Le temps d’évacuer la déception du contenu des françaises contre les Pays-bas (une défaite et un nul), une visite sur la page de l’UEFA des quatre groupes de qualification de la Ligue A montre que les groupes sont serrés après ces quatre premières journées sur six.
Groupe A1 des Bleues : la République d’Irlande, en sous-marin potentiel
Priorisons la performance des françaises où un manque d’intensité flagrante les a empêchés de tenir un résultat heureux à la mi-temps (1-0, 45’+1) sur la seule occasion de Marie-Antoinette Katoto, marquant son 43e but sur 64 sélections en doutant fort qu’elle puisse croire au record d’Eugénie Le Sommer (200 sélections, 96 buts en Bleues à 27 ans).
Le nul est concédé sur une action déterminée des Pays-Bas. La récente capitaine Kaptein, venant juste de recevoir le brassard de l’indéboulonnable Beerensteyn, sorte de sparadrap qui colle à tous les pieds de la défense française, sortie après une double rencontre de qualité.
Partie loin de la demi-lune française pour recevoir une balle, idéalement servie d’Esmee Brugts, barcelonaise de 22 ans, buteuse à l’aller, et marquer de la tête -sans que le système défensif du milieu français- n’ait fait autre chose que d’espérer qu’elle rate son occasion.
Regardez d’où part la buteuse ! Elle fait trente mètres pour y croire alors que les néerlandaises ont raté au moins cinq contres favorables. Pour le 6e, elle y va quand même, sans marquage et sans communication des françaises pour demander le soutien. Chacune étant laissée à elle-même.
La différence entre les deux équipes s’est située là, pour cette double confrontation. Les néerlandaises ont cru à chaque opportunité, alors que les françaises ont dominé au jeu de passes-contrôles, sans croire aux centres nombreux des deux côtés, attendant la balle « sur un plateau » qui n’est jamais venu.
Les deux jeunes centrales des « oranjes » (19 ans d’âge) ayant décidé de jouer leurs coeurs et leur âmes dans ce match. Comme un premier amour, à tout donner pour y croire, face à une forme de bourgeoisie des bons usages français. « Bien joué, la prochaine ! ».
Inattendu et problématique puisque la caractéristique française 2026 est de faire jouer, soit disant, des jeunes, -déjà anciennes- à 27 ans.
Dans ce groupe, la surprise pourrait venir de l’Irlande du Nord, battue sur le fil d’un contenu face à la France (1-2) et les Pays-Bas (2-1), qui pourrait finir en tête du groupe.
Tout à fait à même d’avoir l’intensité et l’envie de vaincre les Pays-Bas à domicile le 5 juin pour l’avant-dernière journée et la France, à l’extérieur le 9. Avec douze points, elle passe devant. Les Pays-Bas et la France, défaites, ne pourraient enclencher que trois points au maximum.
La République d’Irlande (23e FIFA), qualifiée directement pour la Coupe du Monde ! Quand on connait les irlandais et sa capitaine Mac Cabe, aucun doute sur leurs motivations, énergies et envies.

Les trois autres groupes européens qualificatifs pour la Coupe du monde 2027 : Danemark, bien parti. Espagne ou Angleterre et Allemagne ou Norvège.
Dans le groupe A1, le Danemark (8 points, 12e FIFA) mène devant la Suède (7 points, 8e mondial) et l’Italie (14e FIFA, 5 points), excellente à l’Euro 2025 avec une demi-finale qui avait eu tout le goût d’une finale, si l’Angleterre n’avait pas mis les deux buts vainqueurs dans les dix minutes de fin de match.
Les danoises ont une bonne chance de prendre le lead. Elles ont un goal average particulier favorable contre l’Italie et elles rencontrent la Serbie pour le dernière journée, leur garantissant les trois points. Elles devront juste regarder l’opposition entre la Suède et l’Italie si elles réussissent un match nul pour la 5e journée, à domicile contre les Suédoises.

Dans le groupe A3, il y a comme une finale de Coupe du Monde qui se jouera en journée 5. L’Espagne recevra l’Angleterre (3e mondial). Les championnes du monde espagnoles, classées numéro 1 mondiale, doivent vaincre avec un maximum de buts, une équipe anglaise qui possède le meilleur championnat européen.
Il y a là, le match de la 5e journée pour l’Europe. Le vainqueur donnera la qualification.

Pour le groupe A4, l’Allemagne (10 points, 4e mondial) a chuté en faisant match nul avec l’Autriche, pourtant dernière du groupe. La Norvège (9 points, 13e fifa) a rarement été à si belle aventure depuis les années 2000, marqués de ses titres de Championne du monde et d’Or olympique à Sydney.
La 5e journée sera là encore, la journée du sacre de l’une des deux équipes qui se rencontrent en Allemagne, après une victoire impressionnante de la Mannschaft en Norvège (0-4). Lui donnant un trin d’espoir d’avance mais sans garantie d’en être propriétaire.

Si les scénarios s’écrivent à la mode NETFLIX, en équipes qualifiées on aurait : Danemark (12e mondial), République d’Irlande (23e FIFA), Angleterre (4e mondial) et Norvège (13e FIFA).
EN phase de qualification, on trouverait la Suède (8e FIFA) et l’Italie (14e FIFA), l’Espagne (1er FIFA), la France (7e FIFA) et les Pays-Bas (10e mondial) puis l’Allemagne (4e mondial). Sans compter les autres.
Chaud, chaud, voire brûlant.
On aurait peut-être dû montrer cela aux françaises ! Il va falloir monter d’intensité, d’envie, de jeunesse, de vérité et de compétitivité.
RDV les 5 et 9 juin 2026.
William Commegrain Lesfeminines.fr