Le Paris Fc subit à domicile la même défaite (0-4) que celle du match aller face aux championnes d’Angleterre Chelsea en donnant l’impression que rien n’aurait pu leur permettre de gagner tant les buts encaissés, au fil de la rencontre, rendaient impossible la moindre remontée.

D’autant que les parisiennes, devant plus de 13.274 spectateurs, le record pour le club après la demi-finale en 2012 à Bondoufle, face à l’Olympique Lyonnais (1-6), ont établi le surprenant et triste record de 14 tirs … pour un seul cadré (statistique UEFA).

C’était assez effarant de voir, dans ce domaine, la différence entre les deux clubs. Du côté parisien, des constructions offensives très bien exploitées par Gaétane Thiney, passeuse excellente sur cette rencontre et une dernière passe faite par ses partenaires un peu au hasard, ou un dernier tir qui sortait totalement du cadre, nous faisant croire qu’une onde maléfique protégeait la cage de Musovic, la portière internationale suédoise du club anglais.

Un fois, deux fois, trois fois. Quatorze fois. Une statistique incompréhensible qui collait au score vierge du Paris Fc comme le sparadrap du capitaine Haddock.

Une situation qui aurait pu créer de l’émotion au public venu nombreux si, de l’autre côté, en deux occasions pour trois intrusions, Chelsea n’avait pas éteint le feu avec deux buts concédés par les parisiennes sur des erreurs de placement ou des défaillances de puissance qui ne laissaient aucun doute sur l’issue anglaise de la rencontre.

Un Chelsea sans talent mais avec une efficacité incroyable dont on ne sait si elle le doit à la faiblesse défensive parisienne ou à sa force intérieure, signe alors d’un futur titre de championne d’Europe ?

Que restera-t-il de cette rencontre ? Un souvenir, le souvenir d’une épopée parisienne qui suffit largement aux joueuses de Sandrine Soubeyrand dont on peut imaginer que les quarts de finale leur semblaient hors de portée, d’autant qu’il aurait fallu que le Real Madrid féminin, porteur du célèbre du club masculin, dernière du groupe, réussisse enfin une victoire.

Ce qui ne s’est pas fait, puisqu’elles ont perdu le dernier match de groupe à domicile (0-1) contre Häcken (Suède), qualifiée, signant leur cinquième défaite pour un match nul !

Corboz, au micro de l’UEFA : « We’ve experienced some incredible emotions; it’s been an incredible campaign. We never dreamed of playing such big games, and having such successful results. It’s been a dream, and we’re really sad tonight. »

Gaëtane Thiney, Paris FC captain, speaking to UEFA.com: « We had to score. We made a mistake for the third goal, and we had the chance to score right at the start of the second half. But, nonetheless, we’re so proud. »

Sur le plan du football, on peut être déçu que personne ne se soit mise au niveau des propositions de jeu et de passes de Gaetane Thiney, qui peut-être, a trop pris le jeu à son compte, transformant ses partenaires, devant son talent et son efficacité, « en servantes », incapables de penser qu’elles auraient pu aussi être les stars qui qualifient le Paris FC, avec un dernier geste plus décisif, exclusif et égoïste.

Il fallait aussi de l’expérience et il n’en a pas manqué à la joueuse de 39 ans, quand, à la rentrée sur le terrain pour entamer le second acte, elle avance le pas pour passer au niveau de la coach anglaise, Emma Hayes, au fort caractère et se caler à son pas, pour la devancer, avoir le temps de lui montrer son dos, s’arrêter pour bien marquer sa présence et finir, toutes les deux, entre deux regards, dans le même mouvement, à se claquer la main ! Chacune comprenant et acceptant le message envoyé par l’autre.

Au fil de l’écriture, il a manqué aux joueuses parisiennes cette expérience internationale qui rend les joueuses toujours égoïstes, avec des gestes et décisions inattendues, bien qu’elles s’insèrent dans un groupe homogène et huilé.

Rien qui n’inquiète la Direction aux souliers vernis : contents de l’épopée avec Arsenal, Wolfsburg, Real Madrid et Chelsea comme affiches et un « scénario de film publicitaire » qui a plu à tout Paris.

Sur le plan de la compétition future, la difficulté qui attend le Paris Fc pourrait être délicate : avoir (oui ou non) envie de revenir à ce stade de la compétition l’année prochaine ? Avec quatre points d’avance sur le quatrième, le Stade de Reims, elles ont une marge d’avance mais pas tant, avec une défaite à 0 points pour une victoire à trois alors que ne se sont joués que 12 matches sur 22 d’autant que l’équipe rémoise, éliminée en Coupe de France, n’a plus que ce challenge.

Cela dépendra du niveau de frustration des deux équipes et de leurs envies.

Pour les médias, il n’y en a pas : malgré ce score, les commentaires sont plutôt de glorifier le parcours. Ils n’en attendaient pas plus. C’est peut être, sur le plan sportif, le vrai risque ou le véritable niveau du Paris FC.

Troisième du championnat de France et un peu moins de temps en temps.

Photos @UEFA