Le parcours des Lionnes indomptables n’ouvrait pas à l’optimisme avant cette 14e édition de la CAN 2026. Eliminées en phase de qualification par l’Algérie, elles devaient regarder la 11e Coupe du Monde 2027 au Brésil au pays et, les plus pessimistes les voyaient disparaître des compétitions internationales avec l’absence aux futurs JO de Los Angeles pour 2028.

Exit Jean-Baptiste Bissek en novembre 2025, limogé par Samuel Eto’o. La nomination de l’ex-gardienne des Lionnes indomptables, Valentine Nguele, n’intervenant qu’en Juin 2026, à un mois du début de la compétition, initialement prévue en janvier-février de la même année.

Au plus haut niveau le 16 Août 2026, après avoir été repéchées en novembre 2025 avec la Côte d’Ivoire, le Mali et l’Egypte, pour faire les 16 lorsque la participation à douze a été décidée. Mais sans détermination spécifique en phase de groupe, puisque vainqueur (2-1) face au Mali avec un pénalty, une seconde victoire (1-0) contre le Ghana sur un autre pénalty pour finir par un difficile (1-1) opposées à la modeste équipe du Cap Vert (1-1).

Rien de transcendant lorsqu’apparait devant elles, les ogres nigérianes, fragiles dans cette compétition mais historiquement très fortes avec dix titres de championnes d’Afrique sur les treize déjà distribués.

Pourtant, au soir du 16 Août 2026, les voilà championnes d’Afrique pour la première fois, devant le talentueux et surprenant Malawi, sur un score net de (3-0) réalisé par un doublé de la joueuse de 23 ans évoluant au Galatasaray, Ngah Manga, lui permettant de postuler au titre de meilleure buteuse de la compétition avec 5 buts.

Une performance inattendue puisque la joueuse était limitée à 3 buts avant la finale dans une équipe « petite buteuse », avec 5 buts au compteur à la veille du gain de son titre. Finissant la compétition à égalité avec celle qui le deviendra, la renommée Temwa Chawinga (Kansas City Current), au même titre que Brenda Benda (Zambie, Orlando Pride) et l’ivoirienne strasbourgeoise de 24 ans, Ines Konan.

Deux buts dans le jeu et deux pénaltys pour 11 cartons jaunes en phase de groupe, qui deviendront dix-sept à la fin de la compétition ! Rien n’indiquait que les Lionnes indomptables allaient terminer « sacrées » même si elles avaient accédé trois fois à la finale dans le passé (2004, 2014, 2016).

Au final, vainqueur facile (3-0) du Malawi redoutable en première mi-temps (20′, 29′, 45+3).

Aujourd’hui, la capitaine de 21 ans Monique Ngock, joueuse de Fleury 91 (France) est nommée « meilleure joueuse de la compétition », sans avoir marqué le moindre but et une seule passe décisive.

La gardienne Michaely Bihina (24 ans), évoluant au Benfica du Cameroun, prend le titre de Meilleure gardienne de la compétition pour avoir stoppé un pénalty et trois tirs au but des marocaines en demi-finale, après avoir dégouté l’habituel titré Nigéria (dix titres sur treize) en quart.

Sa meilleure buteuse, Ngah Manga (Galatasaray, 5 buts) aurait pu être Soulier d’Or de la compétition alors que le Cameroun, avant sa finale, n’avait marqué que cinq buts jusqu’à sa demi contre le Maroc.

Le Cameroun est devenu Championnes d’Afrique en jouant avec une performance défensive (deux buts encaissés seulement dans le tournoi), physique en tutoyant les règles (17 cartons jaunes), sans les dépasser (aucun carton rouge), un esprit de groupe puisque seules trois joueuses ne sont jamais entrées, et concentrées sur les deux gros morceaux que les matches à élimination directe lui proposaient, avec le Nigeria (dix titres sur treize), battues (1-0) et le pays hôte, le Maroc, éliminées en demi-finale aux tirs au but (0-0, 3-1).

La présence de Dimitri Lipoff, ex-adjoint de Farid Benstiti au PSG féminin, sélection Russe, FC Dalian (Chine), dont on connait les vertus défensives aura certainement aidé Valentine Nguele à structurer une priorité défensive, qu’il a pu tester en tant que coach du Maroc U23 et U20 et surtout en Arabie Saoudite avec Al Ahly, à une équipe qui possédait déjà cette culture dans le passé.

La victoire face au talentueux Malawi (12 buts) n’est pas une surprise en soi. Le talent a du mal à exister une compétition entière.

C’est le score qui est surprenant (3-0) face au sœurs Chawinga (9 buts sur les douze), muettes en finale et fragiles défensivement, comme la Côte d’Ivoire (huit buts encaissés) et le Nigéria (six buts dont cinq en phase de groupe), avec ses dix buts encaissés.

Le Cameroun a réalisé, comme on le dit aux familles naissantes avec un fils et une fille, le choix du Roi en prenant le titre 2026 et en se qualifiant pour la Coupe du Monde 2027 alors qu’elles été initialement non-qualifiées dans une CAN à 12.

Les voilà, avec le choix de la Reine, maintenant, Reines d’Afrique pour deux ans.

Devenant, l’équipe africaine la plus expérimentée parmi celles qualifiées pour la Coupe du Monde 2027 au Brésil avec le Malawi, l’Algérie et le Maroc, qui iront défendre les couleurs de la CAN pour la première fois de leur histoire.

Le Ghana et l’Afrique du Sud sont les deux autres équipes qui joueront des play-offs intercontinentaux en décembre 2026.