Après la victoire écrasante d’Arsenal à Lyon, on peut se demander si on n’a pas eu les demi-finales les plus prolifiques à l’extérieur de l’histoire de la Women’s Champions League, soit un (2-8) jamais réalisé pour une finale Arsenal-Barcelone qui se jouera à Lisbonne (Portugal) le 24 mai prochain.
Cinquième finale consécutive pour Barcelone
Autant la supériorité de Barcelone, qui se qualifie pour sa cinquième finale consécutive, n’a pas été une grande surprise, venue avec un (4-1) obtenu en Catalane à l’aller ; autant la fessée reçue par les joueuses de l’Olympique Lyonnais, son staff, ses dirigeants et ses fans a été unique. Jamais, l’OL n’a été sorti d’une compétition avec un tel score subi au Groupama.
Pour Chelsea, l’histoire de la non-qualification en finale est assez logique. Ce qui l’est moins, c’est l’ampleur du score subi à domicile.
Quatre buts encaissés (25′, 41′, 43′, 90′) qui aurait pu être bien plus conséquent pour n’en marquer qu’un seul, en toute fin de rencontre par Kaptein (90’+1) et notamment un (0-3) subi à Stamford Bridge dans le premier acte.
Une chevauchée extraordinaire d’Aitana Bonmati de soixante mètres (0-1, 25′), balle au pied, s’offrant une « pastèque » devant Hannah Hampton, passant le côté droit où Sonia Bompastor avait décidé de donner le couloir défensif à Charles, préférée à Sandy Baltimore placée devant, accompagnée par l’américaine Naomie Girma, arrivée depuis peu et en manque de liaison avec ses coéquipières.
D’autant que dans ce couloir droit se trouvait la barcelonaise Caroline Graham Hansen, seconde au Ballon d’Or 2024. En même temps, la jeune française avait été la seule joueuse à marquer face à Barcelone à l’aller.
Une erreur qui a glacé Stamford Bridge et les joueuses, rendant la rencontre inutile à croire en une potentielle qualification après un (1-5 cumulé) et va certainement donner à la barcelonaise, après un tel but d’initiative individuelle, le prochain Ballon d’Or 2025, en cas de gain de la WCL.
Avec une Macario et Guro Reiten sur le banc, les joueuses sous contrat, l’absence de Sam Kerr et celle de Lauren James sont-elles suffisantes pour constater ce manque d’efficacité offensive. Partant de l’idée qu’il est difficile d’empếcher Barcelone de marquer.
Un ensemble qui montre les limites anglaises face à une équipe barcelonaise qui possède en son sein, une multitude de joueuses pouvant marquer.
Ainsi, Eva Pajor, avant-centre très disponible et vive, passe devant une lourde Millie Bright, pour marquer son sixième but européen (41′, 0-2). La lie sera bue deux minutes plus tard, sur un mouvement construit à gauche qui voit la jeune Claudia Pina (23 ans), dix buts et meilleure buteuse barcelonaise de cette saison en WCL, ouvrir son pied droit et aller chercher une lucarne croisée déposée (43′, 0-3), touchée par le poteau.
(0-3) à l’extérieur. (1-7) sur les deux rencontres et pourtant le public de Stamford Bridge suit et vocifère son enthousiasme. Les anglais sont vraiment à part en matière de football.
Chelsea n’a réussi qu’en toute fin de match à inquiéter Cata Coll, bien partie pour faire la carrière de Sarah Bouhaddi à l’OL. Championne sans avoir de gros arrêts à faire, dans une équipe qui lamine ses adversaires.
Barcelone a de l’avenir avec de jeunes joueuses performantes.
Barcelone se prépare à une cinquième finale et trois titres en proposant, après les soixante minutes, l’entrée de très jeunes joueuses, Salma Paralluelo (21 ans, buteuse à la 90’+1, Espagne), Esmee Brugts (21 ans, Pays-Bas), Jana Fernandez (23 ans, Espagne), Vicky Lopez (18 ans, Espagne).
A noter l’humilité du coach barcelonais, Pere Romeu, qui synthétise sa qualification simplement :
« C’est une bonne chose que d’aller en finale ! » Pere Romeu
Chelsea, malgré ses quarante trois joueuses sous contrat (33 au club, 10 en prêt), doit se poser les bonnes questions. Avec un tel effectif, Sonia Bompastor doit réfléchir à ses erreurs car dans ce match, les joueuses ont été présentes, non pas dans l’élimination face à Barcelona, mais dans son ampleur en cumulé (2-8).
Avec la déroute lyonnaise, l’école lyonnaise (achat de joueuses) est-elle plus la référence du passé que celle de l’avenir ?
William Commegrain Lesfeminines.fr
Photo @uefa