Le genre féminin se discute toujours sur le terrain, notamment en matière de football, mais beaucoup moins en Allemagne pour leurs compétences footballistiques, envoyant même au rayon des informations inutiles, le genre sexuel de chacun.
Eriksson, Lesbienne, Mariée, internationale suédoise, joueuse au Bayern, prend la charge du scouting en Amérique du Sud pour le Bayern
Magdelena Eriksson, internationale suédoise aux multiples capes (120), mariée ou en ménage avec la danoise Pernille Harder depuis une bonne dizaine d’années (2014), suédoise de son état, 32 ans, joueuse du Bayern depuis peu (2023) a été sollicitée, directement par le responsable du recrutement du club bavarois, pour s’initier au recrutement et six mois plus tard, prendre la charge du scouting du club -peut-être champion d’Europe 2026-, pour l’Amérique du Sud, en complément de son contrat de joueuse (juin 2028).
Nul ne se pose la question d’une présence courte au Bayern, aucun ne s’interroge sur sa nationalité et son genre féminin, et encore moins pour savoir qui l’accompagne dans sa vie. Simplement, on teste sa compétence.
Eta, femme, révolutionne la Bundesliga masculine
Si pour la première nouvelle, il s’agit d’une information réservée aux spécialistes féminins, la nomination par le club Union Berlin, comme coach numéro 1 de ce club de Bundesliga 1, de Marie Louise Eta (34 ans) après le limogeage de Steffen Baumgart, avec pour mission de maintenir le club berlinois dans l’élite d’ici la fin de saison.
Ancienne joueuse de haut niveau, passée notamment par le 1. FFC Turbine Potsdam, elle possède un palmarès riche avec plusieurs titres nationaux et une Ligue des champions remportée en 2010. Sa carrière, achevée à seulement 26 ans sans passer par l’équipe nationale allemande, l’a conduite vers une reconversion précoce… mais particulièrement réussie dans le coaching.
Après des expériences avec les sélections jeunes allemandes, elle rejoint l’Union Berlin en 2023, où elle devient la première femme adjointe en Bundesliga et en Ligue des champions. Forte de résultats convaincants avec les U19, elle s’est imposée comme une technicienne crédible, capable de gérer un groupe et d’imposer ses idées dans un environnement exigeant. En janvier 2024, alors que l’entraîneur Nenad Bjelica est suspendu, elle dirige l’équipe première le temps d’un match et mène l’Union Berlin à une victoire contre Darmstadt.
Revenue comme coach de l’équipe féminine, contribuant à sa montée en Bundesliga 1, elle prend en juillet 2025 la tête de l’U19 masculine. Sa première saison complète est très réussie : 22 matches, 13 victoires, quatre nuls et cinq défaites, avec une première place du groupe préliminaire. Début avril 2026, elle repasse par la section féminine mais l’urgence en équipe masculine change tout : le 11 avril, elle est nommée intérimaire pour la fin de saison.
Marie-Louise Eta aura cinq matches pour tenter de maintenir le club au plus haut niveau, alors que l’Union dispose de onze points d’avance sur le premier relégable.
Et si Sarah M’Barek, Sandrine SOubeyrand, ou Corinne Diacre avaient pris les rênes du RC Lens ou de l’OM, clubs aux ambitions européennes, ou du Paris FC ?
A faire un parallèle avec la France, pour Sandrine Soubeyrand, la question aurait pu se poser puisque le Paris FC n’avait que quatre points d’avance sur le 16e de la Ligue 1 au moment de l’arrivée d’Antoine Kombouaré et du départ de Stéphane Gilli (26 février). Elle ne s’est pas posée car personne n’avait prévu cette situation. De plus faute de précédent, l’idée ne semble pas avoir été évoquée. Il viendra un temps où elle se posera, ne serait-ce que pour la refuser ou l’étudier.
Corinne Diacre, coach de l’équipe féminine aurait pu reprendre l’OM masculine après le départ de Roberto de Zerbi (février). Venant d’arriver (Octobre 2025), la situation aurait été moins évidente en terme de timing mais elle aurait pu se poser ! Cette dernière ayant été la dernière femme à coacher une équipe masculine professionnelle en France, Clermont (Ligue 2 sur 3 saisons), avec un bon bilan de 52 victoires, 39 nuls et 45 défaites. Peut-être pas assez victorieux pour l’OM.
De la même manière, Sarah M’Barek, coach féminin de l’équipe féminine du RC Lens, pourrait reprendre la section masculine des lensois si pareille mésaventure intervenait à Pierre Sage.
Elles ont toutes les trois le BEPF qui les autorisent.
La grosse différence, c’est que l’OM est quatrième, aux portes de la qualification directe en Ligue des Champions (-1 point) face à au Losc) quand le RC Lens a pris, ponctuellement, la première place au PSG, pour être maintenant, toujours second, à quatre points d’un PSG rayonnant.
Une femme à la tête d’un club de Ligue 1 qui se bat pour l’Europe, cela se verra c’est certain. Dans cinq, dix, quinze ans ? Mais cela se verra sans aucun souci.
William Commegrain Lesfeminines.fr