L’aventure lyonnaise des Fenottes, un empire à la Jules César
17 titres consécutifs de championnes de France (2006-2024), 10 Coupes de France, 8 trophées européens (2011, 2012, 2013, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2022)… Une domination sans partage, qui a fait de l’OL une référence incontestable du football féminin, au point d’imposer son nom comme une marque.
Mais l’époque dorée semble vaciller. Ce béton armé, vendu par Texor et Jean-Michel Aulas à Michele Kang pour 59 millions d’euros, pourrait bien se révéler poreux, laissant filer l’héritage construit au fil des années. La milliardaire américaine, seule femme à posséder les moyens financiers d’investir entièrement dans le football féminin, se retrouve face à une réalité plus instable qu’elle ne l’imaginait et qu’on lui avait vanté.
Sur la saison 2025, les signes sont inquiétants : pas de Coupe d’Europe, éliminées la quinzaine dernière en demi-finale par Arsenal sur un score très lourd (1-4) après avoir gagné (1-2) à Londres. Pas de Coupe de France, évincées dès les seizièmes par le Stade de Reims (0-0, 10 tab à 9).
La dernière chance se trouve en championnat, face à l’équipe la plus faible des quatre derniers qualifiés et qui lui rend 19 points au classement, 54 buts de marqués en moins pour 17 buts d’encaissés en plus.
Imaginez le tonnerre que serait une qualification dijonnaise, dimanche après-midi, après 17h00 face à de telles statistiques défavorables ! Est-ce possible ?
Wendie Renard, capitaine aux 500 matches lyonnais (seule femme faisant partie du trio lyonnais à un tel niveau de longévité) a lancé un cri d’alerte, trouvant que certaines joueuses de l’OL ne sont pas au niveau de la rigueur demandée. Le coach, Joe Montemurro, australien et voyageur du football (Arsenal et Juventus), éloigné de l’histoire du club, maintient sa position (contrat jusqu’en 2026) quand les médias avertis, l’envoie en Australie, pour la prise en main de la sélection nationale, après rupture contractuelle.
Avec une nouvelle propriétaire, Michele Kang (48% du capital), un prix payé lourd (59 millions d’euros), un des premiers budgets européen, un actionnaire OL masculin en difficulté financière, escomptant sur sa partenaire pour la renflouer financièrement, un coach entre deux avions et des joueuses qui regardent les sollicitations extérieures, l’Olympique Lyonnais féminin prend du poids, ce qui n’est jamais bon quand on parle de sport et supporte mal la comparaison avec la réussite de sa cousine en Angleterre, filiale de la holding NewCo, London City Lionesses (Janice Cayman, Kosovare Asllani, Sofia Jakobsson, Saki Kumaga)) montant en Women’s Super League (1ère division anglaise), et avec le FC Barcelone, finaliste de la Coupe d’Europe, pour un 4e titre en vue.
Pour la belle et énigmatique Michèle, comme toute personne immensément riche, ce n’est pas la dépense qui pose un problème. C’est d’avoir choisi les mauvaises personnes pour porter le projet qui les énervent.
Quand cela va mal un peu partout, c’est que le club est en faiblesse. Si c’est global, c’est que la responsabilité revient au manager. Est-ce une erreur d’avoir pris, en 2023, Vincent Ponsot, ancien dirigeant de l’Ol et homme de mains de Jean Michel Aulas, comme DG ? Est-ce une raison du départ de Sonia Bompastor et Camille Abily à Chelsea cette saison ? L’arrivée de Marie-Antoinette Katoto est-elle une bonne solution, en diminuant encore le PSG, cherchant un monopole dont on sait les inconvénients avant les avantages. Le tout, validant la rumeur du nouveau coach, Jocelyn Prêcheur ?
Les joueuses comme les dirigeants devront apporter une réponse à cette question. La demi-finale face à Dijon, dimanche, 15h00, donnera une première réponse.
Dijon FCO – Habemus Papum si le Dijon FCO passe
Les cloche de Dijon vont sonner aux alentours de 17h00, si le DFCO sort l’Olympique Lyonnais, le prive du seul titre qu’il leur reste pour leur signifier, par lettre recommandée, une saison blanche. Jamais arrivée depuis 2005.
National contre Ligue 1
Face à ces trois clubs de Ligue 1 masculine, avec la montée toute fraîche du Paris FC à ce niveau, il y a le modeste Dijon. Soit la modeste « moutarde de Dijon » qui s’oppose aux « brillants des marques de LVMH » (Paris FC), aux « bourgeois gentilhommes » de Lyon et face à « l’Or noir des Qataris » !
Voyez le débat ! Et même si la moutarde dijonnaise peut s’acheter forte, il faudra qu’elle soit très forte pour prendre le titre 2025 de championne de France. Sans nul doute, les cloches sonneront et le « Habemus Papum » célèbre aura toutes les bonnes raisons de devenir le nouveau slogan de l’Arkema Premiere Ligue.
Dijon, dont l’image populaire est encore un club de Ligue 1 (2016-2021). Pour ceux qui suivent un peu mieux, ils ont pris connaissance de sa descente en Ligue 2, pensant qu’il y est encore. Il faut toucher les fans pour savoir que le club bourguignon est en National depuis 2022, et qu’il y sera encore, 4e actuellement au classement, la saison prochaine.
A l’instar du Paris FC européen, ayant été la seule équipe des seize derniers qualifiés de la WCL à ne pas évoluer en Ligue 1 masculine de son championnat, le Dijon Football de la Côte d’Or, serait le premier club de l’histoire à prendre un titre en étant issu de National.
Structure de National dont le Président, a su utiliser un mégaphone en cours de saison pour dire son désarroi et sa volonté d’arrêter la section féminine lui creusant un déficit de 500.000 €.
Sébastien Joseph, la qualité de la production des coaches en football féminin.
Le DFCO, une section féminine performante, en Arkema Première Ligue depuis 2019, et réalisant une année exceptionnelle, avec néanmoins, dix-neuf points qui les sépare de l’Olympique Lyonnais, pour 52 buts lyonnais marqués en plus et 24 buts encaissés quand l’Ol n’en compte que 7 ! Voilà une demi-finale déséquilibrée sauf que les talents se trouvent partout.
A l’exemple de Melchie Dumornay, seconde meilleure joueuse de la Ligue, joueuse lyonnaise depuis 2023, issue du Stade de Reims. Un club avant-dernier cette saison et condamnée à la descente en 2025, alors qu’elles avaient terminé la saison dernière en 4e place. Ce qui montre bien qu’il y a du talent individuel hors les équipes du trio de tête.
L’inattendu, un mirage ou une réalité ?
La récente élection du Pape Léon XIV est une illustration de ce qui arrive de manière inattendue. Son frère aîné, lâchant, dans une expression de surprise, se souvenant certainement, des tornioles prises ou mises entre frangins : « Mon frère, Pape, je n’y crois pas ! »
Et dans cette équipe dijonnaise, si le talent est à chercher, il se trouve dans l’équipe et la juste compréhension et connaissance de son coach, Sébastien Joseph, des possibilités dijonnaises pour en tirer le maximum, dans un environnement exceptionnellement mouvant et fluctuant.
La solution est simple. Les (0-0) sont à la portée de toutes les équipes de l’Arkema Première Ligue. Et certaines fois, l’OL, malgré toute sa force offensive, n’arrive pas à se mettre en réelle situation de buts, tournant de trop autour du pot.
César contre Rome.
S’il faut rêver, s’il faut donner du sens à ces play-offs construit pour dynamiser les résultats du championnat en retirant à l’OL, la garantie de titres successifs, dix-sept titres étant bien suffisant, DIJON serait la véritable surprise du championnat.
DIJON, championnes de France 2025
Habemus Papam :
“le jeu et la performance”.
William Commegrain Lesfeminines.fr
1/2 finale Play-off : Olympique Lyonnais – Dijon FCO- Dimanche 11 mai – 15h15 sur Canal Plus.