La joie des vainqueures !
Le sifflet final, les trois coups, stridents, fermes, forts de l’arbitre qui enclenchent le bonheur.
S’il y a bien un bruit que les futures vainqueures attendent avec délivrance, le coeur au bord de la gorge, les mains tenues sur le banc par d’autres mains, toutes d’une force extraordinaire, prêtes à extraire le cri de la victoire.
Comme une mère entend le premier cri de son enfant, c’est bien quand l’arbitre en jaune, sifflet au bec, lance les trois coups de la fin de la rencontre, les mains tendues vers les vestiaires, pour signifier à tout le stade, que les joueuses peuvent s’arrêter de craindre ou, stopper leurs courses vers un espoir de remontée … le match est terminé, définitivement terminé. Sans session de rattrapage quand les tirs au but ne sont pas au programme.
Le tsunami de bonheur
Alors, la femme en jaune voit au loin, les yeux embués par les efforts qu’elle a déployés pour ordonner deux volontés contraires et les adapter à la volonté de la règle, souvent réfractaires, une masse de couleur identique, sans forme, qui arrive vers le centre du terrain.
De plus en plus précise, de plus en plus vite, faite de visages criant leur bonheur, expulsant leurs peurs de voir un événement contraire venu des derniers instants, envahir le terrain comme une vague s’accapare le blanc du sable, de manière inéluctable, forte, comme un tsunami de bonheur.
L’onde à la joie commence, s’intensifie. Il n’y a plus de terrain, de football, de stade. Il y a le bonheur qui déborde de bonheur. Une overdose de sourires, de cris, de larmes de joie qui s’écoulent.
Enfin, championnes.
Le cocon du bonheur suprême
Quelques heures plus tard, après tant d’embrassades, de glissades, de mains et de contacts, assises sur le siège du bus qui les ramènent vers leur hôtel, chaque joueuse est enfin dans son univers, son cocon d’amour, son nounours d’espoir et de bonheur, et les yeux dans le vague, se laisse pénétrer de ce bonheur si rare.
Être championne de quelque chose.
D’un village, d’un département, d’une région. Mieux d’un pays ! Alors imaginez ce que c’est que d’être championne de l’Europe !
400 millions d’habitants. Vingt millions de pratiquantes au football. Un calcul un peu large mais qui doit être celui légitime des joueuses des « gunners », bien peu disposées aux statistiques exactes qui mettent un poids illégitime au vol des plus beaux rêves, et les voilà Championnes d’Europe 2025.
Elles se regardent, se respirent dans ce bus qui devient l’univers de la vérité qui les a transformés en une équipe vainqueure. Elle voit, se rappelle, les efforts de chacune. La force dégagée par celle-ci quand le doute pouvait s’installer. Le refus de « ne pas se donner », aller plus loin, jusqu’aux limites, ses limites. Le groupe, tout pour le groupe, ce qu’il demande pour créer l’exploit qui se dessine, se crée, s’impose. Exténuée mais combattante.
Une forme irréelle, devenue vraie.
Et maintenant, se sentir enfin, après tant de mésaventures, totalement, complètement, magnifiquement heureuses.
Un moment si rare pour Elles, quand d’autres clubs arrivent à le transformer en routine, comme si un horaire de football pouvait te faire atterrir vainqueur comme peut le faire, le pilote d’un British Airways ou celui d’un train de la National Rail.
Ce moment vaut de l’Or.
Il est là pour l’éternité de sa mémoire émotive.
Ce bonheur. Ce soir, elles dormiront avec.
Il sera leur « amant de tendresse » qui les emportera dans leurs rêves les plus fous.
Elles sont championne d’Europe 2025. Face à Barcelone (six finales, 3 titres, championnes en titre), après avoir éliminé l’Olympique Lyonnais (huit titres européens, record) et être revenue d’une défaite (2-0) contre le Real Madrid !
Avec de tels noms comme adversaires, comment voulez-vous qu’elles ne rêvent pas à la Lune ?
William Commegrain Lesfeminines.fr
- Daphné Van Domsellar : gardienne néerlandaise de 1,76. Un début délicat et la certitude de la fin de match dans ses prises de mains. « Here we are ! »
- Emily Fox : Internationale américaine. S’est toujours placée entre la balle et la joueuse de Barcelone. Security Guard. Un jeu de corps qui a évité les débordements.
- Leah Williamson : internationale anglaise. Essentielle dans les quinze dernières minutes. A pris tous les ballons de centre. Barcelone, repart d’où tu viens. Un Body language clair.
- Steph Catley : la comptable australienne du groupe. Toujours là à combler les trous. Stratégique.
- Katie Mac Cabe : la folie des latérales gauche. Irlandaise qui se transforme en boxeuse dès que le sifflet s’engage.
- Kim Little : Ecossaise. capitaine. Manager de l’équipe au sol. Mickey Mouse de la finale. A vu avant les autres.
- Frida Leonhardsen-Maanum (68′ out) : Norvégienne. un coup devant, un coup derrière. Un coup partout. Un roc d’envie et d’engagement.
- Stina Blackstinius (68′, in) : Suédoise. Une course de décathlonienne. Jamais tu la bouges quand elle est partie. Hercule en action.
- Mariona Caldentey : Espagnole. Majorque. Au four et au moulin. Dans un travail, elle est la boulangère qui se lève à quatre heures du matin et se couche à vingt trois heures le soir. Inarrêtable et Infatigable comme Nadal.
- Chloe Kelly (68’out) : Anglaise. dans un groupe de musique, elle est la chanteuse. Fine, élégante, subtile. Un papillon qui mord.
- Beth Mead (68′ in) : Anglaise. le cuirassé anglais. Insubmersible. Toujours armée pour tirer ou passer.
- Alessia Russo (90’+2 out) : Anglaise. championne du monde de boxe. Une Winston Churchill au féminin. Elle te percute avec force et te surprend en utilisant la finesse pour terminer.
- Lotte Wubben-Moy (90’+2 in) : Anglaise. Sécurité du groupe. Future Expert-comptable. Elle valide le bilan et le résultat.
- Caitlin Foord (86′ out) : elle surfe sur ses ambitions. Court après toutes les balles comme on prend les vagues. En les jouant à fond.
- Lina Hurtig (86’in) : Suédoise. fine. Une écrivaine qui sait regarder et jouer de talent.
- Manuela Zinsberger (non-entrante)
- Naomi Williams
- Laia Codina
- Lia Walti
- Victoria Pelova
- Jenna Nighswonger
- Amanda Ilestedt,
- Kyra Cooney-Cross