Le Président de la FFF, Philippe Diallo élu récemment après l’affaire Noël Le Graët (janvier 2023), ne peut que comprendre la décision professionnelle d’Hervé Renard, sujette à toutes les critiques. 

Les premiers ne comprennent pas l’abandon du football féminin après un an et quelques mois de contrat, sauf à oublier que ledit contrat se terminait après les JO de Paris. Le sélectionneur actuel a juste mis fin à cette aventure, trouvant qu’elle ne lui convenait plus, en préférant une autre.

Lesdits observateurs critiquent cette décision en oubliant qu’officiellement, Hervé Renard a réduit sa rémunération mensuelle de 90%, passant de 400.000 euros en Arabie Saoudite à 40.000 en France.  Quiconque fait un métier sait qu’à cette hauteur de différence, la continuité est impossible si rien n’est fait pour rapprocher les parties.

A mon sens, rien n’a été possible de faire, les moyens de la FFF ne permettant pas cette liaison financière, bien que j’ai toujours pensé, que le sélectionneur français, avait reçu des compléments mensuels sous d’autres structures. Il y a longtemps que les footballeurs ont accompagné leurs performances, en constituant des personnes morales qui équilibrent leurs patrimoines. Et, il faut être un peu « fou » pour penser qu’un homme lâche un présent en 2023, pour un futur qui lui était inconnu à l’époque, avec une telle différence.  Ou du moins, il faut être « fou » pour penser que cela peut continuer aux mêmes conditions.

L’épisode d’Hervé Renard aura été le maillon médiatique entre Corinne Diacre et le ou la nouvelle sélectionneuse féminine à venir. Les médias -pas si nombreux- sont tombés sous le charme. De son côté, il vend son passage par une finale de la Ligue des Nations face à l’Espagne en sachant que, sur une ligne d’écriture, personne ne se souviendra du contenu, et évalue les chances de faire mieux aux JO de Paris, à peu de réalités.  

Dans la réalité footballistique, comme rien n’ait jamais acquis dans le temps, les dirigeants savent à merveille regarder le verre à demi-plein quand les supporteurs portent leurs regards sur le verre à demi-vide. 

Finalement, dans l’histoire, la FFF se trouve avec un bébé, l’équipe de France féminine -adolescent médiatique- que peu de sélectionneurs du monde masculin ne voudra, hors salaire mensuel. Assez consistant néanmoins pour en faire une place à prendre. L’expérience d’Hervé Renard et sa demande houleuse d’intérim avec l’Arabie Saoudite, comme celle de Corinne Diacre, leur montrant que les filles veulent être aimées plus que tout.  

Le tout, dans un football français qui a laissé sa vraie chance avec l’époque BIni (2013) et qui mettra un certain temps à trouver l’équilibre du professionnalisme accompagné souvent au fait de gagner des sommes déraisonnables pour les meilleures tout en ayant une identité de performances.

Ce qu’elles ont du mal à faire quand en plus, en France, se trouve le « duché lyonnais », l’Olympique Lyonnais. Dans l’impossibilité d’avoir deux phares dans ce monde féminin.

Princesses du football féminin, ayant toujours lutté pour conserver son Royaume (16 titres, 8 ligues des Championnes, 10 titres de Coupe de France) au détriment de celui de la France (avec l’équipe de France) bien que le Duc, Jean-Michel Aulas, ait laissé sa place à une Duchesse, Michelle Kang, pour prendre le Royaume de France, au Comex de la FFF.

Une nouvelle arrivée ayant déposée monnaies espèces sonnantes et trébuchantes pour les finances de l’OL de Textor (une très belle somme), que l’américaine d’origine coréenne, ne voudrait pas qu’elles passent dans la rubrique « immobilisations défectueuses ». 

L’avenir s’annonce incertain et prend déjà la forme des adversaires aux JO, annoncé lors du tirage de cette semaine (20 mars) : la Colombie à l’esprit redoutable avec une pépite Linda Caicedo au Mondial et le plus gros transfert de l’histoire féminine, Mayra Ramirez. Le Canada, championne olympique en titre, adversaire historique (3e face à la France, Londres 2012) difficile des françaises, pour terminer par la Nouvelle-Zélande, toujours présente en tant que première nation Océanique mais jamais qualifiée au second tour des JO, ceinte d’un esprit historique avec sa première victoire au Mondial qu’elle organisait face à la Norvège. 

Un ensemble qui pourrait paraître difficile mais une donnant qualification quasi-certaine pour les quarts de finale puisque, les deux premières des trois groupes passent avec les deux meilleurs troisièmes, le tout pour faire huit équipes.

La bonne chance des françaises serait de faire un carton sur un des trois matches pour s’assurer au moins une place dans les deux meilleurs troisièmes. C’est un des problèmes avec comme candidat, la Nouvelle-Zélande pour la France, quand les deux autres groupes auront un pays africain, plus faciles au combat.

Avec toutes les histoires récentes du football féminin au PSG (Aminata Diallo et Kheira Hamraoui), les dissensions entre Wendie Renard, Marie-Antoinette Katoto, Kadidiatou Diani et leur agent, la sortie de Corinne Diacre et l’entrée affective d’Hervé Renard avec ce que les observatrices médiatrices analysent comme une rupture amoureuse ; l’élimination des Bleues les feraient passer dans l’abîme du bad-business, notamment sans une grande prestation des meilleurs salaires de la D1F à 58.000 euros mensuels (Diani et Katoto), surcotées aux yeux du grand public, puisque n’ayant jamais rien gagné de significatifs, ni avec leurs clubs comme avec l’Equipe de France. 

Un constat véridique dans un univers où les Bleues ont été sur-médiatisées depuis 2015 et l’annonce de l’organisation de la Coupe du Monde 2019 en France, prises comme exemple de l’égalité femme-homme. Elles ont servi de rampes de lancement à beaucoup d’ambitions extérieures féminines sur la base de la sororité qui maintenant, sont installées et se gardent bien de prendre des positions qu’elles savent volontairement exagérées.

Et, la situation actuelle appauvrit les arguments.

A la différence du football masculin où « les intempéries » permettent d’animer des discussions, le football féminin n’en est pas encore à cette identité, que la majorité des fans ne leur donnera, qu’à la condition de la performance, pour une équipe, bien qu’habituée du Top 6 mondial, qui est la seule du Top 10 mondial à n’avoir jamais gagné de titres internationales dans son histoire.

Faute de moteurs et d’essences, une défaillance les renverraient directe « à la cuisine » dans l’esprit de beaucoup de grondeurs.  

Il faut qu’elles fassent vraiment attention.