Marine Haupais 24 ans est ce que l’on peut appeler “une référence” de ce qu’est une joueuse de D1F qui, a fait partie de la D2F féminine pendant plusieurs saisons (2009 à 2012 avec Rouen, Montigny et la Roche sur Yon), puis a évolué pour s’installer comme un pilier de Rodez (2013-2016) en D1F. Et maintenant, sous les couleurs de Montpellier, partir d’un statut amateur pour prendre l’opportunité d’un premier contrat professionnel.

Faîtes vous votre opinion, mais cette fille est carrée comme le demande son poste de défenseur central. Le football est une passion et elle construit sa vie, passée, actuelle et future tout autour.

Aujourd’hui, Samedi, elle va jouer au centre de la défense un match important face à Juvisy. Montpellier est second sans défaite, Juvisy est quatrième avec une défaite. Le résultat de ce soir aura une conséquence quasiment définitive sur le reste de la saison pour les deux équipes.

Arrivée à l’intersaison sous les couleurs montpelliéraines, son bilan est très positif avec quatre matches de joués pour les quatre premières journées. Partie de Rodez, ce n’était pas aussi évident de s’adapter avec une telle première réussite .

Alors qu’est-ce qui fait marcher les filles “normales” de la D1F ?

Marine Haupais : la tête sur les épaules ! 

Lesféminines.fr Marine Haupais, quelle est la raison de ce changement de club ?

Marine Haupais. J’ai changé pour le nouveau challenge sportif. Montpellier joue un rôle plus important. Le projet sportif m’a plu, voilà sur quoi ma réflexion s’est portée.

Lesféminines.fr Vous aviez eu d’autres propositions ? 

Marine Haupais. C’était la seule. 

Lesféminines.fr On est plutôt contente d’être sollicitée ? 

Marine Haupais. C’est agréable d’être contactée par les clubs qui sont plus hauts et qui font partie des trois premiers du championnat. C’est déjà une récompense personnelle après c’est en lien avec la saison que j’ai effectué avec le RAF (5ème du championnat et demi-finale de la Coupe de France).

LF. Quelle est votre ambition ? A 24 ans, vous êtes entre deux âges.

Marine Haupais. Je suis passée à Montpellier pour passer un cap individuel. Augmenter mon niveau de jeu et avoir plus de rigueur. Me consacrer qu’au foot. C’est un rêve qui se réalise et une opportunité qu’il faut saisir donc je la saisis.

Mes ambitions sont d’avoir du temps d jeu à Montpellier. Je ne viens pas à Montpellier pour ne pas jouer de la saison, pour être sur le banc ou ne pas être retenu, mais c’est compliqué. Les places sont chères à Montpellier. Il faut se battre tous les jours et c’est ce que j’essaye de faire pour passer ce cap.

LF. C’est plutôt satisfaisant car vous n’avez raté aucun match

Marine Haupais. Oui pour le début c’est satisfaisant après il ne faut pas oublier la blessure de Linda Sembrant, la capitaine ce qui m’a permis de saisir ma chance. J’ai la possibilité de jouer et de m’exprimer. Je le fais en sachant que la concurrence est rude. Il ne faut pas lâcher en sachant que les saison sont longues. Le coach m’a fait confiance dans les premiers matches, j’essaye de rendre.

Marine Haupais : S’améliorer est la quête de la plupart des joueuses de D1F. 

LF Quand on est de Rodez et qu’on arrive de Montpellier, vous sentez une grosse différence ?

Marine Haupais : Le début a été un peu compliqué, mon adaptation. Les filles m’ont vite mises à l’aise. Là, je passe dans une équipe qui a souvent le ballon alors qu’à Rodez, on défendait beaucoup. Il faut que je me réadapte aux besoins du coach et de l’équipe.

Et personnellement ?

Marine Haupais : Il faut que je bosse encore. j’ai des qualités qui me permettent de m’exprimer mais j’ai encore des lacunes et il faut que je continue à travailler. C’est dur de se juger. Pour l’instant si je suis dans le groupe et que je joue c’est que je démontre certaines qualités que le coach aime et que l’équipe a besoin.

LF S’entraîner avec des filles internationales, cela apporte ? 

Marine Haupais : La qualité de l’entraînement est au-dessus. Le niveau d’entraînement est élevé. Les conditions sont bonnes, cela permet individuellement et collectivement de progresser.C’est très agréable. J’ai plaisir à m’entraîner avec des filles internationales. C’est un tout.

Chaque fille a des choses à apporter et je pense que j’ai aussi des choses à apporter, c’est un échange. Les filles sont très humbles à Montpellier. On apprend en étant au contact de chacune d’entre nous. Qu’elles soient internationales ou non tout le monde a des qualités. 

Marine Haupais : Ne brûlons pas les étapes. respectons notre ambition et on fera les comptes à la fin. 

LF. Comment voyez vous Montpellier en étant à l’intérieur du club ?

Marine Haupais : J’ai toujours pensé que Montpellier était un très bon club et un club formateur aussi. Il y a pas mal de jeunes qui jouent et c’est une confiance, que le coach donne à ces jeunes joueuses, très formatives.

Cela reste un très bon club et une très belle équipe avec de bonnes ambitions et on a la possibilité de faire quelque chose au vue des qualités de toutes.

LF. J’ai tendance à penser que Montpellier peut être second cette année ?

Marine Haupais : Pour le moment, on fera la saison que l’on est capable de faire. On prend tous les matches pour les gagner. On ne calcule pas. Après, il faut rester dans les trois premiers, l’objectif est clair. Si on peut aller chercher plus, on ira chercher plus si on a la possibilité. On verra ce que l’on est capable de faire.

On a des ambitions, il faut les respecter et s’entraîner pour y arriver. Le championnat de la D1 se renforce d’années en années. nous aussi. On va tout donner et on fera les comptes à la fin.

LF A Montpellier, avez-vous été impressionnée par une fille ?

Marine Haupais : Toutes les joueuses ont quelque chose à Montpellier. Je pourrais toutes les citer individuellement. Chacune a des qualités. Certaines ont plus de qualités, d’autres sont jeunes et vont les avoir plus tard. Chacune a quelque chose de particulier.

LF Vous avez mis un but contre Saint-Etienne. Félicitations ! 

Marine Haupais : C’est vrai mais je retiendrais plutôt qu’on en prenne pas même si c’est très agréable d’en marquer et de débloquer une situation comme cela. C’est le boulot des attaquantes. Vous avez fait le cri de guerre : Oui il fallait que je le fasse car j’avais marqué !

Marine Haupais : Face à Juvisy, un match dur mais on est déjà prête dans nos têtes. 

LF Vient Juvisy – Montpellier, qu’en pensez-vous ? 

Marine Haupais : Un très gros match. On s’y prépare depuis Lundi. Un match solide qui est aussi à notre portée. Continuons à faire les choses que l’on fait très bien en ce moment et on va s’appuyer là-dessus et corriger les petits défauts qui n’ont pas été sur les matches précédents. On a à coeur de bien faire ce match et de sortir avec une situation positive.

LF Le dernier match, c’était Juvisy qui avait gagné à Montpellier ?

Marine Haupais : C’est une nouvelle saison. Chaque saison est différente. Chacun s’est renforcé. Un match compliqué et très dur et dans les têtes on est déjà prête d’ailleurs.

Marine Haupais : Mon métier c’est ma passion. J’ai le BEF et je deviendrais coach. 

LF A Rodez, vous étiez amateur. Quelle était votre profession ?

Je travaillais au district Aveyron football. J’étais emploi-avenir. Je m’occupais de développer le football féminin dans le milieu scolaire. J’ai passé mes diplômes d’entraineur, le BEF.

Actuellement, j’ai l’opportunité de me consacrer à ma carrière de joueuse, je le fais. Après, il est évident que je reprendrais mon métier de base qui est d’être entraîneur. Je sais aussi m’adapter à plusieurs situations et je me réorientais à l’issue de la carrière de joueuse dans ce métier car je prenais énormément de plaisirs. J’aimais mon métier.

LF. Nous sommes mercredi et je vois un gamin, un poussin passer devant moi avec chaussures, chaussettes, maillot et sa maman derrière. Le football féminin c’est venu comment ?

C’est mon grand frère qui étais passionné de foot et qui jouait. Je m’y suis mise. J’étais tous le temps avec lui. Dès qu’il y avait un ballon je jouais. La première année quand j’ai dis à mon père que je voulais joueur au foot, il m’a dit ce n’était pas pour les filles. On va attendre un peu. Et puis, il a vu que l’année d’après, je continuais. Alors il m’a inscrit et depuis il a vu que je n’ai jamais décroché du ballon.

Marine Haupais : porter le maillot Bleu, cela vous prend les tripes et le coeur !

2019 ? C’est quoi l’équipe de France pour une passionnée de football ?

J’ai été sélectionnée en B, deux fois. L’équipe de France, c’est dans les têtes de toutes footballeuses qui jouent au haut niveau. Il ne faut pas brûler les étapes. Travailler puis bosser. Si il y a une sélection, je serais la plus heureuse. Si il n’y en a pas, je continuerais à bosser et je garderais tout cela dans un coin de ma tête.

Le fait d’avoir été appelée en B est une immense fierté et une joie. J’espère être encore contacté si le coach a besoin de mes services sur le terrain. Je travaille pour y arriver. Là je suis dans mon club, je travaille pour le club et si jamais je dois être appelé, je répondrais présent.

LF. Quand on est une fille et que l’on est appelé en EDF, qu’on s’aligne devant une tribune d’honneur et qu’il y a la marseillaise ?

Là je pense à ma famille, à mes proches. A toutes les personnes qui m’ont soutenu et je suis fière de les rendre fiers. Je suis contente d’avoir le maillot, de représenter mon pays et la France. C’est une immense fierté de porter ce maillot, les couleurs bleues, blanches et rouges. C’est un truc qui vous prend le coeur et les tripes. Ca vibre.

LF. Vous avez gardé le maillot ?

Mon premier maillot, je l’ai offert à mon père. A mes parents.

Cette fille prend les choses calmement et dans le sens où il faut les prendre. On peut lui faire confiance pour donner ce qu’elle à donner dans un match. C’est sa philosophie de vie. Proche des rugbymans et women. Assez normal quand on vient de Rodez. Tempérament et culture obligent.

William Commegrain lesfeminines.fr