Lorsque l’attaquante de l’ASFAR, Fatima Tagnout prend la balle à la 118′ pour se présenter devant Michaela, la gardienne qui déjà avait reçu la récompense de la meilleure femme du match en quart de finale (MVP), et alors que le score est de (0-0) dans un stade marocain plein de rouge, on se demande ce qui se passe dans la tête de cette joueuse.

S’imposer à cet exercice alors qu’elle n’a été titulaire qu’une fois sur les cinq rencontres, présentant au final 128′ de jeu pour être entrée dans les trois dernières confrontations (16′, sortie à la 74′ en quart, entrée à la 82′ dans cette demi-finale), sans avoir marqué de buts quand sur le terrain, la défenseure du même club, Ait El Haj, capitaine pendant les deux premières rencontres, exemplaire dans cette CAN avec quatre passes décisives et un pénalty réussi, est encore présente.

Le match se jouera là-dessus.

118′ minute pour un fait historique. Le coach espagnol, ex-coach de la sélection championne du monde, a mal géré la situation.

Michaela arrête le pénalty. Les joueuses iront aux tirs au but. Ait El Haj, pour le Maroc marquera le sien. Chapelle, Atik et Ouzraoui rateront le leur, arrêtés par Michaela, et le Cameroun va en finale quand le Maroc, pays hôte, ne rêvera pas à sa troisième possibilité de gagner le titre (finale perdue en 2022 et 2024), partant vers les vestiaires en pensant quand même à sa qualification au Mondial et à sa prochaine revanche contre l’Algérie dans la petite finale à venir.

Les françaises le savent bien. Quand tu butes alors que tout le monde te voit au-dessus, cela crée une tension avec le public qui finit par un désenchantement dans la répétition.

Trois occasions manquées de suite pour le football féminin marocain. Il faudra être fort au Mondial 2027 pour compenser.

Pour le Cameroun, ce sera sa troisième finale de son histoire, et peut-être son premier titre, mais le Malawi a du talent. C’est le risque camerounais ou sa chance. Le talent a cela de commun avec le parfum, il s’évapore sur la durée.