletti, l’habituelle vice-capitaine (en l’absence de Griedge M’Bock), qui évolue au Real Madrid.

Dans la même lignée de réflexion, il avait choisi la petite Sandy Baltimore, autre joueuse française de Chelsea, pour donner des douleurs à l’expérimentée Lucy Bronze (Chelsea), meilleure joueuse FIFA dans le passé, et qui mangea l’herbe devant les certitudes de l’ancienne parisienne.
Des choix judicieux. Ces deux joueuses gagnèrent quasiment tous leurs duels face aux trois joueuses anglaises, issues de leur club managé maintenant par Sonia Bompastor et Camille Abily.
La puissance française vient des intentions offensives de la défense.
Les Bleues ont commencé à utiliser leurs forces et Sandy Baltimore comme Delphine Cascarino (San Diego) ont dansé un football au-dessus de leurs adversaires directs, Lucy Bronze d’un côté et Jessica Carter (NWSL, Gotham) de l’autre.
Vitesse et puissance pour la dernière, subtilité du dribble brésilien pour l’autre, les premiers centres commencent à arriver dans la surface où rôde Marie-Antoinette Katoto, la seule française ayant marqué face à toutes les équipes du groupe de qualification (Angleterre, Norvège, Suisse).
Alice Sombath pour Sakina Karchaoui.
Le premier souffle de respiration est intervenu avec la passe longue d’Alice Sombath (Ol Lyonnes) pour Sakina Karchaoui (PSG), sa capitaine du soir, autrice d’un lob légèrement extérieur (25′).
Cette opportunité, ce mouvement venu de la défense, source principale d’inquiétude reconsolida l’état d’esprit du groupe. A partir de ce moment, la France a été une équipe complète et totalement équilibrée.
La paire centrale s’est installée et Maëlle Lakrar a mangé « à la culotte », Alessia Russo ne lui laissant jamais plus de cinquante centimètres pour contrôler un ballon qu’elle n’a réussi à maîtriser qu’en appui et jamais dans le sens du but.

Alice Sombath a pratiqué dans le registre de Wendie Renard son aînée, et les deux latérales, Selma Bacha et Elisa De Almeida, souvent au bord d’une folie de talents, sont bien restées attentives à leur poste. Pour d’abord s’imposer à leurs adversaires et donner la confiance nécessaire aux milieux et attaquantes, à tenter, et réussir à déstabiliser les anglaises.
Maëlle Lakrar et son tacle.
Les deux buts français sont venus, coup sur coup.
De la même manière. Une intransigeance défensive de Maëlle Lakrar qui s’impose à Alessia Russo d’un tacle ferme mais juste. La balle est reprise par Oriane Jean-François, sans opposition qui la glisse à Sandy Baltimore aux vingt mètres anglais.
La joueuse française analyse la situation, certaine de sa capacité à passer qu’elle a déjà démontrée à Lucy Bronze. Elle s’infiltre sur la gauche, résiste au retour physique de l’anglaise, dribble Leah Williamson dans un trou de souris et profite de la panique anglaise pour remercier Lucy de lui remettre la balle sur son pied droit, qu’elle envoie lucarne opposée pour le second but français (39′, 2-0).

Elisa De Almeida et son contre
Deux zéros, les françaises sont au Paradis de l’instant. D’autant que le premier est arrivé trois minutes plus tôt. Une balle interceptée par Elisa De Almeida qui aurait pu être le moment d’une attaque placée mais qui deviendra, par l’intention offensive de la latérale du Paris Saint Germain, une balle de contre.
Delphine Cascarino lui demande dans l’espace ouvert. La parisienne est tellement confiante dans la vitesse de sa coéquipière qu’elle la glisse à l’angle d’un rectangle imaginaire qui fait « sortir les yeux » de la latérale anglaise, convaincue qu’elle ne l’aura jamais.

Ce qui fut exact. Delphine Cascarino lui montre son numéro depuis un certain temps et l’anglaise, évoluant dans le championnat américain, commente la passe magnifique et puissante de la française que Marie-Antoinette Katoto, interceptera dans un geste que peu de féminines peuvent assurer, pour la mettre au fond des filets (1-0, 36′).
Après s’être silencieusement détachée de Leah Williamson qui criera sa surprise ! (voir photo).
Deux buts en trois passes pour les réalisations françaises.
Vitesse, confiance, efficacité. Deux buts en trois passes pour les deux réalisations françaises.
Pas besoin de parler anglais pour que les anglaises comprennent que la France joue au-dessus ce soir, et qu’elles sont bien parties pour perdre ce match d’ouverture de leur compétition.
D’autant qu’il a failli en avoir un troisième avec un duel perdu de Grace Geyoro face à Hampton, déjà autrice d’un superbe arrêt dans le premier quart d’heure.
Une domination telle que les statistiques la reflètent. 14 dribbles réussis à six pour les françaises.
Les dix dernières minutes donneront un goût amer aux anglaises
Sauf que Keira Walsh marquera à la 86′ sur un des corners anglais (6), plus nombreux que ceux français (1).
Et là, les statistiques de l’UEFA reviendront à l’équilibre avec même une meilleure possession anglaise (56%), un nombre d’attaques équivalents (43 pour les Bleues, 42 pour l’angleterre), 12 tirs pour les anglaises contre quatorze pour les Bleues, 107 kms parcourus par les deux teams.
La différence se jouera sur le nombre de duels gagnés (21 à 16), de tirs cadrés (5 pour la France contre 1 pour l’Angleterre), de précisions des centres (35% pour les Bleues, 17% seulement du côté des British) et du côté de la défense. Sept attaques bloquées à trois pour 47 ballons récupérés à 30.
Les deux équipes ont fini proches. Il y aurait pu avoir match nul avec le but hors jeu anglais et surtout la dernière occasion anglaise que Selma Bacha sauve sur la ligne.
La différence s’est faite juste, dans la puissance. Les Bleues ont fait « Pif ! Paf ! Boum ! » aux anglaises. Elles ont joué un « Crunch ».
Le prochain match, il y aura de la revanche.
Pour l’Euro, elles prennent trois points, rejoignent les Pays-Bas, éloignent l’Angleterre et sont dans une bonne dynamique pour le prochain match face aux Pays de Galles, l’équipe la plus éloignée au ranking FIFA de la compétition, jouant son premier euro.
William Commegrain Lesfeminines.fr
Championnat d’Europe féminin de l’UEFA – Suisse 2025 – Groupe D – Première journée
Samedi 5 juillet 2025 – 21h00 (Diffusé sur TF1)
FRANCE – ANGLETERRE : 2-1 (2-0)
Zürich (Stadion Letzigrund) – 22 542 spectateurs
Temps dégagé (25°C) – Terrain excellent
Arbitres : Tess Olofsson (Suède) assistée de Almira Spahić (Suède) et Monica Brun Løkkeberg (Norvège). 4e arbitre : Maria Sole Ferrieri Caputi (Italie). Arbitres VAR : Christian Dingert (Allemagne) assisté de Guillermo Cuadra Fernandez (Espagne)
Buts
1-0 Marie-Antoinette KATOTO 36′ (De Almeida intercepte une passe anglaise dans la défense française puis lance en profondeur Cascarino à droite qui s’avance dans la surface et centre pour Katoto qui coupe du droit à 5 m au 2e poteau)
2-0 Sandy BALTIMORE 39′ (Tacle de Lakrar au milieu de terrain sur Russo qui permet à Jean-François de récupérer le ballon puis ele décale sur la gauche pour Baltimore qui avance dans la surface résiste à Bronze et Williamson. Bronze au sol tente d’intervenir mais accompagne le ballon pour Baltimore qui enroule du droit de l’angle des 5,5m une frappe qui termine sous la barre côté opposé)
2-1 Keira WALSH 87′ (Corner tiré par Kelly côté droit qui arrive au 2e poteau sur la tête de Diani qui renvoie le ballon plein axe sur Walsh qui contrôle puis frappe en ouvrant son pied droit pour placer le ballon sur la gauche de Peyraud-Magnin qui touche le ballon du bout du gant)
Avertissements : Pauline Peyraud-Magnin 90+1′ pour la France ; Ella Toone 75′ pour l’Angleterre
VAR : But d’Alessia Russo refusé pour hors-jeu (16′).