Soyaux Charente signe une nouvelle joueuse, Vanessa Grégoire (24 ans). Pas qualifiée pour le match face à l’OL de cet après-midi, il lui restera 7 journées pour apporter à l’effectif des charentaises.

Elle aura 15 jours pour s’intégrer au jeu avant d’aller affronter le Stade de Reims à l’extérieur, concurrent direct au maintien de Soyaux (-1), actuellement premier non-relégable mais à égalité avec GPSO Issy 92 (10 points) qui vient juste de changer de coach, et dont la priorité est de passer devant les charentaises au classement. L’égalité lui étant défavorable.

Le changement, est-ce une solution ?

Difficile à le dire. Les résultats des deux teams l’indiqueront. L’une a changé de coach ; l’autre, a intégré en urgence une nouvelle joueuse, qui se dit passeuse, plus près d’un “huit” que d’une “dix”. Le HAC, dernière au championnat avait changé plus tôt, lors de le reprise de Janvier. Sans résultat depuis.

Seront-elles les bénéficiaires pour avoir changé plus tôt ? Ce qui serait une sacré performance ayant une fin de calendrier qui leur laisse peu d’espoirs : Fleury, Montpellier, Stade de Reims, Dijon, OL, Paris Saint Germain, Paris FC pour terminer par Soyaux. Trois possibilités néanmoins (Reims, Dijon, Soyaux) à portée soit 9 points dans le meilleur des cas. Un total de 14 points qui demande un exploit pour se situer au niveau du maintien des saisons précédentes ; à moins que le niveau ne descende ou que la Covid bloque tout le monde pour une date à venir.

Trop d’éléments conditionnent la décision. En fait, quand une équipe est en difficulté, ce qu’elle ne veut pas c’est l’immobilisme.

Soyaux sort un chèque et crie sa réalité

La DNCG “amateur” suit les comptes des clubs de D1FArkema depuis cinq-six saisons. Le principe est clair en football : l’argent à dépenser doit être dans les caisses avant la saison ou garantit pendant celle-ci.

Les moyens viennent de la FFF avec la licence club (respect de conditions fixées par la FFF pour la structuration du club) à hauteur de 50.000€. Elle retourne 80.000 € venant du sponsoring de la D1F au nom du chimiste Arkema qui avait été un des sponsors de la Coupe du Monde 2019 en France. Les droits TV de 1.200.000 € versés par Canal+ pour le championnat sont visiblement noyés dans d’autres budgets fédéraux mais, les clubs perçoivent, à partir de cette saison, la part que le football professionnel masculin lui a rétrocédé de ces droits TV : prévu à 6.000.000 €.

Une somme répartie à 85% dans les clubs professionnels masculins ayant une équipe en D1FArkema et 15% pour ceux en ayant une en D2F. Des premiers 85% gérés initialement par l’AFPF, puis repris par la FFF lors d’un Comex, 175.000 € étaient extournés pour les trois clubs amateurs de l’élite : Fleury FC 91, GPSO Issy 92 et Soyaux Charente dans un esprit de solidarité.

En effet, Laurent Nicollin précisait “que c’était de l’argent des professionnels qui revenaient aux clubs professionnels, déjà financeurs en totalité du football féminin” quand les clubs amateurs demandaient une “égalité de traitement” se basant sur les principes réglementaires de la FFF, organisateur du football féminin, qui avait la charge de cette garantie.

Tout s’est terminé par le respect entre les clubs professionnels et amateurs. Chacun défendant son église et conseillant aux clubs amateurs de se retourner devant la FFF pour obtenir la réalité de cette égalité. C’est à dire un chèque complémentaire. So Foot nous dit justement que Soyaux n’a encaissé 230.000 € sur 540.000 de promis. Un complément qui visiblement n’est toujours pas arrivé, malgré une belle lettre de Noël Le Graet précisant que la FFF respecterait ses engagements.

En fait dans le silence des chiffres – ce qu’on peut comprendre – les recettes devant être un peu plus courtes avec la Covid ; la FFF renvoie les Présidents à leur présidence et surtout à leur statut d’associé selon le principe bien clair : l’associé pourvoit aux besoins en fonds propres de sa société.

Soyaux est en SASP depuis peu ; on peut en déduire que son Président et associé, Benoit Letapissier (Bâtiment 10 millions d’euros de CA) a utilisé son chéquier. Fleury Fc 91 a un président, Pascal Bovis, dont la capacité financière est supérieure. Societe.com nous dit qu’il possède 35 mandats et son CA est indiqué, en cumulé, à 136 millions d’euros avec 1.400 salariés selon son site. Ce dernier nous avait confié, au début de cette situation, que le budget de Fleury FC 91 ne tenait pas compte de cet apport inattendu. Enfin, le GPSO Issy 92 est encore dans une forme associative. Ses capacités à engager des sommes supérieures ne peuvent donc venir que de nouveaux sponsoring.

Au bilan, être Président et associé d’un club féminin, c’est comme pour le football masculin : avoir l’envie et la capacité de mettre la main au portefeuille. Et sortir de la D1F, cela oblige de transformer un voilier de croisière en un petit “catamaran”, sauf carnet de chèque.

William Commegrain Lesfeminines.fr

photo ASJ Soyaux

Le programme de Soyaux :

  • Reims
  • Guingamp
  • Paris Saint Germain
  • Bordeaux
  • Fleury
  • Montpellier
  • Hac