Soyaux Charente a connu une année 2020 mouvementée. Au-delà de la Covid-19, le club exclusivement féminin des Charentes, revenu dans l’élite féminine depuis huit saisons a subi, la saison dernière, les premières foudres de l’évolution structurelle du football féminin.

Pris sous l’étau de la DNCG “amateur”, le club que Corinne Diacre a fait remonter en D1F, a été mis sous “encadrement de la masse salariale” dès début 2020 dans le cadre du suivi des engagements pris par les douze clubs français. Juin aura été le grand chambardement structurel avec la création d’une structure juridique SAS, reprenant les droits de l’association. Des promesses pour un nouvel avenir, vite ramenées à la raison des moyens ou des décisions. Les nouvelles têtes du club charentais Joël Cordeau (*), Président et le directeur sportif, Louis Dupeyrat rendent leur tablier le 7 Novembre 2020, démissions et fin de mandat, pour donner les clés à l’actionnaire principal, Benoît LeTapissier, qui se trouve un Directeur sportif.

Tous cela est dans la tête diront certains. Sauf que la tête fait marcher le reste. En matière sportive, les inconnus directionnels sont toujours des causes très sérieuses qui entraînent tout le monde vers le fond.

Le coach Sébastien Joseph, prend la tangente le 31 Octobre 2020. Entre calcul et réalité, celui qui a réussi une bonne performance après s’être formé au football féminin à Rodez (2015-2017), décide de mettre les pieds dans la réalité. Il retourne dans le Sud, rejoindre son épouse et ses enfants, pour s’occuper de la détection et formation dans un district du Sud de la France de la Ligue Méditerranée. Ne quittant pas totalement le football féminin puisqu’il suit la formation créée par Elisabeth Loisel : ce “certificat d’entraîneur de football féminin” que nous avons plébiscité pour ses facilités d’introduction dans la hiérarchise des diplômes du football français. A deux pas, du célèbre et rémunérateur BEPF.

“Encadrement de la masse salariale” ; une décision confirmée auprès de la nouvelle structure en Juin 2020 et renouvelé en décembre de la même année. Avec Issy FF, autre club exclusivement féminin, ce sont les deux seuls clubs de l’élite à recevoir “cette qualification” quasi-médicale.

L’année 2021 commence donc avec une nouvelle stratégie mordante :

Laurent Mortel, nouveau coach fixe des règles. L’arrivée de deux joueuses en manquent de temps de jeu fuitent : Marie-Charlotte Léger (24 ans) internationale A qui a laissé son strapontin en Equipe de France (2015-2018, 9 sélections) et n’est pas arrivé à s’imposer à Montpellier (3 apparitions), connaît son deuxième prêt avec le FC Fleury (2018-2019) deux saisons auparavant. Kelly Gadéa, qui avait fait les bonheurs de Montpellier (Six saisons), excellente sur une saison à l’OM (2017). Lui permettant de prendre un ticket en EDF A (3 sélections), partie ensuite en Espagne (Sevilla FC) sans jouer et maintenant sans club, sont annoncés en Charente.

Des arrivées qui feront des départs. Le coach ne mâche pas ses mots : “le prochain match amical me décidera sur celles qui peuvent rester et celles qui partiront”. D’autant qu’arrive, sous forme de prêt de son concurrent local Bordeaux, Marine Perea, une latérale gauche de 20 ans, internationale U20, pour un prêt de 6 mois.

L’opération maintien des charentaises va-t-réussir ? Nul ne peut le dire, sauf que visiblement, Soyaux Charente montre les dents pour rester en D1FArkema.

William Commegrain Lesfeminines.fr