Les zones mixtes, en football, sont le lieu privilégié du « Tout va bien, c’est trois points de plus ». Que la performance ne soit pas réussie, que le résultat comme le contenu ne soient pas là, et même quand cela gagne, les joueuses ont pris le défaut des joueurs « Tout va bien, fermez le ban ! »

Eloignées de l’émotion ressentie par les observateurs comme par les fans, les joueuses de football vendent à l’excès le verre « à demi-plein » quand les larmes de la déception font le creuset de la fan, encore concentrée sur la performance attendue.

C’est le ressenti que j’ai eu en écoutant Clara Mateo, vendre « on apprend ! » à la journaliste de terrain après le (5-2) réussi par le Real Madrid sur les deux matches et un rouge au retour pour le Paris FC, au bout de cinq minutes de jeu.

Les éliminant de l’Europe, les éloignant du message européen envoyé par Gaetane Thiney, face à une équipe au passé, un peu meilleur mais modeste dans cette compétition. Le Paris FC, après une ancienne demi-finale européenne (2012), a joué l’Europe depuis la saison 2022-2023 sans être ridicule (1er tour, 2e tour, élimination d’Arsenal et de Wolfsburg, 3e de la phase de groupe).

Pour info : Le passé européen du Real Madrid, ci-dessous

2021-2022quart de finale
2022-2023éliminé en phase de groupe (troisième)
2023-2024éliminé en phase de groupe (dernier)
2024-2025quart de finale

Tout cela enclenche un manque de vérité et de justesse qui éloignent chacun et chacune de ce sport. On n’y croit pas quand il faudrait, au contraire, y croire car vrai.

On se doit d’écrire que Sakina Karchaoui, capitaine du Paris SG, a eu des mots vrais pendant le drame européen qu’elles ont vécues. Logées à la 17e place sur 18.

Le biathlon féminin, avec ses cinq médailles féminines, ouvrent un grand bol d’air en zone mixte donnant à chaque téléspectateur, l’impression de vivre les mêmes émotions que les sportives en exercice.

Lou Jeanmonnot, en tête de la Coupe du Monde, pour sa première épreuve (individuel femmes), termine seconde et médaille d’argent, lucide sur sa performance, « Je me sentais bien sur les skis et sur le tir couché, je me permets d’accélérer, même si je fais une faute que je m’explique facilement. » lui retirant l’Or -obtenu par Julia Simon- qui, dans la course, lui était proposé »

Elle va même plus loin en précisant qu’au moment de sa balle ratée, « elle a pensé à l’enjeu et à la médaille qui l’attendait en cas réussite » pour rater sa cible.

Difficile de faire plus clair et plus précis. On rentre dans son intime de sportive de haut niveau.

De la même manière, elle saura être contente de son Bronze du sprint femmes, trois jours plus tard sans oublier de noter ses erreurs de tirs. Que dire dans la poursuite femmes, où elle termine à une 4e place avec plusieurs tirs ratés. Là encore, les mots sont clairs. Elle conforte la vérité de sa performance, en expliquant le souci qu’elle a rencontré.

Camille Bened, première relayeuse du relais féminin qui donnera l’Or, se livre sans souci en disant que, magnifiiez par son premier tour et ses cinq balles réussies (2e au premier tour) lors du relais femmes, elle se rend compte à son deuxième passage de l’enjeu de sa performance, être aux JO, et passe d’un 95% de réussite aux tirs debout en championnat, à 3 pioches (essais supplémentaires) et un tour de pénalité, pour donner le relais à la 16e place, après le second tir debout, à une Lou Jeanmonnot (3e à la fin de son tour) , Océane Michelon et Julia Simon extra-terrestres (1ères tout au long de leur parcours), avec l’Or au bout des skis.

Elle dira clairement « j’ai été pris par l’enjeu ! ». « Je suis celle qui mérite le moins cette médaille d’Or, mais je suis contente de l’avoir.« 

Une vérité partagée par Justine Braisaz-Bouchet qui aurait, d’elle même, refusée de participer au relais féminin compte de sa performance actuelle aux JO, 80e à l’individuel 15 kms, 62e au sprint 7.5 kms et donc non-qualifiée pour la poursuite alors que 8e sur les tablettes mondiales en 2026 et championne olympique 2022 en titre de mass start.

Elles ne sont pas les seules. L’Allemande Franziska Preus, 31 ans, expérimentée, fait plonger le relais féminin allemand et ne se détourne pas devant la presse, même si elle a pris vingt quatre heures pour le digérer : « Ce n’était pas une bonne journée… Surtout en relais, c’est toujours particulièrement difficile. Je suis vraiment désolée pour les trois autres filles et pour toute l’équipe.

L’ambiance n’était donc pas au beau fixe et il faut un peu de temps pour digérer la situation. » « C’est souvent comme un trou noir dès que je monte sur le tapis. Ce n’est évidemment pas agréable et ça fait mal.« 

De la même manière, quand tout est positif, elles savent le dire et le vivre :

Camille Bened « C’est zinzin ce que le biathlon français a fait cette année sur ces Jeux Olympiques. On a à cœur de marquer l’histoire […] On est très très contents d’avoir réussi cette belle performance.

Lou Jeanmonnot : « Une olympiade, une course, une médaille d’or. J’adorerais garder la statistique. »

Julia Simon : « C’est un relais assez émouvant […] Pouvoir faire ça sur une course d’équipe comme ça, avec cette avance‑là, pour pouvoir profiter : c’était incroyable. Les filles m’ont donné vraiment un très beau matelas pour pouvoir profiter »

Honnêtement, quel vent de fraîcheur et de vérités.

Une bonne leçon à prendre pour le football, médiatisé de Septembre à Août avec les compétitions quand le biathlon ne vit qu’en hiver, mais plutôt très bien en audience.

la scène du sport aux JO