Personne n’aurait pu prévoir un tel résultat avant la rencontre, du simple fait qu’il était imprévisible après la victoire lyonnaise (1-2) à Arsenal. Jamais l’Olympique Lyonnais, depuis 2010 qu’elle domine l’Europe, n’a subi une telle déroute au score à domicile comme à l’extérieur (1-4), voire même en contenu.

L’Olympique Lyonnais voulait jouer le match mais ne voulait pas le gagner

Elles ont joué avec l’avance qu’elles avaient (2-1) et ont été dévastées par l’envie anglaise de récupérer la balle pour en faire ce qu’elles en voulaient.

Les lyonnaises, auraient-elles voulu ne pas affronter l’ogre barcelonais en finale (2-8 en cumulé dans l’autre demi-finale) qu’elles ne se seraient pas autrement pris, en offrant trois buts aux anglaises, qui n’en demandaient pas tant, n’ayant qu’un but à remonter, suite à la victoire lyonnaise à l’extérieur (1-2), le samedi précédent.

Les fans et commentateurs footballistiques n’aiment pas se référer à ce qui touche à la performance émotionnelle mais la qualité du jeu barcelonais pratiqué lors de ces demi-finales face à une référence Chelsea, lui faisant subir un (8-2) unique pour une 1/2 F européenne, peut être le premier frein à une prochaine rencontre, où la seule équipe que Lyon pouvait appréhender, était Barcelone, trois titres (2021, 2023, 2024), cinq finales de suite, et un contenu qui en annonce bien d’autres. Un Barcelone de folie.

Les joueuses connaissent avec précision leur niveau individuel et collectif comme celui de leurs adversaires et avec ce que les lyonnaises ont montré dimanche, elles auraient pris une sévère valise en finale. Un « truc » que les joueuses d’expérience ne veulent pas vivre.

Bien entendu, pour que les lyonnaises prennent une telle déroute, il faut qu’il y ait d’autres ingrédients. Mais pour qu’il y ait cette « déroute historique », il faut une défaillance collective.

Les défaites aussi conséquentes de leaders sont dues à une association de détails négatifs qui s’accumulent quand d’habitude, le club, les joueuses, le moment, les canalisent, pour les avoir identifié et résolues, point par point. Là, les choses se sont faites une à une, sans qu’il n’y ait d’interventions. Michele Kang devrait regarder cela.

La psychologie des professionnelles féminines n’est pas au niveau de celle masculine.

La première observation que je vous propose, avec les marges d’erreurs qui vont avec, est la mauvaise gestion relationnelle de la non-reconduction potentielle de Vanessa Gilles, défenseure centrale.

A l’évidence, la joueuse canadienne ne comprend pas le silence voulu de la direction tant elle se sent bien intégrée dans le jeu, le vestiaire et les fans lyonnais. 29 ans, internationale canadienne, seize matches de joués, quinze fois titulaire, correcte à son poste, animatrice du vestiaire, prêtée par Angel City, présente depuis 2022, et l’OL n’en veut pas. On aurait pu écrire n’en veut visiblement pas. Après les deux rencontres, l’affirmation est plus réelle.

Pas très à l’aise à l’aller mais sans conséquence, elle n’aura pour elle, au retour, que la réussite sur des balles hautes de face pour les jouer de la tête quand sur tous les autres impacts, elle sera maladroite dans ses interventions et relances. Le pire lui arrivera quand, sa gardienne, Cristiane Endler lui donne une balle correcte à droite, dans la surface et qu’elle glisse devant l’australienne Foord, vive pendant toute la rencontre, pour envoyer une mine et le (0-4, 63′) au tableau d’affichage.

Une situation qui ne serait pas arrivée chez les hommes, habitués depuis longtemps à cette gestion des effectifs. Pour les filles, l’environnement est nouveau, et le mot « famille » a un sens bien plus fort chez elle que chez les pros masculins.

La faiblesse des joueuses de talent.

Nul ne peut contester que l’Olympique Lyonnais possède un effectif de talents. Certains écriraient même qu’avec le banc, deux équipes européennes peuvent se constituer.

Christiane Endler comme gardienne, l’athlète Ellie Carpenter, le physique de Vanessa Gilles, la vista de Wendie Renard, et la vivacité de Selma Bacha. Au milieu, la puissance de Damaris, l’efficacité dans le jeu de la capitaine américaine Lindsey Heaps, la vivacité de Melchie Dumornay et devant, l’expérience d’Ada Hegerberg, la pénétration de Diani Kadidiatou et la force de la malawite Chawinga.

Tous ces noms sont reconnus et toutes, à l’exception de Selma Bacha ont joué en dessous de leur talent, voire n’ont pas réussi à produire du talent.

On peut donc dire que la faiblesse a été collective avant d’être individuelle. Ce qui donne du corps à l’idée première. L’aspect psychologique, du non-dit et du ressenti.

L’Olympique Lyonnais a joué sans tactique

Si on a eu du mal à saisir la tactique utilisé par Joe Montemurro (OL), on a très bien compris celle d’Arsenal, fixée par sa jeune coach Renée Slegers, nommée le 17 janvier 2025 jusqu’en 2026, après un intérim de trois mois suite à la démission de Jonas Eidevall.

Une démission en Octobre 2024, due à une période de mauvais résultats avec une série de trois défaites consécutives en Women’s Super League et un (5-2) imposé par le Bayern de Munich en phase de groupe de la Women’s Champions League.

Un mois de Janvier favorable aux réussites quand on sait, pour les spécialistes, que les Pays-Bas s’était révélé lors du même mois en 2017, pour gagner l’Euro quelques mois plus tard, avec Sarina Wiegman, maintenant, trois fois meilleure coach mondial féminin The Best (2017, 2020, 2022) et vainqueur de l’Euro 2022 avec l’Angleterre. Peut-être le destin de Renée Slegers ?

Les joueuses d’Arsenal faisaient tourner le ballon à droite, du côté de Selma Bacha, obligeant quatre ou cinq lyonnaises à évoluer dans cette zone, et compte tenu de la faiblesse de récupération des lyonnaises, faisaient une passe transversale à Kim Little, qui se proposait pour la continuer sur le côté gauche, avec devant elle, un océan de verdure et seulement …. deux lyonnaises potentielles.

Un jeu de passes Chloe Kelly, Little, Russo qui a améné le second but anglais, de Mariona Caldentey, (45’+1) avec une superbe lucarne, trop heureuse de recevoir ce ballon au centre, sans que personne ne monte sur elle pour lui boucher l’angle.

Le second point était de jouer à gauche pour perforer, histoire d’occuper Carpenter à défendre. Mettant à mal l’australienne Ellie Carpenter, dans le rouge rapidement, concentrée bien plus sur ses efforts athlétiques que sur sa faible capacité technique, soumise au jeu de sa compatriote, Foord, qui l’a empoisonné de ses occasions. Occupée comme elle était, elle n’a pas pu pénétrer dans le camp adverse pour appuyer Kadidiatou Diani bien que c’est sur une de ses actions que Melchie Dumornay a réussi à réduire le score (1-4, 81′).

Le « fighting Spirit » anglais pour colorer le tout

Avec un but de retard et que tu vois, à la 5′, l’OL et Christiane Endler se trouer sur le premier corner de la partie en ratant l’interception de la balle pour dégager, qui tombe sur la tête surprise de Damaris et finir par entrer en touchant le dos de la gardienne, tu te dis que le Dieu du Football te propose de faire un exploit en ramenant les deux équipes à égalité (2-2, 5′ csc Endler), si tôt dans le match.

Et il n’y a pas eu besoin d’interroger « google traduction » ou d’utiliser l’IA pour savoir comment remporter cette rencontre. Les anglais connaissent la formule : un maillot, un emblème et du combat.

Surprenant que les lyonnaises n’aient pas senti le danger après le tonnerre européen que Manchester United a fait subir à la section masculine. La réponse est assez claire, l’OL au féminin est âgée.

L’Olympique Lyonnais au féminin est âgée.

Ce n’est pas moi qui le dit, ce sont les anglaises d’Arsenal qui nous l’ont montré.

Dans le onze qui se présente sur le terrain, on trouve une moyenne d’âge de 28 ans, avec trois jeunes Ellie Carpenter (24 ans), Selma Bacha (23 ans) et Melchie Dumornay (21 ans). Les plus actives et les plus rebelles à la « fessée » qui s’est annoncée dès la 63′ (0-4).

Un fighting spirit anglais a donné le troisième but. un cadeau défensif où les lyonnaises laissent passer par trois fois, l’opportunité de récupérer une balle que les anglaises poussent devant en mordant dedans, mettant le score à (0-3, 46′) dès le retour des vestiaires.

Les joueuses lyonnaises ont joué avec leur capital d’expérience. Il suffit d’un but, Il suffit d’une performance pour revenir. Sauf qu’aucune n’avait les moyens de la produire. Cette attente, très longue puisque le seul but lyonnais a été marqué à la 81, leur a coûté le match et la qualification.

D’ailleurs Amel Majri, entrée à la 58′ s’en est vite rendue compte, malgré ses 32 ans. Elle a essayé d’apporter de la vitesse qui manquait incroyablement au jeu lyonnais. Mais ce n’était pas en faisant entrer Maroszan (33 ans) et Eugénie Le Sommer (35 ans) que les choses allaient changer.

Le constat est clair. L’Olympique Lyonnais n’a pas de jeunesse. La faute à la formation et à la stratégie d’achat pour dépeupler le Paris Saint Germain.

Aujourd’hui, elles ont été ridiculisées par de la jeunesse anglaise qui ne voulait pas perdre et n’a pas raté les occasions offertes par l’Olympique Lyonnais.

Arsenal se qualifie pour la première fois depuis 2007, pour la finale de la WCL 2025 face à un adversaire qui peut faire peur, le FC Barcelona.