Auparavant, une histoire répétitive
La 13ᵉ journée de l’Arkema Première Ligue offre une nouvelle lecture d’un championnat longtemps perçu comme déséquilibré. Avec seulement douze équipes, la compétition se divisait traditionnellement en trois blocs bien distincts :
Le haut de tableau se répétait d’années en années et la moindre anicroche, une défaite ou un match nul de l’OL, PSG ou Paris FC, faisait les discussions et anticipations, sachant que les points perdus seraient difficilement rattrapés.

La compétition du championnat se faisait au milieu de tableau, avec une quatrième place transformée en leader du grupetto, que chacun pouvait obtenir, le tout assaisonné avec une lutte sauvage pour le maintien qui se jouait, pour l’avant-dernier, dans les deux dernières journées.
La saison 2017-2018 ayant même été exceptionnelle à cet égard, se terminant avec quatre équipes à vingt deux points (22), de la 7e à 10e place. La descente d’Albi s’étant joué à la dernière journée avec vingt points (20). Marseille avait été condamnée depuis longtemps, éloignée avec 12 points, alors que l’année précédente, les marseillaises, dès leur montée, avait fini à la quatrième place.

Un visage transformé cette saison
Mais cette année, et particulièrement depuis la 13ᵉ journée, le paysage commence à changer.
Le Paris FC, deuxième du championnat après le retrait de neuf points du Paris Saint Germain, a réalisé une série moyenne avec trois nuls (Strasbourg, Paris Saint Germain et Olympique Lyonnais) sur les quatre dernières rencontres et une défaite surprise à domicile, opposée au FC Nantes (1-2).
Un dernier match nul qui est à voir comme une performance, puisque obtenu face à l’Olympique Lyonnais (0-0), parti pour jouer une saison à la mode barcelonaise (douze victoires de rang pour un dernier nul). Des parisiennes étant les seules à signer un clean‑sheet malgré le départ en Angleterre (Brighton) de sa gardienne nigérienne Nnadozie, élue meilleure gardienne 2024. Sa remplaçante, Mylène Chavas, ayant particulièrement réussie son intégration, appelée en Equipe de France.
Donc le Paris FC fait des résultats moyens, se maintient tout juste à la 3e place malgré les neuf points en moins du PSG, à un souffle de ces dernières (-1), Fleury (-2) et Strasbourg (-2).
Des Nantaises, toutes heureuses de leur passer devant (+3 points), avec un parcours fait, soit de victoires (9 ), soit de défaites (4). Peu nombreuses, pour un club monté la saison dernière ! Un résultat faisant qu’elles sont légitimes à penser à l’Europe, réservé aux trois premières du championnat.
Le Paris Saint‑Germain, justement discuté cette saison, avec une 17e place européenne sur 18, un match gagné sur tapis vert face à Lens pour, trois matches perdus sur un autre tapis vert au milieu de la saison (-9). Et pourtant, elles ne se trouvent qu’à quelques unités du Paris FC (-1) !
Se relançant avec quatre victoires sur les six dernières rencontres, pour deux matches nuls dont un contre Montpellier (2-2) qui avait tout d’une défaite. Le but égalisateur de Jackie Groenen à 30 secondes de la fin de rencontre. Bouclant son « rattrapage » par un succès 0‑4 au Havre. Un score large, mais un contenu qui illustre surtout le niveau général actuel de l’Arkema Première Ligue : plus disputé, plus exigeant.
Ce haut de tableau 2026 n’est plus fait de trois équipes mais de six (voir le classement ci-dessous), pour trois places européennes et/ou quatre places pour une course au titre dans un play-off qui a donné, pour les Etats-Unis, le titre à l’équipe arrivée 8e dans la saison régulière !
Un jeu plus athlétique, plus structuré
Pour avoir entrevu le match du Paris SG contre le Havre (0-4), comme de celui face à Montpellier (2-2), il est évident que les données athlétiques des joueuses ont changé.
Autrefois, une joueuse rapide n’avait pas d’opposition directe. Aujourd’hui, les latérales sont formées pour répondre athlétiquement à ces profils. Autrefois, Camille Abily pouvait transformer des coups francs à seize mètres. Désormais, ces zones sont mieux défendues, mieux travaillées, moins sujettes à des occasions. Les coups francs sont tirés de plus loin, et si la différence se fait encore sur la hauteur, elle se jouera bientôt sur le deuxième ballon et sur l’organisation tactique après la frappe.
La stratégie au coeur de la victoire
Pour vaincre et gagner, les niveaux physiques s’étant régulés, il faut être efficace et surtout efficient.
Il faut d’abord s’enthousiasmer pour une percée bien construite, un retour défensif décisif, une combinaison à trois parfaitement exécutée, une passe donnée au bon tempo. Bref, pour un jeu collectif maîtrisé et adapté aux situations.
Ensuite, les occasions devenant plus rares, elles obligent à valider chacune d’entre elles. Il faut fêter la réussite, le but, comme une rareté.
Une finalité qui ne se joue plus sur la différence physique des passeuses. Il faut du jeu collectif pour donner une bonne balle. D’où la difficulté d’une Marie-Antoinette Katoto pour l’OL, ou d’une Merveille Kanjiga pour le PSG à être constante, quand la fluidité d’une Clara Mateo, au Paris FC, lui est plus profitable.
Le football féminin n’est pas devenu moins spectaculaire. Il est devenu plus réfléchi. Plus tactique. Plus homogène. Il faut de la vivacité et de l’efficience.
Et c’est en comprenant cette évolution qu’on peut l’apprécier pleinement.
WIlliam Commegrain Lesfeminines.fr
