From Sicilia. Dimanche 6 Août, 17 heures. En direct sur France TV et Eurosport. ET SI LA JOIE ETAIT DANOISE ? Tout laisse à penser que les Pays-Bas (12è FIFA) vont l’emporter face au Danemark qui n’ont encaissé qu’un seul but de la compétition (Wullaert, Belgique) sur une erreur de la gardienne pour en avoir marqué neuf. Une belle série de sept victoires consécutives avec une année 2017 de treize victoires pour 3 défaites (Australie, France et Japon). Toujours mieux classés qu’elle, au classement FIFA.

Le Danemark (15è FIFA) a tout fait au mental dans cette compétition. Entrée dans l’Euro avec deux défaites sur les deux matches préparatoires, un bilan mitigé en 2017 (4 victoires, 3 défaites, 1 nul) avant les Pays-Bas qu’elles ont transformé à la volonté, en bilan de qualité (9 victoires, 3 défaites et 1 nul) qui pourrait se terminer en apothéose si elles prenaient le premier titre de leur Histoire. Mettant pour la première fois, le pied sur les marches de la reconnaissance dans cette trilogie Nordique du Dieu Thor, réservées aux suédoises (argent mondial en 2003, Argent Olympique en 2016, 1 titre européen) et norvégiennes (Titres mondial, olympique et européen dans les années 90 à 2000) et qui lui sont, pour l’instant, interdites.

La finale de l’Euro 2017 sera serrée entre les Pays-Bas, favori puisque pays hôte et ayant produit le football le plus spectaculaire de la compétition opposé au Danemark qui a présenté les valeurs de compétition les plus intéressantes de l’Euro 2017.

La combativité danoise sort la Norvège (2 titres) et l’Allemagne (8 titres) du tournoi.

Le Danemark se bat pour s’imposer face à la Belgique. Le Danemark qui a terminé second du Groupe A, déjà noté dès le début de l’Euro comme le plus relevé de la compétition, a toujours dû se battre pour arriver à se stade de la compétition. Lors de son premier match contre la Belgique, Nils Nielsen avait commenté la victoire en reconnaissant : “En deuxième période, la Belgique nous a posé des problèmes. C’est une très bonne équipe et joue toujours mieux en fin de match. Mais mes joueuses se sont battues pour gagner et j’en suis satisfait.” Les danoises avaient marqué dès la 6è par Sanné Troelsgaard, pour ensuite se battre et préserver ce maigre avantage face aux coéquipières de Janice Cayman. Rien de transcendant comparé à l’excellent match des Pays-Bas contre la Norvège, basé sur un jeu flamboyant et percutant.

Pernille Harder, remonte le mental danois malgré la défaite face aux Pays-Bas. La seconde rencontre contre les Pays-Bas, perdue (1-0) avaient montré toutes les qualités danoises. Une première mi-temps où les Pays-Bas donnent la sensation de pouvoir remporter lourdement la rencontre, puis une seconde période où le mental de Pernille Harder (24 ans, Vfl Wolfsburg), sa capitaine, renverse totalement la situation pour que les danoises produisent pas moins de six occasions franches, sauvées par la gardienne néerlandaise d’Arsenal Van Veenendaal devant Troelsgaard quatre fois. Les Pays-Bas avaient remporté sur le fil et quelques gouttes de sueur, cette rencontre, avec un simple pénalty de Spitse (20′).

“Les Néerlandaises ont très bien joué en première période, elles ont mis beaucoup de pression sur nous. Nous avons pu apporter des changements en deuxième et nous avons eu des occasions, mais la gardienne était dans un très bon soir et a réalisé des arrêts splendides. Je suis content que l’équipe locale ait gagné car elles doivent aller loin, comme nous. Nous devrons battre la Norvège et là, je serai très content. La façon dont les Néerlandaises ont joué fait partie de leur culture foot. Elles jouent de la même manière que les hommes et j’aime voir ce genre de jeu.”

Austria's forward Sarah Zadrazil (R) pulls the jersey of Denmark's forward Pernille Harder (L) during the UEFA Womens Euro 2017 football tournament semi-final match between Denmark and Austria at the Rat Verlegh Stadium, in Breda, on August 3, 2017. / AFP PHOTO / Tobias SCHWARZ (Photo credit should read TOBIAS SCHWARZ/AFP/Getty Images)

LA DETERMINATION DE PERNILLE HARDER (DANEMARK). Austria’s forward Sarah Zadrazil (R) pulls the jersey of Denmark’s forward Pernille Harder (L) during the UEFA Womens Euro 2017 football tournament semi-final match between Denmark and Austria at the Rat Verlegh Stadium, in Breda, on August 3, 2017. / AFP PHOTO / Tobias SCHWARZ (Photo credit should read TOBIAS SCHWARZ/AFP/Getty Images)

Face à la Norvège, le Danemark sort vainqueur de ce combat entre deux soeurs. La troisième rencontre, décisive, opposait le Danemark à la Norvège qui se connaissent sur le bout des doigts. Dès les premières minutes, les norvégiennes d’Ada Hegerberg et de Caroline Graham Hansen sont prises à la gorge par une Pernille Harder, feu follet de tous les diables, prenant la ballon aux quarante mètres pour le porter, cheveux au vent, diablotin de tous les instants, dans les vingt mètres norvégien et créer toutes les situations dangereuses de ce match.

Là encore, c’est à la 5′ que Veje, la future montpelliéraine marquera sur une passe décisive de Pernille Harder et le Danemark tiendra toute la rencontre sur ce score, éliminant pour la première fois de leur histoire la Norvège (double vainqueur de l’Euro et finaliste 2013), lors d’une phase de groupe de l’Euro et se “vengeant” de l’élimination en demi-finale lors de la dernière édition, sur les tirs au but.

Nils Nielsen, au micro de l’UEFA : “C’était vraiment difficile. On a pris la première période à notre compte alors qu’en deuxième, la Norvège a très bien joué, mais n’a pas réussi à marquer. Je savais très bien ce qu’il se passait dans l’autre match, mais je n’ai jamais été inquiet. Je pense qu’on devait se battre jusqu’au bout car je savais que les Pays-Bas n’allaient pas perdre leur match. On va devoir lutter et faire de notre mieux en quarts de finale. Quel que soit l’adversaire, on ne va pas faire tapisserie. On avait besoin d’un peu de chance aujourd’hui, mais je suis sûr qu’on n’a pas usé de toute notre chance aujourd’hui.”

L’exploit face à l’Allemagne en quart de finale (1-2). Nous sommes en quart de finale et peu de monde donne une chance aux danoises (à part nous) face à la Mannschaft de Steffi Jones qui est plus impressionnante par son palmarès que par son jeu dans cet Euro (1 N, 2V). Les faits leur donnent raison avec une ouverture du score dès la 3′ par la latérale I. Kerschowski, sur un tir hors de la surface mal capté par Petersen, la gardienne danoise. La première mi-temps leur donne toujours raison, puisque les deux équipes reviennent au vestiaire sur le même score sans que le Danemark ait touché le ballon de manière significative. L’Allemagne joue à l’Espagne avec une possession, mais là stérile. Ce fut l’erreur allemande. Le Danemark restait à portée du tempérament volcanique de Pernille Harder.

La combativité danoise leur donnera tort en seconde mi-temps avec un premier but de Nadim (49′), la plus célèbre réfugiée afghane du monde maintenant, sur une volonté offensive de la défenseure centrale, récupérant une balle dans les pieds de Dzsenifer Marozsan, au nez et à la barbe de Kerschowski, pour centrer au deuxième poteau et voir la future médecin Nadim, s’élever dans les airs et faire une envolée de MMA sur Blässe, pour égaliser !

Le reste de la seconde mi-temps ne sera que frayeur pour les supporters de la Mannschaft, nombreux devant leur écran (plus de 5 millions sur une population supérieur à 90) et se rendre compte que c’est à l’Allemagne de subir les intentions danoises de Pernille Harder, la joueuse de Wolfsburg, survoltée de jouer contre ses coéquipières de Bundesliga.

L’Allemagne craquera sur une force tactique danoise, avec un coup de tête d’avant-centre de l’expérimentée latérale droite (31 ans), Nielsen, venue là, avec un esprit de 20 ans, pour éliminer la redoutable Allemagne et réaliser leur première victoire face à la Mannschaft. Joueuse du match, elle aura ses mots qui sont ceux qui permettent de gagner en compétition quand les équipes sont si proches. “Je suis tellement heureuse qu’on ait battu l’Allemagne. C’est incroyable. Tout le monde rêve de marquer, mais le faire, c’est autre chose ! Pourquoi pas aujourd’hui ?”

La demi-finale contre l’Autriche (0-0, 3 tab à 0) sera un combat mental avec quatre pénalties arrêtés. Pour une fois, les danoises (15è FIFA) sont favorites face à l’Autriche(24è FIFA) qui tient ses matches à la défense et au mental. L’équipe de Nils Nielsen ne possède pas les joueuses pour se garantir une maitrise du jeu et un succès dans une compétition officielle quand l’adversaire ne pense qu’à s’opposer et jouer au mieux, chaque opportunité qui se présente.

Le match se terminera sur un (0-0), après une prolongation rituelle de 30 minutes où les vingt deux joueuses n’en peuvent plus. La solution viendra de Petersen, la gardienne danoise, qui deviendra l’héroïne de la rencontre avec trois tirs au but arrêtés et un pénalty dans le jeu (12′) envoyé dans les nuages par une autrichienne ! Elle qualifie, à elle seule, le Danemark pour la première finale de son Histoire, elle qui avait déjà buté cinq fois en demi-finale !

Il y a de l’extraordinaire dans le parcours danois.

Tout s’est fait au mental. Si les danoises arrivent à récupérer physiquement pour lutter contre la vague des Pays-bas qui a le jeu pour “marcher sur l’eau” portée par un stade qui sera aux couleurs de l’Oranje, je pense que le Danemark finira vainqueur de cet Euro si plusieurs conditions sont réunies :

  • Une Pernille Harder présente dans son jeu de percussion balle au pieds,
  • Une meilleure Veje qui fasse monter les larmes à Jean-Louis Saez, son futur coach de Montpellier, en prévision de son parcours européen à venir,
  • Une Troelsgaard qui fasse oublier son physique pour mettre les occasions qu’elle a, avec un esprit revanche de l’Euro 2013 qu’elle n’a pas pu jouer,
  • Une gardienne Peterson qui sorte le match qui fera pencher la balance du titre symbolique de meilleure gardienne du tournoi, actuellement dans les mains de son adversaire d’un soir : Van Veenendaal, en grande partie grâce à ses arrêts lors de son match de poule face au Danemark.

Et si les tirs au but sont la solution de cette finale ; Petersen n’est pas loin d’avoir, avant la finale, un record du monde d’efficacité (80%) avec un seul pénalty d’encaissé sur cinq tentatives ! Ca vaut le coup d’être élue ou reconnue meilleure gardienne de l’Euro jusqu’en 2021 !

Le Danemark élimine l'Allemagne. Crédit UEFA. Lesfeminines.fr

Le Danemark élimine l’Allemagne. Crédit UEFA. Lesfeminines.fr

Finale européenne face aux Pays-Bas. En face, les armes des Pays-bas sont nombreuses :

  • . Le stade à guichets fermés aux couleurs Oranje,
  • . Le football féminin qui fait relever la tête au football néerlandais après que les garçons aient mis l’Oranje dans le rouge (pas d’Euro 2016, une qualification en coupe du monde 2018 compromise,
  • . Une audience télévisuelle et mondiale historique (80 pays) pour le football féminin.
  • . Une nouvelle coach féminine plus que légitime avec une expérience internationale dépassant les 100 sélections,
  • . Des joueuses qui permettent de jouer le jeu néerlandais, basé sur l’expression des qualités plutôt que sur la gestion des défauts.

Pour moi, tout dépendra de la performance de Jackie Groenen. C’est Elle qui lance le trio d’attaque le plus souvent. Si elle est au Top, les pays-Bas gagneront le titre. Si elle ne fait pas une performance, après l’avoir fait sur cinq rencontres ; alors la combativité danoise des joueuses, l’intelligence du jeu féminin de son coach Nils Nielsen devrait prendre le meilleur et conquérir en terre batave le titre de l’Euro 2017

Une vraie surprise.

Dans les deux cas. Normal, à 24 ans (moyenne d’âge des deux sélections), on est dans un âge où on aime surprendre et s’affirmer sans tricher. C’est un rêve de gagner un titre à cet âge.

William Commegrain lesfeminines.fr