En se battant sur tous les ballons pour défendre face au FC Barcelone qui jouait sa sixième finale dont trois titres, dans l’espoir logique de se lancer sur une série continue, commencée en 2023 et 2024, pour pousser l’Olympique Lyonnais dans des retranchements (huit titres avec une série continue de cinq), Arsenal FC Women est venu surprendre tout le monde en l’emportant (1-0) dans un stade José-Alvalade portugais plein (38.356 spectateurs), particulièrement composé de socios barcelonais.
Un second titre européen pour le club anglais (2007) et le premier pour l’Angleterre depuis sa rénovation en 2017, qui pourrait ne pas être le dernier, avec les ambitions de Chelsea, Manchester City et maintenant United, qualifié pour la Ligue des Champions 2026.
Empêcher le Barça d’être dans les trente mètres d’Arsenal
Arsenal, dans cette finale, a disposé d’une arme psychologique forte avec la signature, en début de saison de Mariona Caldentey (Ligue des Championnes 2021-2023-2024), l’habituelle milieue de terrain des Blaugranas pendant dix saisons, qui s’est dépensée sans compter pour couper les passes barcelonaises, souvent inattendues, tout en marquant son métronome, Aitana Bonmati (meilleure joueuse FIFA 2023 et 2024).
Une telle présence et intensité, avec Kim Little, la capitaine des Gunners, qu’il aura fallu attendre la 31′ pour que le coeur des aficionados barcelonais s’affole sur un tir de la meilleure joueuse FIFA des deux dernières années. Une tentative bien prise en main par Van Domselaar, fragile pourtant en début de rencontre.
Seul, le milieu de terrain anglais ne pouvait pas grand chose si les exploits ne venaient pas aussi des autres lignes.
A la 34′, c’est la latérale gauche Rolfo, suédoise au coeur barcelonais, qui s’infiltre jusqu’à la ligne pour faire le centre en retrait qui donne le but quand elle voit la jambe de l’attaquante australienne, Catlin Foord, venir enlever ce ballon d’un tacle rageur.
Des efforts anglais qui permettront à l’UEFA de communiquer une statistique inattendue envers les Ladies anglaises. A la 29′, elles menaient le jeu offensif avec 4 tirs anglais pour 2 espagnols.
Des occasions venues en étant installées dans la partie défensive barcelonaise, avec une première passe de la cheville ouvrière Kim Little pour Foord (11′) qui sort son tir extérieur. Dans les minutes suivantes, une profondeur idéale pour la même Foord, intenable, qui sert, sans opposition, Cloé Kelly, son alter égo à droite, pour une reprise extérieure (14′). Quelques minutes plus tard, l’ex-joueuse de Manchester City en début de saison, se jouera du côté droit pour s’infiltrer et glisser une balle puissante que l’ex-capitaine parisienne, Irène Paredes, transformera en over-goal (22′), annulé par un hors-jeu de l’ancienne Citizens, trop contente d’avoir signé à Arsenal.
Enfin, à la 26′, c’est Alexia Russo, sorte de force physique qui défend autant qu’elle attaque, se tente à la finesse, avec une balle piquée que la latérale Fox dévisera. Ce qui ne sera pas le cas de Frida Maanum, demandant aux gants de Cata Coll d’être bien solide (27′).
La tornade barcelonaise au second acte.
La décision a été claire. « Arrêtons de remonter le ballon sans y mettre de la vitesse ! » Et Barcelone a commencé à faire croire à tous et toutes que le titre ne lui échapperait pas. 12 cornes à 2, 48 attaques à 25, 20 tirs à 8. Les statistiques de fin de match de l’UEFA seront édifiantes.
Ce sont vingt minutes d’ultra domination offensive avec des occasions qui sont, cependant, plus des opportunités.
Pina, meilleure buteuse de la compétition, s’y mettra à la 46′ puis sur une transversale contrée à la 49′. Batlle, latérale, fera ses tentatives de loin (53′, 84′). Bonmati aura son occasion (60′) et Eva Pajor, sans beaucoup de ballons à exploiter, jouera de la tête (73′) pour sauver les chances barcelonaises.
Les chances, car depuis une minute, et l’entrée de la suédoise et ex-montpelliéraine, Stina Blackstenius, Arsenal y croit. Notamment sur son duel où elle impose son physique à Maria Léon pour se voir contrée, du pied, par la gardienne Cata Coll qui sauve ses couleurs (72′).
Le contre fatal à la 75′
Elle ne pourra rien sur la tentative de la 75′, trois minutes plus tard. La suédoise, entrée quelques minutes plus tôt (68′), enclenche une droite croisée après contact qui va au fond des filets (1-0).
Idéalement servie par Beth Mead, entrée avec elle (68′) portant les caméras sur la performance de la jeune coach néerlandaise, Renée Slegers, tout juste intronisée en janvier et à deux doigts de donner à Arsenal, son second titre, 18 ans après le premier auquel elle avait participé en tant que joueuse.
Après cette ouverture du score, il est aisé de comprendre que l’assaut barcelonais se fera jusqu’au sept minutes d’extra-time mais « l’absence de qualité » de Caroline Graham Hansen dans cette rencontre sera une faiblesse pour le FC Barcelone auquel il faudra intégrer la performance de Williamson, excellente dans les quinze dernières minutes pour sortir, de la tête, tous les centres espagnols.
La plupart des membres de cette équipe travaillent ensemble depuis très longtemps et ont fourni d’énormes efforts pour atteindre le niveau supérieur. Pour y parvenir lors du plus grand jour, certaines ont tout simplement livré le match de leur vie. C’est exactement ce qu’il fallait. Je suis extrêmement heureuse. Leah Williamson
Pere Romeu, le coach de Barcelone, 3e adjoint barcelonais à venir au poste de « head coach » n’aura plus qu’à lui serrer la main pour ce qui n’a été que la quatrième victoire d’une femme en tant que coach, d’une compétition commencée depuis 2002.
Perdre une finale comme celle-ci, ça laisse un sentiment bizarre. Nos joueuses les plus expérimentées savent bien que dans une finale comme celle-ci, tout peut arriver. On voulait avoir plus le ballon, plus de contrôle. Ça nous a coûté cher de ne pas réussir à prendre l’avantage qu’on voulait. Pere Romeu répondant à l’UEFA.
Une victoire qui laisse de l’espoir à de nombreux clubs, le Bayern de Munich, la Juventus, le Paris Saint Germain, Chelsea, Manchester City et United pour porter leurs couleurs au titre suprême.
William Commegrain Lesfeminines.fr
UEFA Women’s Champions League – Finale
Samedi 24 mai 2025 – 17h00 locales (18h00 françaises) (diffusé sur la chaîne L’Équipe et DAZN)
ARSENAL WFC (ANG) – FC BARCELONE (ESP) : 1-0 (0-0)
Lisbonne (Estádio José Alvalade) – 38 356 spectateurs
Temps dégagé (27°C) – Terrain en très bon état
Arbitres : Ivana Martinčić (Croatie) assistée de Sanja Rodjak-Karšić (Croatie) et Maja Petravić (Croatie). 4e arbitre : Ivana Projkovska (Macédoine du Nord). Arbitres VAR : Tiago Martins (Portugal) assisté de Momčilo Marković (Serbie) et Alen Borošak (Slovénie).
Avertissements : Chloé Kelly 65′, Sebastian Barton (staff) 89′ pour Arsenal ; Irene Paredes 50′, Clàudia Pina 87′, Salma Paralluelo 88′ pour Barcelone
Expulsion : Rafael Navarro Serres (staff) 90+8′ pour Barcelone
Arsenal
14-Daphne von Domselaar ; 2-Emily Fox, 6-Leah Williamson, 7-Steph Catley, 11-Katie McCabe ; 10-Kim Little (cap.), 12-Frida Leonhardsen-Maanum (25-Stina Blackstenius 67′), 8-Mariona Caldentey ; 18-Chloe Kelly (9-Beth Mead 68′), 23-Alessia Russo (3-Lotte Wubben-Moy 90+2′), 19-Caitlin Foord (17-Lina Hurtig 86′). Entr.: Renée Slegers
Non utilisées : 1-Manuela Zinsberger (G), 40-Naomi Williams, 5-Laia Codina, 13-Lia Wälti, 21-Victoria Pelova, 22-Jenna Nighswonger, 28-Amanda Ilestedt, 32-Kyra Cooney-Cross
Barcelone
13-Catalina Coll ; 22-Ona Batlle, 2-Irene Paredes, 4-María Léon (25-Ingrid Engen, 79′), 16-Fridolina Rolfö (24-Esmee Brugts 79′) ; 14-Aitana Bonmatí, 12-Patri Guijarro, 11-Alexia Putellas (cap.) ; 10-Caroline Graham Hansen, 17-Ewa Pajor, 9-Clàudia Pina (7-Salma Paralluelo 62′). Entr.: Pere Romeu
Non utilisées : 1-Gemma Font, 25-Ellie Roebuck, 5-Jana Fernàndez, 8-Marta Torrejón, 19-Vicky Lopez, 28-Alba Caño, 30-Sydney Schertenleib, 34-Clara Serrajordi, 35-Judit Pujols