D1F Arkema. 4e journée. Dimanche 25-09-2021. 12h45. Camp des Loges. En direct sur Canal+ Sport. Tant du côté du Paris Fc, actuellement 3e du championnat de France que du Paris Saint Germain, second à égalité de points mais devant à la différence de buts, l’adversaire de ce derby parisien représente un obstacle à sa marche en avant.

N’allons pas regarder les résultats de la saison passée et des précédentes, largement en faveur du PSG, pour expliquer ce qui se jouera sur le terrain, demain, 12h45, à l’heure de la sortie des églises et où devrait commencer les premiers bruits des repas familiaux.

Le sport se joue au présent, et le présent actuel entre les deux clubs, cherche sa nouvelle vérité.

Le Paris Fc saura jouer ce match.

Reconnaissons au Paris Fc une qualité qu’elle est quasiment la seule à disposer à ce niveau de la D1F : un groupe très peu modifié depuis deux à trois saisons, entraînant une connaissance précise de l’autre dans sa qualité mais aussi dans sa faiblesse, permettant l’anticipation des passes des unes vers les autres comme l’investissement individuel pour compenser la défaillance qu’on devine à l’avance.

“Une alchimie” disent les coaches.

Une caractéristique que le récent coach du Paris Saint Germain, Didier Ollé Nicolle (60 ans, BEPF) a certainement identifié. Venant du monde masculin (Nîmes, Châteauroux, Clermont, Nice, étranger, équipes nationales africaines, Orléans, etc ..), estampillable “Professeur” comme l’est chaque mandarin dans le monde de la médecine.

C’est à dire quelqu’un qui sait qu’au-delà de la théorie, existe l’humain, pouvant transformer un diagnostic dans la plus mauvaise des directions ou vers la meilleure des réussites.

Sandrine Soubeyrand, Paris Fc, si elle ne possède pas le BEPF qu’elle aurait refusé au moment où l’ouverture s’est faite aux joueurs et joueuses internationales de renom (Zidane, par exemple pour un diplôme en un an), possède un autre bagage. Quatorze saisons continues à l’ex-Juvisy devenu Paris FC en 2017. Recordwoman des sélections françaises, hommes et femmes confondues avec 198 maillots Bleues portés. Joueuse en D1F jusqu’aux abords de la quarantaine. C’est une femme qui, intrinsèquement, aime à s’installer quelque part, acceptant le haut comme le bas.

Sandrine Soubeyrand – crédit l’Equipe.

Elle commence à appliquer son expérience de coach depuis son introduction heureuse au Paris Fc en 2018, sauvant certainement ce club d’une descente à l’échelon inférieur. Aujourd’hui, elle a construit son groupe où émerge une forte cohésion et dont on peut penser que le voyage de Gaëtane Thiney aux USA (prêt de six mois, 35 ans, capitaine et milieu de terrain, internationale), lui a donné une nouvelle liberté, la sortant de ses habitudes.

L’habitude étant certainement la pire des influences environnementales quand tu ne possèdes pas la qualité intrinsèque du talent et de la différence. Les joueuses et le jeu prenant une nouvelle responsabilité, source positive ; aujourd’hui, vive et acérée grâce à un calendrier de trois victoires en trois matches, néanmoins faciles : Guingamp, Fleury, Reims. Huit buts marqués, un seul encaissé.

Les parisiennes “de l’autre club de la capitale”, comme est souvent labellisé le club du Paris FC, sont à la porte des sélections A (Clara Matéo), et B (Greboval, Butel, Soyer, Corboz, Jean-François, Vaysse, Bourdieu, Sarr). Elles naviguent dans cet univers, avec l’espoir et la volonté de s’affirmer plus encore.

Dans le même état d’esprit que sa coach, Sandrine Soubeyrand qui voit dans cette rencontre les premiers fruits d’une longue semaison. Ardéchoise, elle se demande si la floraison 2022 a le goût de la différence, sachant de caractère comme d’expérience que si la structure ne donne rien au présent, elle offre ses fruits “dans le temps”. Trois ans au Paris FC. Est-ce le bon moment ?

Ce match est donc un test comme l’était les matches des Bleues qu’a connu la coach parisienne, quand la France avait une cohésion forte et qu’elle devait jouer l’un des trios mondial (USA, Allemagne, Suède, Japon, etc ..).

Le Paris Fc saura donc jouer ce match.

La position de la coach sur le site internet du Paris Fc : Sandrine Soubeyrand : “Sans complexe contre le PSG” – Paris FC

Le Paris Saint Germain doit être professionnel

Le Paris Saint Germain est plusieurs crans au-dessus en terme d’obligations. On est proche de la formule 1, candidates à tous les rêves et aux portes de toutes les critiques en cas de défaillance. Le très haut niveau sportif, humain et psychologique même s’il n’est que féminin.

Didier Ollé Nicolle a un effectif estampillé international. Précurseur d’un jeu ambitieux en allant chercher très haut les joueuses adverses, pour les bousculer à la faute, récupérer, insister et trouver des mouvements d’horloger à trois ou quatre quand le football féminin n’en présente souvent, que deux joueuses dans l’action.

Didier Ollé Nicolle crédit PSG.

La position du coach parisien sur le match et ses internationales : Féminines : Ollé-Nicolle avant PSG/PFC : «Se remettre dans la même situation que contre Fleury» | CulturePSG

Un titre de championnes de France récent (2021). Une demi-finale européenne serrée (2021) qui, si elle avait été gagné face à Barcelone, lui aurait donné de bonnes chances d’emporter le titre. Des Bleues, actuels (Karchaoui, Geyoro, Diani, Katoto), récents (De Almeida, Cascarino, Khelifi, Baltimore) ou volontairement oubliées (Hamraoui), à chaque coin du terrain. De l’Or olympique canadien avec Lawrence, Labbé, Huitema. Une capitaine allemande (Dabritz) et suisse (Ramona Bachmann), une internationale polonaise Dudek, excellente la saison passée.

Des réservistes qui n’attendent que des titularisations pour poser des problèmes à Diacre.

Le PSG au-dessus du Paris FC, sauf qu’elles n’ont pas la même cohésion.

Les autres savent, techniquement et affectivement ce qui va se passer sur le terrain pour leurs coéquipières. Les professionnelles du Paris SG n’ont pas assez de jeux ensemble pour le garantir.

Elles sont encore en découverte de chacune d’entre elles pour certaines.

Le coach a changé durant l’été. Il est arrivé tard. Ses principes de jeu sont nouveaux. Des joueuses essentielles parisiennes sont allées ailleurs. Une grande partie de l’axe central avec Endler la gardienne, Paredes, la capitaine. La quinzaine internationale a fait voyager dans toutes les directions une partie du groupe du PSG. Certaines ont beaucoup joué, ce qui n’a pas été le cas au Paris FC. Stéphanie Labbé, arrivée tard, gardienne internationale canadienne, jouera seulement son second match avec ses partenaires.

Seul le niveau d’exigences des joueuses, pourra leur garantir d’avoir la main sur l’animation du jeu, qui pourrait leur demander autre chose qu’un duo pour faire la différence. Mais une dynamique plus consistance avec des mouvements à trois ou quatre joueuses qu’elles avaient excellement réussies contre Fleury (5-0).

L’animation réussie sera la force du Paris SG. Elle exigera concentration, rapidité, exigence et finalité.

Des messages réservées aux professionnelles. L’élite mentale et physique de ce sport.

Professionnel et semi-professionnel. What’else ?

La cohésion sera plus forte du côté “du second club de la capitale”. Il reste à savoir si elle portera le jeu du Paris Fc a un niveau supérieur au monde professionnel du Paris Saint Germain.

Il y a donc dans cette rencontre la question de la confrontation entre le meilleur niveau professionnel et le meilleur niveau semi-professionnel, puisque les filles du Paris Fc ont une autre activité que celle de s’investir exclusivement dans du football.

J’ai écrit que l’animation sera la force du jeu du PSG. Elle n’a en plus d’intérêt que si elle s’associe avec l’efficacité offensive.

La récente déconvenue des Bleues face à la Slovénie est un indicateur. La France a dominé. Le score (3 buts) a été bien loin de ses actions offensives, trop nombreuses peut-être. L’équipe de l’Est européen a failli, à la minute près (pénalty à la 94′ d’Amel Majri pour un 2-3), sortir avec un match nul (2-2), pourtant classée 49e FIFA, face aux Bleues de Corinne Diacre, intégralement professionnelles, classées 4e mondial. Bousculées dans la cohésion et l’envie d’une perfection et d’une performance face à plus fort. Des slovènes qui auraient pu même remporter cette rencontre.

Dimanche, les deux équipes ont donc un bel obstacle.

Doivent-elles regarder plus haut et suivre l’Olympique Lyonnais, pour l’instant impérial (4-0 face à Guingamp en ouverture de la journée), OU porter leurs regards plus bas. Vers une 3e place européenne, synonyme de combat ?

William Commegrain Lesfeminines.

4e journée :

  • Guingamp EA (4-0) Olympique Lyonnais.
  • Fleury – Soyaux
  • Reims – Montpellier
  • Dijon – Saint Etienne
  • Issy – Bordeaux
  • Paris SG – Paris FC

Classement