Obligation professionnelle du Paris Saint Germain
Pour le vainqueur de l’édition précédente, vainqueur par quatre fois de l’épreuve (2010, 2018, 2022 et 2024), il y avait une quasi-obligation professionnelle de se retrouver en finale après l’absence de l’Olympique Lyonnais, éliminé en 1/16e par le Stade de Reims (0-0, 10 tab à 9).
D’autant que les titres à prendre sont rares et que la nouvelle formule des play-offs, lancée la saison dernière, n’a pas changé le vainqueur du championnat 2024, avec la victoire passée de l’Olympique Lyonnais (2-1) face au PSG en mai 2024.
L’élimination par Saint-Etienne aurait provoqué un raz de marée dans une équipe qui possède le second budget du championnat, dix fois supérieur à celui stéphanois., 8e actuellement, ayant subi le score le plus élevé des cinq championnats européens par un (11-0) reçu de l’OL.
Saint-Etienne joue crânement sa chance.
Tout cela montre que les “Amazones” ont mis leur coeur sur le Salif Keita en bloquant les initiatives parisiennes qui l’avaient emporté (0-3) lors de l’aller en championnat.
Si l’élimination du PSG aurait obligée Saint-Etienne à espérer le gain du match seulement grâce à l’épreuve des tirs aux buts, elles n’en étaient pas si loin.
Réussissant des sauvetages par Templier leur seconde gardienne, après avoir subi deux transversales de la part des parisiennes (deux superbes tirs de Kanjiga à la 49’, 90+ .), précédés d’un coup franc à la 39’ de Leuchter entrée à la place de Katoto blessée.
Avec une rapide égalisation stéphanoise (72’, 1-1, Stratigakis sur une incompréhension entre Dudek et Kiedrzynek) faisant suite à l’ouverture du score par Korin Albert (0-1, 67’), tout juste entrée (66’).
Elle n’aurait pas été impossible cette épreuve de tirs aux but puisque la Coupe de France féminine n’intègre pas les prolongations habituelles après les 90’, et que les 7′ d’extra-time annoncée par Alexandra Collin étaient déjà écoulées, laissant les deux équipes sur le score de (1-1).
On comprend mieux la colère de Saint-Etienne quand Grace Geyoro, met un terme à cette opportunité, … à la 90’+9’, suivant une maladresse de Leuchter, qui porte le score à (1-2) à l’instant même où quelques secondes plus tard, l’arbitre Alexandra Collin, siffla la fin de rencontre, laissant le temps continuer plus de deux minutes après le terme annoncé.
Le coach stéphanois, Marc-Antoine Brihat s’exprimait après la rencontre : Cette fin de match est frustrante pour nous, on prend ce but après que le temps additionnel soit terminé (ndlr, but inscrit à la 99ème minute pour 7 minutes annoncées) mais je suis satisfait de l’état d’esprit affiché par mon équipe aujourd’hui. Sur le but validé : Sur le but du PSG, la quatrième arbitre m’explique qu’elles (ndlr, les arbitres) ont rajouté deux minutes de plus car notre gardienne reste au sol à un moment donné. Je n’arrive pas à le comprendre, nous sommes déjà à sept minutes données, on en joue deux de plus, je trouve cela énorme.
Fabrice Abriel, sur le site du PSG, commençait son propos ainsi : “Nous sommes très content car l’objectif est atteint. On s’est fait peur, mais nous avons bien réagi …Le but marqué est une action travaillée à l’entraînement”
La colère stéphanoise restait certaine mais le mal était fait.
En même temps, rien d’illogique. Saint-Etienne a joué avec son coeur en espérant les tirs au but comme cela se fait à ce niveau quasi-finale de l’épreuve entre un très gros favori et son challenger. Le Paris Saint Germain a eu la main mise sur le jeu et l’a emporté, grâce à sa rigueur professionnelle, sur un dernier détail.
Le Paris Saint Germain rencontrera, le 3 mai 2024 à Calais, le Paris FC dans un duel francilien pour un cinquième titre parisien quand les joueuses de Sandrine Soubeyrand chercheront à lever une Coupe qu’elles n’ont jamais levé depuis 2005.
Une finale qui se jouera dans la continuité du championnat.
Un premier (0-0) à Charlety en Novembre, le retour à venir semaine prochaine, le 15 mars 2025 qui s’annonce un peu plus chaud entre le 2e, PSG (38) et le 3e, Paris FC (37). Un seul petit point les sépare.
Sandrine Soubeyrand (Paris FC) avait fustigé ses joueuses la saison dernière, trouvant que l’amitié était trop forte entre les joueuses qui se sont toutes connues et suivies dans les différentes Equipes de France.
Avec ces deux enjeux forts, championnat et Coupe de France, il y a fort à parier qu’elle n’aura pas à ressentir la même situation.
Jamais, depuis le début de l’ère qatari (2012), les deux équipes n’ont été aussi proches, l’une et l’autre, dans leurs volontés de réussir leurs objectifs.
Il y aura de base, un favori parisien dans ce derby.
A vous de décider lequel.
William Commegrain Lesfeminines.fr
La rencontre
ASSE 1-2 PSG (Mi-temps 0-0)
ASSE : Templier, Bogi, Mayi Kith, Martinez, Tapia, Champagnac (Ferrière 74’), Bataillard, Stratigakis, Connesson (Pierre-Louis 74’), Caputo, Cambot (Lamontagne 62’)
PSG : Kiedrzynek, Soubrier (Fazer 86’), Dudek, De Almeida (Le Guilly 86’), Echegini (Elimbi 66’), Karchaoui (Albert 66’), Geyoro, Katoto (Leuchter 24’), Groenen, Mbock, Kanjinga
Buts : Albert (67’), Geyoro (99’) pour le PSG ; Stratigakis (72’) pour l’ASSE