Le Canada, médaillé, Top 10 mondial, sans clubs professionnels de football féminin
Le Canada, aussi large que les USA, n’avait pas de championnat ni de clubs professionnels de football féminin. Elles allaient jouer aux USA. Une rareté parmi le Top 20 mondial.
Une surprise pour un pays qui avait organisé la Coupe du Monde 2015 de football féminin, une équipe championne olympique en 2020 à Tokyo, après avoir récolté deux médailles de bronze aux JO de Londres en 2012 et ceux de Rio (2016) et régulièrement classée dans le Top 10 mondial, allant de la 4e place à la 10e depuis 2016.
Une particularité partagée avec le voisin des USA, le Mexique (29e Fifa) jusqu’en 2017 quand ces derniers ont crée leur premier championnat professionnel, la Liga MX Femenil, laissant les canadiennes, dernières à jouer leur soccer dans la ligue américaine NWSL.
Un Mexique féminin qui a un championnat compétitif (18 clubs), toutes affiliées à un club masculin professionnel sans montée et descente avec deux phases distinctes (Apertura et Clausura) et dont la meilleure audience récente a été une finale de Coupe avec plus de 52.654 spectateurs entre Tigres et Club America. Au plus loin, la finale 1971 entre le Mexique et le Danemark pour une première coupe du monde féminine non officielle a réuni 112.500 spectateurs, à l’Estadio Azteca.
Diane Matheson lance l’idée en 2022
L’ex-internationale Diane Matheson, milieu de terrain bourreau des françaises pour le Bronze 2012 (1-0 à la 91′), pas grande mais animée d’une flamme incroyable, a réussi la performance de transformer un projet « project eight » crée en 2022 avec Christine Sinclair, en réalité à l’aube de ce mois d’avril 2025.
La Super Ligue du Nord en 2025

Partie initialement avec l’idée d’avoir huit équipes et deux ligues, le championnat baptisé Super Ligue Nord a joué ses premiers matches en avril 2025, avec six équipes, encadré d’un plafond salarial 1,500,000 $CAD pour le budget des joueuses et un plancher de rémunération annuel de 50.000 €CAD par joueuse, dont une « joueuse marquée » par club pouvant dépasser les 75.000 $CAD.
Six clubs dont les Roses de Montréal, première à avoir marqué dans l’histoire de la Ligue (2′, Tanya Boychuk). Les autres clubs sont les Rapides d’Otawa, les Tides d’Otawa, les Rises de Vancouver, les wilds de Calgary, et l’AFC de Toronto. Ayant l’obligation de ne pas avoir plus de 8 joueuses étrangères par club parmi un effectif maximum de 25 permettant aux espoirs canadiennes de trouver une place.
Une création à l’avenir radieux ?
Le marché du football féminin suit celui du football masculin, avec quelques années de décalage. A partir du moment où le football ne cesse de croire, à l’image du sport, comme un environnement d’affaires, le succès de la Super Ligue du Nord est acquit.
Son seul risque est d’assurer, continuellement, son équilibre financier. Afin de ne pas subir les affres qu’ont connu les championnats américains dans le passé, avant de trouver le succès actuels en spectateurs, clubs, médias et compétitivité.

Un projet canadien qui a attiré Charlotte Bilbault, 52 sélections en Bleues et deux buts. Partie de Montpellier en difficulté pour s’installer aux Roses de Montréal dont la direction sportive est détenue par Marinette Pichon, diplômée de Limoges, et ex-meilleure buteuse de l’histoire des Bleues (81 buts), dépassée récemment par Eugénie Le Sommer (94 buts).
dépassée récemment par Eugénie Le Sommer.
Le site internet de la Ligue parle d’une valeur commerciale du soccer féminin qui va exploser dans les dix prochaines années avec la réception conjuguée de la Coupe du Monde 2026 avec les USA et le Mexique.
La Ligue a certainement de beaux jours d’autant qu’elle est présidée par Christina Litz, élue par les propriétaires des six clubs. Diane Matheson, porte-parole et ambassadrice, s’occupant de sa croissance au Canada, entourée déjà de médias télévisés et radios (Bell Médias et CBC Radio-Canada).
Seul bémol, comment intégrer des pointures européennes parmi les meilleures de la planète, bien que cela ne soit pas une priorité du projet (limitées en nombre) ?
Il faut qu’elles trouvent une solution à la différence de parité entre le $CAD (0,64€), bien moins fort que l’euro. Un salaire canadien mensuel de 4.200 $CAD correspondant à un revenu de 2.645 €. Au niveau des joueuses moyennes du championnat d’Arkema Première Ligue, éloigné de celui des stars. Le second souci est celui du taux d’imposition. Très élevé au canada à 48%.
William Commegrain Lesfeminines.fr