Le Marathon féminin.
Elles étaient soixante treize à partir pour les 42,195 de l’histoire de l’athlétisme et du courage, dans ce Mondial 2025, sous une chaleur accablante.
Une épreuve qui reste mythique et qui, comme le 10.000 se passe de phase qualificative afin d’assurer des chronos de championne lors de l’épreuve finale.
37% des marathoniennes ont fait leur meilleure performance de la saison
Il faut tout donner en une seule fois. Les marathons n’existent pas dans les compétitions d’athlétisme comme les championnats de France ou d’Europe. Ils sont souvent la seule course d’un événement organisé spécifiquement pour cette course, à l’image du Marathon de Paris, de New York, etc..
Chaque marathon olympique ou mondial a donc un intérêt.
Sur cette course de dimanche dernier, vingt trois concurrentes ont battu leur meilleure performance de la saison. Sur les soixante trois arrivées, cela fait un peu plus du tiers, soit 36,51% des coureuses !
Un chiffre conséquent à comparer avec les courses tactiques des tours de stade.
A mi-mondial d’athlétisme (mercredi soir), Cinq athlètes féminines en 1.500 sur les trois tours, qualification, demi et finale ont battu leur meilleure performance de la saison. Cinq aussi sur le 3000 steeple avec deux courses. Quatre sur le dix mille pour une seule course. Le 5.000 n’étant pas encore couru à l’écriture de l’article.
Le Marathon est l’épreuve reine pour voir les performances individuelles tomber.
Battre un record reste rare.
A l’inverse, si vingt trois concurrentes ont fait leur meilleur temps de la saison, aucune n’a réalisé de record nationaux (17), continentaux (1), aux mondiaux (3) voire de records personnels (29) ou de meilleure performance mondiale (3), comme pour pour les autres épreuves déjà disputées.
Ce qui montre que les records ne tombent pas comme cela, à l’opposé de la leçon de facilité que Armand dit Mondo Duplantis insère dans notre esprit (record du monde à 6,30), avec quatorze records du monde consécutifs battus depuis celui de Février 2020, pris au français Renaud Lavillenie à 6,17.
Le Marathon se gagne à la seconde près !
Le Marathon se gagne à la seconde près. Bizarrerie du sport, maintenant on voit plus de différences entre le ou la 1ère d’un 100, 200 ou 400 mètres que dans l’arrivée pour la gagne d’un Marathon !
Si la médiatisation du sport nous fait découvrir des Trials (Ultra Trial du Mont-Blanc soit l’UTMB) avec 171 kms continus parcourus en montagne (dénivelé supérieur à 10.000 mètres), faisant perdre de l’exploit au Marathon, classée dans l’esprit du public comme acte de courage, la distance des 42,195 kms laisse peu espérer en l’arrivée vécue sur les Marathons actuels : une victoire à la seconde près.
Sur les deux courses de Tokyo, deux petites secondes séparent la nouvelle championne du monde Kenyane Perez Jepchirchir (31 ans), championne olympique à Tokyo en 2020 et recordwoman du monde qui prend le titre mondial 2025 devant Tigst Assefa, l’éthiopienne, seconde à un lacet de chaussures.
Classement Marathon féminin !
- (1) Perez Jepchirchir (KEN), championne du monde 2025 avec un temps de 2h24’43
- (2) Tigst Assefa (ETH), seconde avec un temps de 2h24’45
- (3) Julia Paternain, troisième avec un temps de 2h27’23.
Regardons dans le marathon masculin puisqu’il faut souvent comparer pour donner de la crédibilité.

A Tokyo 2025, l’allemand Amanal PETROS se fait reprendre sur le fil et au centième (2h09’48) par le nouveau champion du monde tanzanien, Alphonce Félix SIMBU, médaille d’Or avec le même temps officiel (2h09’48).
Même temps. Une arrivée au sprint.
Pour finir, dans l’épreuve masculine, aucun record de tombé aussi mais vingt meilleure performance de la saison réalisées sur un total de soixante six athlètes chronométrés (30,33%). Certainement, une spécificité du Marathon.
A quoi sert le sport de haut niveau ? A montrer que les limites humaines sont toujours dépassées.
De plus en plus, l’image de l’arrivée d’une marathonienne, seule et isolée, relève de l’image d’épinal. Tant pour les hommes que pour les femmes.
A quoi sert le sport de haut niveau ? A montrer que les limites humaines se repoussent. Maintenant, la victoire sur 42,195 kms se décide dans les derniers mètres, après plus de 2 heures de course.
Souvenez-vous de la victoire sur 10.000 du français Jimmy Gressier de dimanche. Un sprint à une poitrine de différence, en étant large (28:55,77) de Jimmy Gressier pour sa meilleure performance de la saison, pour (28:55,83) au second, l’éthiopien Kejelcha, soit … 6 centièmes de différence !
WIlliam Commegrain Lesféminines.fr