Vingt-deux ans sans championne du monde d’athlétisme.

La dernière championne du monde française a été Eunice Barner, d’origine sierra-léonaise, tout juste naturalisée française (février 1999) avec un titre de championne du monde en 1999 à l’heptathlon. Quatre années plus tard, au Stade de France, elle réalise l’exploit de prendre celui de championne du monde 2003 du saut en longueur au 6e et dernier essai avec un saut à 6,99 mètres.

Depuis, au niveau féminin, c’est la disette sur le plan mondial. Les athlètes féminines obtenant des titres européens, et seules places dans le Top huit mondial.

Un braquage qui reste une performance

Cela donne toute la mesure de la performance de Marie-Jules Bonnin, championne du monde en salle à Nankin (Chine), de saut à la perche, avec un saut à 4,75 mètres, en égalant le record de France plein air, de l’habituelle Ninon Chapelle (2018), mais battant son record en salle de deux centimètres (4,73).

« Je n’en reviens pas, je ne réalise pas du tout… “Championne du monde”, je ne vais pas m’y faire, il va falloir qu’on me le répète pendant pas mal de temps », exultait la jeune femme après sa victoire, le drapeau bleu, blanc, rouge enveloppé autour de ses épaules. 

Un titre obtenu au second saut, devant la Slovène Tina Sutej (2e, 4,70 m), et la Suissesse Angelica Moser (3e, 4,70 m). Les trois médaillées olympiques à Paris, l’Australienne Nina Kennedy (Or à 4,90), l’Américaine Katie Moon (Argent à 4,85) et la Canadienne Alysha Newman (Bronze à 4,85), n’étaient pas présentes en Chine.

Nina Kennedy, australienne, médaille d’Or aux Jo de Paris 2024

Un « braquage » sans en être un. La française de 23 ans ayant été régulière au plus haut niveau cet hiver, avec quatre concours à 4,70 m ou plus, des hauteurs qu’elle a commencé à côtoyer dès l’été dernier (4,70 m en juillet 2024).

Sa performance l’aurait fait entrer dans le Top 8 olympique de 2024, à la 6e place.