La Grèce, fête le centenaire des JO en 2004. Les chances de médailles ne sont pas légions.

Sauf qu’à Sydney, en 2000, à la surprise générale, Kostas Kenteris prend la médaille d’Or sur 200M devant Ato Boldon, grandissime favori. L’année suivante, à Edmonton, il confirme avec le titre de Champion du monde de la distance et valide le tout en étant Champion d’Europe, l’année suivante avec un 19’85. Parti de 20’20 en 2000, une belle évolution.

Ekaterini Thanou est une sprinteuse sur 100M. En 2000, à Sydney, elle prend l’argent derrière Marion Jones, américaine, qui a avoué s’être dopée et à qui le CIO lui a retiré ses trois médailles d’Or et deux de bronze gagnées en 2000.

Les grecques ont des yeux d’anges pour leurs deux champions. Médaillables dans le sport roi des JO, l’athlétisme et dans les épreuves reines du sprint ! Homme et femme ..; le choix du Roi dit le dicton.

Accident de moto

Le 12 Août, les informations grecques communiquent une bombe : “Kostas et Ekaterini ont eu un accident de moto et sont à l’hôpital !”

La Grèce a les larmes du désespoir qui se transforme en joie. Les deux athlètes n’ont rien ; ils sortent dans la foulée et se déclarent prêts à participer aux épreuves de sprint prévus du 21 au 25 Août.

Le CIO n’y croît pas. Des rumeurs leur étaient venues aux oreilles. Un contrôle anti-dopage surprise était prévu cette journée. Un troisième alors que les deux athlètes ne s’étaient pas présentés aux deux autres précédents. Juillet à Tel Aviv, Chicago dans la foulée.

Trois contrôles “Noshow” entraînent une règle : suspension pendant deux ans.

Le CIO n’y croit pas.

Une commission se réunit avec Serguei Bubka représentant des athlètes. Le matin de la cérémonie d’ouverture, ils sont exclus des JO.

La Justice prendra la suite, 31 mois de prison seront décidés contre les deux athlètes (10 mai 2011). Condamnation annulée en appel, faute de preuve de la triche (6 septembre 2011).

Le dopage, une réalité

En 2004, 33 athlètes seront contrôlés positifs pendant la compétition. Huit médailles d’Or seront retirées, 2 d’argent, 4 de bronze. A Londres, ils seront 40 pour 15 médailles retirées.

L’haltérophilie (52) et l’Athlétisme (48) sont les deux sports les plus concernés par le dopage. La Russie et les USA forment le Top 2 des pays (58) concernés. On trouve même Monaco au tir en 1976, avec un athlète de 66 ans ! Et un cheval en 2004 à Athènes, au neuroleptique, médaille d’Or retiré à l’irlandais Cian O’Connor. Hommes et femmes sont concernés.

Alex Wilson, pas réglé comme une montre suisse !

Alex Wilson est née Jamaïcain puis s’est fait naturaliser Suisse en 2010. Tout juste trentenaire, si vous cherchez à la “googeliser” sur wikipedia, vous devrez aller chercher à quelques unités du Triangle d’Or que forment les trois premières réponses proposées par le moteur de recherche.

Vous trouverez un joueur de baseball en premier, puis un musicien et enfin la proposition de la fiche suisse du sportif de haut niveau.

Plutôt tonique, il court sur 100M et 200M et fait partie de l’équipe de relais suisse. En 2013, son record est de 10’12” sur 100M. Il faudra quatre ans pour qu’il l’améliore d’un centième, le portant à 10’11” (nouveau record suisse, 2017).

Sur 2018, il obtient la médaille de bronze aux Championnats d’Europe 2018, avec un temps de 20’04”. Un bond en une seule année, puisque son précédent record était de 20″37 en 2017. Récemment en 2019, il améliore encore ses performances avec deux nouveaux records. Le 100 M sera fait en 10’08” et le 200M en 19’98”. Il descend sous la barre mythique des 20′.

C’est un athlète qui s’améliorait difficilement sur une période de quatre ans et qui maintenant, fait des bonds à chaque année, sur les deux distances. Tout cela, à la trentaine.

Tout va bien pour lui. L’Athlète classé 11e mondial au 200 et 76e au 100M, aux alentours de la 272e place mondiale passe inaperçu.

Sauf que juste avant les jeux de Tokyo (18 juillet 2021), il réalise la deuxième meilleure performance mondiale de la saison sur 100M avec un 9’84” (+1.9 vent favorable) et dans la foulée, 19’89” sur 200M, battant le record d’Europe de Jimmy Vicaut (Fr) et du portugais Francis Obikwelu.

Une performance improbable puisque les cinq derniers temps en 2019 de l’athlète étaient de 10’54”, 10’52”, 10’39”, 10’38” (juin 2021). Ce qui signifierait qu’il a mis 10 mètres à ses précédentes prestations en un mois !

La Suisse, la World Athlétics, Alex Wilson, s’est dopé avec un produit nucléaire ? 

Ce qui est bizarre dans cette histoire, c’est que personne ne veut de ce record et de ces deux performances.

L’Athlète s’interroge sur la mesure, la Suisse fait la sourde oreille, jamais très intéressée quand elle entend le bruit de la médiatisation et la World Athletics prend la décision récente de ne pas les valider (22 Juillet 2021)

Voilà un Suisse qui était tranquille et pénard, Roi de Suisse et dont maintenant, on va suspecter toutes les performances.

Le plus grand mal du dopage est là.

Dans la suspicion.

Pour l’athlète, pour les autres athlètes, pour le public et pour les futures pratiquantes et pratiquants qui veulent faire des exploits.

William Commegrain

La suspicion est levée. Il est pris pour dopage après prélèvement récent lors d’un meeting. Vu la performance, il ne faudra pas être surpris des temps aux Jo de Tokyo 2020 !!!