Le langage corporel face à des athlètes de plus de 2 mètres.
1,68 mètres, femme, arbitre face à des athlètes rugbyman de Pro D2 de 2,05 mètres du deuxième ligne de Montauban Frank Bradshaw ou aux 140 kilos du pilier d’Oyonnax Ali Oz. Qui signe ?
Cela fait plus de dix saisons qu’Aurélie Groizeleau, 36 ans, exploitante agricole a changé la tunique Bleue de l’équipe de France féminine de rugby à XV (cinq sélections) et à 7 (sept sélections) suite à une rupture des ligaments croisés en 2007, pour le sifflet arbitral au rugby.
Aurélie Groizeleau – Construire se reconversion.
De niveau en niveau, de formations en formations, d’entraînement physique quotidien, « un entraînement de muscu, cardio ou PPG (préparation physique générale – NDLR) par jour, selon le programme de matchs. » elle est passée du niveau de Fédérale, puis Nationale et maintenant Pro D2, introduite lors de la session 2021-2022.
Se reconvertir demande un moment crucial qui, d’obstacle, se transforme en opportunité. D’une opportunité, elle en a fait un métier dans l’attente d’une future reconnaissance, en devenant arbitre central d’un match du Top 14. Elle aura jusqu’à 45 ans pour le réussir.
Arbitre, une fonction qui fait découvrir le monde et les gens.
Très investie dans les matches internationaux de rugby féminin, ayant arbitré son 7e tournoi des six nations féminines, arbitre assistante de la finale, opposant les Black Ferns aux Anglaises en 2022, dans un Eden Park d’Aukland (NZ) plein à craquer ! Elle synthétise sa nouvelle fonction avec ces mots positifs : « L’arbitrage. Les sensations qu’il procure sont différentes. Je ne connais plus le goût de la victoire, ni la sensation d’aplatir dans l’en-but, mais je fais de jolies rencontres et vis de belles aventures quand même ! »
Pour preuves, arbitre de touche, lors de la rencontre entre Vannes et Montpellier en Top 14, arbitre central à l’occasion des matchs de Pro D2 entre Montauban et Aix puis Nice et Agen, elle a ensuite rejoint Londres pour un ultime stage de préparation au Tournoi des VI Nations féminines.
Un ensemble de compétences
Anticiper le jeu, être réactif, maîtriser son langage corporel, faire de la gestion de relations humaines auprès des joueurs comme du public : « L’arbitre fait plus que de promener sur le terrain avec son sifflet et ses cartons ». Voilà ce qu’elle communique aux futures arbitres féminines, dans le cadre de son contrat professionnel avec la fédération de rugby.
Au football, nous connaissons Stéphanie Frappart (41 ans), déjà impliquée dans les rencontres nationales masculines et internationales. Au hand-ball, on trouve les sœurs jumelles Charlotte et Julie Bonaventura (39 ans), arbitres internationales dans le milieu masculin et féminin. Au rugby, il faut souhaiter qu’il y ait prochainement Aurélie Groizeleau en Top 14.
William Commegrain Lesfeminines.fr