Que se passe-t-il dans ce championnat féminin 2025, à la sortie de cette dernière fenêtre d’hiver du mercato ?

Un football féminin professionnel, sortie de son enfance et adolescence passionnante (2010-2020) et en train d’ingurgiter les habitudes d’un football professionnel, « métro, boulot, dodo » avec les salaires et fin de mois qui vont avec. Facile pour les cadres des joueuses de l’Olympique Lyonnais, Paris Saint Germain et Paris FC, plus délicat pour les neuf autres clubs et leurs joueuses.

En retard dans la structuration de son marché si on doit le comparer au championnat espagnol par sa convention collective (Liga F), au championnat anglais par le nombre de ses joueuses de haut niveau dans tous les clubs (Barclays FA Women National League), et en fans, médias et structures décisionnelles si on compare avec le championnat américain (National WSL).

L’Olympique Lyonnais serein.

L’Olympique Lyonnais n’a pas recruté, à l’exception d’une joueuse suédoise Elma Junttila Nelhage (BK Häcken/SUE), confiant dans sa capacité à tenir le challenge des play-offs pour obtenir le titre 2025.

L’équipe de Michèle KANG, gérée par Vincent Ponsot, est certaine d’être première équipe française au classement européen avec sept points d’avance sur le Paris FC et huit sur le PSG. Une performance l’éloignant des matches de qualifications pour la saison européenne prochaine pour la qualifier directement en Octobre 2025, et confiant dans son groupe pour des quarts européens qui commenceront en mars prochain, malgré les achats frénétiques de Chelsea de Sonia Bompastor, sa manageuse et ex-lyonnaise, appliquée à installer l’ancienne politique lyonnaise à Londres : prendre le maximum de joueuses pour qu’elles ne soient pas chez les autres, avec 31 joueuses potentielles et … onze joueuses en prêt !

Serein, serein mais pas tant. Quand la nouvelle star défensive américaine, Naomie Girma penche pour Chelsea contre un million d’euros de transfert, l’Olympique Lyonnais annonce l’arrivée de Tarciane la brésilienne, en verve aux JO de Paris, terminée avec une médaille d’argent.

Le Paris Saint Germain prend des joueuses pour l’avenir

La politique parisienne est claire et à l’exception de Mary Earps, meilleur gardienne The Best Fifa, élue en 2023 et 2024, rien ne brille au PSG comme cela pouvait l’être dans le passé. La politique appliquée aux hommes est une stratégie globale, obligeant ou amenant l’équipe dirigeante faite de Sabrina Delannoy, ex-capitaine parisienne et Angelo Castellazzi, à prendre des profils inconnus, issus de formation, comme Merveille Kanjinga (TP Mazembe/RDC).

On peut penser que l’arrivée de Crystal Dunn-Soubrier (Gotham NY NJ/USA), championne du monde 2019 et médaille olympique en 2024, est tout autant due à une proposition financière qui entre dans le budget parisien qu’au fait que son mari, français, lui facilitera l’intégration, bien que la NWSL lui ait reproché d’avoir donné des produits à codeines à certaines joueuses de Thorn en 2023, en tant qu’acteur de l’athlétisation des joueuses.

Avec un jeu proche de celui de Sakina Karchaoui à chercher la percussion balle aux pieds, elle peut apporter l’allant qui permettra au Paris Saint Germain de prendre les petits points qui lui manquent face au Paris FC (-1), notamment lors de leur prochain match retour, prévu le 15 mars 2025.

Paris FC et Dijon parient sur le maintien de leur groupe

Pour Dijon, la question budgétaire semble au coeur de la décision de ne recruter personne comme de conserver tout son effectif. On se rappelle du Président du club bourguignon, Pierre Henri Deballon, s’exprimant dans les colonnes locales pour avertir qu’il allait arrêter sa section féminine professionnelle qui lui coûtait 500.000 €, contraint par un déficit de 7 millions d’euros sur club.

Les bourguignonnes, quatrième du championnat, font une année extraordinaire après une montée récente en Arkema Première Ligue (2018) et un prochain quart de finale en coupe de France face au Paris FC.

Pour le Paris FC, une seconde place inattendue devant le PSG, l’arrivée de la famille Arnault au capital du club, l’espoir d’une performance en championnat avec les play-offs et une Coupe de France sans l’Olympique Lyonnais auraient donné une bonne raison de voir des profils reconnus arriver au stade d’entraînement d’Orly.

La coach Sandrine Soubeyrand, au coeur du projet depuis 2018, a certainement imposé le maintien de son groupe, donnant même des billets de sortie à Julie Dufour pour une découverte des USA (Angel City) et Louna Ribadeira (transférée à Chelsea fin de saison dernières, prêtée au Paris FC par ledit club, réclamée par Chelsea fin janvier …. pour être prêtée dans la foulée par le club anglais … non pas au Paris Saint Germain mais à Everton).

Un beau pari, pas facile, mais qui donnera des lettres d’Or au groupe s’il abouti favorablement.

FC Fleury 91 et le FC Nantes, aux changements les plus importants

Pour des raisons différentes, les deux clubs ont procédé à trois départs (quatre pour Nantes) pour trois arrivées. Le FC Fleury veut certainement revivre cette course au titre 2025 que lui donne le nouveau système des play-offs. Cinquième, elles sont à une portée de Dijon, qu’elles espèrent en surchauffe, et potentiellement en difficulté dans cette seconde partie de saison.

Les arrivées ont de véritables cartes de visite avec Annaïg Butel (Washington Spirit/USA), Hillary Diaz (Inter Milan/ITA, prêt), Zoe Burns (Utah Royals FC/USA) quand les départs n’affaiblissent pas le club.

Pour le FC Nantes, tout juste arrivée cette saison, il s’agit de s’appliquer à s’installer définitivement dans cette division. Pas évident en perdant Kelly Gago, nouvelle internationale. Il faut espérer que les arrivées de Kateryna Boklach (O. Marseille, prêt), Manja Rogan (ŽNK Olimpija Ljubljana/SLN), Samiah Phiri (FC Dallas/USA) le permettront.

Montpellier, Guingamp et Le Havre, Reims, et Saint-Etienne, sans grands changements.

Des clubs qui vont faire avec dans une seconde partie qui détermine le tout. Un pari sans grand pari, du simple fait que les clubs intègrent les conséquences que les résultats sportifs lui donneront.

A noter le départ de Charlotte Bilbault, capitaine ponctuelle de l’équipe de France sous les ordres de Corinne Diacre, avec 52 sélections pour la Nouvelle Ligue du Nord canadienne, aux Roses de Montréal.

Le RC Strasbourg fait la grosse opération

En obtenant le prêt de Liana Joseph (O. Lyonnais), très en verve en U19, accompagnée de Maeline Mendy (O. Lyonnais, prêt), le club strasbourgeois tente de sortir des deux dernières places. Un bon départ, buteuse du seul but face au Paris Saint Germain.

La grosse annonce est le retour en France d’Ève Périsset (Chelsea WFC/ANG), internationale française, latérale droite.

Un ensemble calme pour une fin de championnat qui ne l’est jamais et dont les résultats de la 14e journée montrent que les scores ont appris à être serrés.

C’est la fin des demi-douzaine, courante en cette période d’hiver avec les blessées et les formes athlétiques.