Un combat de boxe, les allemandes dans les cordes pendant 90′
Avec 78 attaques lyonnaises contre seulement 12 pour Wolfsburg, et 19 corners à 2, les données UEFA dressent un tableau sans ambiguïté : l’OL a transformé ce quart de finale en un combat de boxe à sens unique. C’était le 13ᵉ affrontement entre les deux ex-géants européen depuis l’émergence de Wolfsburg en 2013, mais rarement le rapport de force aura été aussi déséquilibré.
L’expression « attaque-défense » n’a jamais été aussi juste dans un match de Ligue des champions où, normalement, les équipes disposent d’un fond de jeu suffisant pour exister à l’extérieur. Ici, ce n’est pas l’ambiance des 14.083 spectateurs qui a creusé l’écart, mais bien la volonté collective lyonnaise de renverser la courte défaite concédée en Basse-Saxe (1–0).
Un pressing haut et constant
L’OL a imposé un pressing haut et constant, empêchant Wolfsburg de sortir proprement. Le coach allemand avait choisi une relance très basse, cherchant à piquer l’OL en profondeur, sauf que les lyonnaises ne leur ont pas laissé la moindre respiration et on a vu Ada Hegerberg, Kadidiatou Diani et Jule Brand multiplier les courses de harcèlement, suivi de toute l’équipe.
Dans ce contexte, le point central a été la demi-lune allemande. Schrader a eu plusieurs ballons à cet endroit quand, un mouvement à droite a permis à Yohannes, de marquer de cet endroit, assez tôt dans le match (14′, 1-0) pour que les rôles des deux équipes soient clairement établis : Les Lyonnes à presser et les Louves à défendre chaque ballon.
Un scénario qui n’a que très peu changé, tant les rares tentatives de transition de Wolfsburg, notamment via Endermann, ont été éteintes par une Ashley Lawrence bien plus sereine qu’à l’aller.
L’arrêt de Cristiane Endler
Avec une telle détermination des deux côtés, le hold-up allemand aurait été cruel.
C’est ce que tout le monde a pensé quand la capitaine Hulth délivre un superbe ballon de trente mètres à l’entrante (60′), Janou Levels, seule devant la gardienne lyonnaise (78′) alors que le score patinait à (1-0), à égalité sur les deux rencontres, malgré une superbe reprise de volée de Selma Bacha (56′), un magnifique coup franc détourné du bout des gants sur une horizontale de Johannes (86′), deux têtes de Wendie Renard (72′ et 84′).
La main ferme de Christiane Endler, jeune mariée et maman, fera que la tentative cadrée repartit en sens opposé, laissant l’allemande, nez dans l’herbe, revoyant quasiment ce qui aurait dû et pu être un but, quand la chilienne, se releva immédiatement, criant un rugissement de force, devant son exploit qui permettait a Lyon, d’être et de continuer à être dans cette partie, au goût « d’hommes ».
Les prolongations font exploser Wolfsburg
Dans une époque où les critiques d’arbitrage du football féminin sont justifiées, Marta Huerta Da Aza (espagnol) aura réalisé une partie en utilisant une excellente pédagogie bien que certaines décisions des arbitres de touche relèvent du manque de niveau. Le football féminin allant trop vite pour certaines.
Les prolongations se jouent selon le même tempo. Excessif peut-être mais sur la quantité des corners obtenus, deux iront dans les filets allemands. Le premier sur un cafouillage revenant à Dumornay (102′) donnant la respiration qui convient aux fans lyonnais. Le second sur un excellent coup de tête de la néerlandaise Damaris, (105’+2, 3-0) condamnant quasiment les allemandes ou du moins les obligeant à jouer leur football.
Une situation idéale pour Tabitha CHAWINGA, la femme au 75.000 euros mensuel selon l’Equipe, pour marquer le 4e but français (119′, 4-0).
Les notes ?
Impossible de sortir des joueuses lyonnaises de la notion de groupe, car elles ont développé un tel esprit identique que la note de 7 doit être commune.
Je donnerais un 7.5 à Endler, la gardienne. Sans son arrêt, les Lyonnes étaient éliminées. Je mettrais une note de 5,5 au coach. Les lyonnaises ont, de par trop, utilisées la même stratégie. Sans prolongation, comme dans certains matches de coupe, le match se jouait aux tirs au but. 19 corners, 78 attaques lyonnaises et un seul but dans le temps réglementaire. Il fallait proposer autre chose, à un moment.
Le futur pas facile.
La messe est dite, portant Les Lyonnes comme future adversaire d’Arsenal, vainqueur de Chelsea quand le Bayern -vainqueur de Manchester United- s’opposera à Barcelone, autrice d’un (12-2) contre le Real Madrid sur les deux rencontres.
L’Ol représente le passé de la compétition (record de huit titres dont le dernier en 2022). Arsenal (2025) et Barcelone (2021, 2024 et 2024) sont des acteurs du présent quand le Bayern de Munich, multiple championne d’Allemagne, cherche à construire une histoire européenne qui lui échappe depuis 2015.
William Commegrain Lesfeminines.fr
Demi-finales : les 25–26 avril 2026 pour l’aller et les 2–3 mai 2026 pour le retour.
Ligue des Champions – Quart de finale retour
Jeudi 2 avril 2026 – 21h00 (Diffusé sur la Chaîne L’Équipe et Disney+)
OL LYONNES – VfL WOLFSBURG (ALL) : 4-0 a.p. (1-0, 1-0) (Score cumulé : 4-1)
Décines-Charpieu (Groupama Stadium) – 14 083 spectateurs
Temps légèrement couvert (11°C) – Terrain en très bon état
Arbitres : Marta Huerta Da Aza (Espagne) assistée de Guadalupe Porras Ayuso (Espagne) et Eliana Fernández González (Espagne). 4e arbitre : Olatz Rivera Olmedo (Espagne). Arbitres VAR : Valentín Gómez (Espagne) assistée de Judit Romano Garcia (Espagne)
Buts
1-0 Lily YOHANNES 16′
2-0 Melchie DUMORNAY 102′
3-0 Damaris EGURROLA 105+2′
4-0 Tabitha CHAWINGA 119′
Avertissements : Lily Yohannes 59′ pour l’OL Lyonnes ; Jule Brand 61′ pour Wolfsburg
Lyon
1-Christiane Endler ; 12-Ashley Lawrence, 3-Wendie Renard (cap.), 15-Ingrid Engen, 4-Selma Bacha ; 8-Korbin Shrader (25-Inès Benyahia 107′), 10-Lindsey Heaps (13-Damaris Egurrola 82′), 20-Lily Yohannes (6-Melchie Dumornay 69′) ; 11-Kadidiatou Diani (7-Vicki Becho 82′), 14-Ada Hegerberg (9-Marie-Antoinette Katoto 69′), 29-Jule Brand (22-Tabitha Chawinga 69′). Entr.: Jonatan Giraldez
Non utilisées : 16-Féerine Belhadj (G), 5-Elma Junttila Nelhage, 17-Maïssa Fathallah, 18-Alice Sombath, 23-Sofie Svava, 33-Tarciane
Wolfsburg
1-Stina Johannes ; 2-Thea Bjelde (14-Smilla Vallotto 90+5′), 3-Caitlin Dijkstra (24-Joelle Wedemeyer 106′), 16-Camilla Küver, 6-Janina Minge, 39-Sarai Linder ; 18-Justine Kielland (15-Janou Levels 60′), 5-Ella Peddemors (20-Guro Bergsvand 106′) ; 10-Svenja Huth, 25-Vivien Endemann (28-Cora Zicai 79′) ; 9-Lineth Beerensteyn (33-Judit Pujols 119′). Entr.: Stephan Lerch
Non utilisées : 12-Nelly Smolarczyk (G), 21-Martina Tufekovic (G), 4-Sophie Kleinherne, 35-Karla Brinkmann