Le football peut vous mener, en dix ans, de l’ombre de la 3e division à l’éclat de la lumière de la Ligue 1. En plus, illuminé de celle d’une famille mondialement connue, ouvrant les portes de l’UEFA ou de la FIFA à Pierre Ferracci, expert-comptable, découvrant le football des dirigeants en 2005.

J’ai connu le Paris FC comme observateur au début des années 2010, quand Charlety soufflait le froid sur la dizaine d’énergumènes qualifié de supporters, l’obligeant même, une fois, lors d’un match de National, alors que quatre « glandus » criaient « Ferracci démission » dans un stade vide, donnant un écho incroyable à leur propos, être allé les voir de visu, les yeux dans les yeux, pour leur donner son point de vue.

J’ai connu le Président Ferracci, dans les travées de Charlety quand l’accès des journalistes était bien plus libre qu’aujourd’hui, marcher de long en large, se demandant au bout de la cinquième défaite d’Alain M’Boma, le frère du Ballon d’Or africain, pour la saison 2011-2012, comment se sortir de cette situation, entre les mots entendus à gauche et droite des conseillers, et la décision à prendre, d’une présidence nouvelle qu’il avait pris à son associé, le banquier Guy Cotret, Président depuis 2003.

Je l’ai vu mettre, à la surprise de tous, un de ces conseillers, adjoint sportif néanmoins, Alexandre Monier, coach de l’équipe la saison suivante.

Je l’ai vu, lors de cette funeste saison 2012-2013, premier relégable de National, après trois changements de coachs, être condamné à la CFA et obtenir le droit de rester en National, faute d’avoir l’autorisation de la DNCG de monter, pour trois clubs de CFA (Sedan, Le Mans, FC Rouen).

Je l’ai vu, lors d’un match de pré-saison à Poissy en 2012-2013, chercher des soutiens auprès de grands noms du football, et confesser, un peu fatigué, avoir déjà investi plus d’un million d’euros en compte courant.

Personne n’aurait pu penser, à cette époque, à une montée en Ligue 1, voire même en Ligue 2.

Le combat officiel était le maintien. le non-officiel était de postuler au titre de « second club de la capitale » que les écrits des médias se plaisaient à chercher entre le Paris Fc, le Red Star et l’US Créteil.

Est-ce le métier d’expert-comptable, mais on verra dans son parcours que la DNCG aura, par deux fois une influence favorable au parcours de son club. La première, en le maintenant en 2013. La seconde fois en le faisant monter en Ligue 2, comme troisième de National, suite à la rétrogradation du SC Bastia (2016-2017).

Dans une Ligue 2 où depuis quelques saisons, il a réussi à faire passer son club comme étant celui légitime à détenir le titre non-officiel de « second club de la capitale » à partir de 2018, qui lui était disputé.

Par l’US Créteil, en Ligue 2 de 2014 à 2016 et plus précisément par le renommé Red Star en 2016 et 2017. Les trois, en Ligue 2, se battant pour l’avoir en 2015-2016 et qui lui semblait perdu, après sa descente de la fin de saison (voir le tableau), comme ce qui est arrivé à l’US Créteil maintenant en National 2 (ex-CFA)

Une ligue 2 qui l’a transformé et dans laquelle il s’est reconnu et où d’autres l’ont reconnu.

Une fois, lors d’un match de pré-saison à Clairefontaine, il m’avait dit sa joie d’avoir été salué par Jean-Michel Aulas, pour son centre de formation et la qualité des joueurs qui le comprenait. Ses yeux brillaient du compliment reçu.

Le dernier gros coup dur pour aller vers la lumière aura été à Orléans, pour la montée sportive en Ligue 2, quand Pierre Ferracci était apparu, au stade de l’US Orléans (1-0), lors de saison 2016-2017, les lèvres et le visage colérique, venant juste d’apprendre que son coach, Réginald Rey, le quittait, ad nutum, c’est à dire quasiment immédiatement.

Pour le SC Bastia, qui au même moment, sera rétrogradé administrativement par la DNCG et laissera sa place … au Paris FC dont les comptes lui ont valu la montée en Ligue 2.

Le début de la lumière.

Est-ce l’intégration de la section féminine de Juvisy fin 2017, suscité par Noël le Graet, Président de la FFF de l’époque et ex-président du Paris FC qui a relancé un club parisien confiné dans les locaux restreints d’une centaine de mètres carrés, contigus à la Bibliothèque Nationale de France ?

Nul ne le sait d’autant que le club amateur féminin, exsangue, se voyait au bord du bilan, noyé par un contrôle fiscal qui lui faisait des cheveux blancs.

Mais depuis 2018, la lumière brille au Paris FC. Le club monte en puissance, fait quatre barrages de Ligue 2 pour accéder à la Ligue 1. Construit un public, ouvre ses partenariats à des historiques comme VINCI ou ENGIE, dont je me souviens avoir vu les yeux « exaltés » d’un dirigeant, petit homme d’une soixantaine d’années, tout juste rond, quand le club évoluait encore en National, nous interrogeant en passant devant la presse à Charlety, sur l’opportunité d’un Paris Fc, que personne ne voyait à ce futur stade, mais dont, lui, imaginait avec certitude l’intérêt.

Il faut croire qu’il avait vu des choses que nous n’avions pas vu, entendu des mots que nous ne connaissions pas, réfléchi au-delà de nos capacités ou tout simplement avoir eu le talent de rêver quand nous ne l’avions plus.

Visiblement le Président Ferracci avait eu ce tour de force, de le faire vivre à ce sponsor.

Dans un milieu qui sent la poudre aux yeux « à plein nez ». Idéalisé par les fans, « décadence romaine » dans l’âme, par les acteurs, baignés par les lumières des médias, les dollars des primes et transferts, il a fallu présenter des choses claires à la famille Arnault pour qu’ils décident d’investir dans le Paris FC dont le propriétaire venait de signifier à ses enfants qu’il ne pouvait plus continuer à compenser seul une perte annuelle de 5 millions d’euros.

Les chiffres avaient dû être clairs, autant que les hommes, afin qu’ils décident d’associer leur nom à un club de football quand Bordeaux ou l’Olympique Lyonnais étaient gérés à la manière du film du « Parrain », romancé et rêvé : je décide et on applique.

Une manière de faire qui prouve, qu’en une décennie, fortune peut se faire dans le football.

Le 9 novembre, il quitte sa fonction de Président pour celle de Président d’honneur. Une annonce faite dans le superbe lieu de l’Ile Saint Germain.

On est loin des bureaux de la BNF.

C’est peut-être la plus grande force de cet homme.

Donner une chance aux rêves des autres, en se gardant d’avoir rêvé.

A la famille Arnault de créer leurs rêves.

Plutôt bien parti.