@credit Manchester City FC. Interview Lundi 24 Août 2020. Karima Benameur Taïb, 31 ans, gardienne de but à Manchester City, à la recherche d’une autre et nouvelle performance.

27 Août 2020

Auteur : William Commegrain

Karima Benameur Taieb, a 31 ans vit un nouveau départ à Manchester City. Peut-être le futur Top européen avec l’incorporation du Ballon de Bronze du Mondial 2019, Rose Lavelle et celui de sa compatriote, Sam Mewis. Un groupe étoffé à la base, concurrentiel ensuite, mais pas loin de l’Or si on y intègre les deux ex-lyonnaises de retour dans la mère patrie pour la saison à venir : Lucy Bronze, Ballon d’Argent du Mondial et Alex Greenwood.

A 31 ans, Karima, tu peux regarder derrière et faire un premier bilan. Quel est-il ?

Je suis contente d’avoir vu le changement du football féminin en France. On est sous contrat et on a les moyens d’évoluer individuellement dans des clubs avec des infrastructures.

De mon côté, après Clairefontaine (CNFE), j’ai suivi un parcours en évolution allant de Rodez, PSG, Juvisy, Paris FC et maintenant Manchester City. J’adore ces challenges et j’en suis très fière.

On parle de plus en plus de l’Angleterre comme d’un Eldorado sportif. Qu’en est-il à Manchester City ?

 Le club a de très belles infrastructures. Je n’ai jamais été dans d’aussi bonnes conditions pour travailler. A Manchester City, j’ai le sentiment de vivre un nouveau départ. Le club m’a apporté énormément physiquement, en stretching, mobilité, gym et mentalement. Plus de sérénité, de confiance, d’être apaisée. Pas de stress, juste focus sur soi. Se faire confiance.

 Le poste de gardienne est un de celui qui a le plus évolué. Quel est ton opinion ?

Je trouve cela hyper intéressant. La gardienne de but prend part entièrement au jeu, au match. Elle doit être présente avec son jeu au pied, son placement. Le style de jeu de City fait appel énormément au jeu eu pied de la gardienne. On doit être prête à tout moment et cela nous amène à nous concentrer tout le temps.

Tactiquement, c’est très enrichissant.

Comment se passe le travail spécifique des gardiennes à City ?

Le coach gardien, Chris,  nous demande des choses spécifiques qu’on essaie de mettre en place à l’entraînement avec un seul objectif : être focus sur ce que le coach nous demande. Je travaille avec Elly et Karen, qui sont deux très grandes gardiennes, avec la volonté de se pousser collectivement vers le haut. J’ai le sentiment de trouver l’exigence du haut niveau à chaque entraînement avec un objectif à tenir : être prête quand le coach fera appel à nous.

Quel a été l’apport que tu as ressenti sur cette manière de travailler ?

J’ai gagné en sérénité et confiance. En France, à l’entraînement, on reste focus sur l’erreur qu’on a faite. Sur la chose négative alors qu’ici, ce n’est pas du tout ainsi. Tu rates une passe, tu switches et la prochaine sera la bonne. Ils te poussent à être meilleure pour réussir la fois d’après.

Cette mentalité m’a fait beaucoup de bien. Tout le monde pousse vers le haut et se donne des armes pour être meilleures. Individuellement et collectivement.

Ici, je travaille beaucoup la mobilité, le stretching, la gym. Ils nous demandent aussi de prendre soin de notre corps. D’être très à son écoute. Ils sont très attentif au corps et à l’esprit. C’est quelque chose que j’ai appris ici et qui est très important pour être performante.

Karima Benameur avec Marie-Laure Delie au Paris Saint Germain

Photographie @Massardi

Te sens-tu meilleure qu’auparavant ?

 Dans le but, dans le jeu au pied. Mentalement. En France, j’avais du mal avec les critiques négatives. Aujourd’hui, je suis positive avec moi-même. J’ai pris de la sérénité, de la confiance. Tout en ayant la volonté d’apporter aux autres. De faire de belles choses individuellement mais aussi d’apporter aux autres.

Les joueuses tirent rarement en dehors de la surface. Faîtes vous un travail particulier dans ce domaine.

Les filles en Angleterre tentent de loin. C’est intéressant pour apprendre à aller chercher un ballon, un peu plus loin, un peu plus haut. En France, je poussais pas assez loin. A City, le coach gardien nous fait travailler l’exercice. Il frappe de loin et nous demande de pousser énormément pour aller chercher les ballons.

Tu as souvent été N°2 ou N°3 en Equipe de France. Quelles qualités faut-il pour remplir ce rôle ?

Exact, c’est un rôle qui n’est pas facile. L’objectif est de travailler avec une bonne mentalité. On doit faire son entraînement du mieux possible car c’est comme cela que l’on pousse la numéro 1. Mais il fait aussi penser à soi. Ne pas s’avouer vaincu. Montrer au coach de belles choses pour lui faire dire que -moi aussi- je peux atteindre ce niveau. Il n’y a pas que la numéro 1.

C’est un challenge. Il ne faut pas rester N°2 ou 3. Il faut vouloir être N°1, travailler pour cela et montrer les choses pour atteindre ce poste là.

 Le poste de gardienne est à part. Lorsque la numéro 1 fait un bon travail, c’est qu’elle a été aussi poussée par les deux autres. Il y a une forme de travail de groupe.

Je suis totalement d’accord. J’ai travaillé avec des gardiennes qui n’avaient pas la bonne mentalité et ne me donnaient pas de bons ballons à travailler. A City, les objectifs sont très hauts. Je sais que c’est hyper important. Je vais faire en sorte de les mettre dans les meilleures conditions possibles. Après le coach décidera mais l’esprit collectif est un des éléments de choix des titulaires.

Karima, N°1 à City et en Equipe de France , c’est un rêve ou un travail ?

 Je travaille pour. Je reste focus sur mes objectifs. On a un nouveau coach, un nouveau projet et je vais travailler pour apporter le meilleur de mon côté. Pour l’Equipe de France, j’y étais juste avant la Coupe du Monde. Je n’ai plus été appelée après. C’est un choix. Si je suis au haut niveau, c’est pour travailler à être meilleure, physiquement et mentalement. En foot, les choses vont vite, on verra comment cela se passera.

“Karima Benameur Taieb, 31 ans, gardienne de but à Manchester City.”

City semble avoir des objectifs de très grande envergure. Qu’en est-il ?

On travaille pour avoir le titre. Pour être prête pour challenger Chelsea contre qui ont a fait 3-3 en début de saison. On a fini très près avant l’arrêt du championnat. Le club met en place une équipe pour qu’on challenge non pas seulement Chelsea mais aussi Arsenal, Manchester United, Everton. Tout le championnat est intéressant. Aucun match du week-end n’est facile. Il faut être focus à chaque opposition.

Samedi, vous avez une grande rencontre face à Chelsea à Wembley pour la FA Community Shield?

Ce sera notre premier gros match. Wembley, c’est magique même sans public. Elles joueront avant le Arsenal-Liverpool masculin, à 12h30 BST. City comme vainqueur de la FA Cup et Chelsea comme celui du championnat, la FAWSL.

Karima, aurais-tu un message à passer aux jeunes joueuses qui arrivent sur le haut niveau ?

Il faut savoir être patiente dans le football et toujours garder du plaisir au jeu tout en ayant un regard très exigeant sur soi.

Pour terminer Karima, j’ai vu que tu voulais mettre le nom de Taieb sur ton maillot.

Je vais l’annoncer sur les réseaux sociaux. J’ai préparé un texte que je vais éditer dans peu de temps. J’ai envie de mettre le nom de ma mère et je vais l’expliquer.

A 31 ans, karima Taieb vit une nouvelle vie en Angleterre. Un nouveau lieu, de nouvelles règles, une autre culture associés à la maturité la rend plus sereine tout en étant, avec City, dans l’exigence du très haut niveau.

Gardienne de but, de Rodez au PSG, équipe de France, Manchester City maintenant. Un parcours en évolution. Et si c’était une autre Karima ?

D’après les rumeurs, Philippe Bergerôo, sélectionneur de l’Equipe de France, disait d’elle, qu’elle était la meilleure gardienne en France. C’était en 2014.

William Commegrain Lesfeminines.fr. Interview Lundi 24 Août 2020. Publié 27 Août.

 

 

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