Si la jeunesse, c’est l’envie, la vitesse, les appuis et la décision, alors la jeune Justine Rouquet, née en 2007, joueuse de Montpellier, classée dernier de l’Arkema Première Ligue peut espérer être appelée en Equipe de France A, sans passer par les U20 et U23 qui n’existaient pas, vingt ans auparavant, quand la France a sorti, sa meilleure équipe de l’histoire dans la décennie 2010-2019, proche d’être la meilleure équipe du monde.
A sa signature, face au Paris Saint Germain, sur une belle de contre, elle place une balle qui finit sous la transversale de Mary Earps. De cinquante mètres dira le spectateur, peut-être quarante cinq mètres pour le métreur, mais avec une telle maitrise technique qu’elle monte comme une fusée et à son apogée, descend à la même vitesse, répondant au principe physique de Galilée et Newton :
- Galilée a montré expérimentalement que, en l’absence de résistance de l’air (l’espace), tous les corps tombent de la même façon (même accélération), indépendamment de leur masse.
- Newton a formulé la loi de la gravitation universelle : toute paire de masses s’attire avec une force proportionnelle au produit de leurs masses et inversement proportionnelle au carré de la distance qui les sépare.
Ce qui fait qu’un objet descend plus vite et plus verticalement qu’il ne monte.
Pour sentir cela à 18 ans, le sentir après des milliers de frappes, c’est que la joueuse dort avec un ballon, vit avec un ballon, maudit ses erreurs, pense à les réduire à néant, pour se satisfaire, plus tard, de ce qui n’existe pas encore : son rêve.
Déjà ses appuis à l’aller avaient de quoi interpeller. Il y a des trajectoires qui sont faites pour ne pas prendre le chemin de tout le monde.
A l’évidence, c’est la vie de football qui attend cette montpelliéraine.
Pourquoi pas en A. Car c’est son niveau d’espérance, d’oxygène. Et peu importe l’âge.
ET surtout qu’elle continue de rêver.
William Commegrain Lesfeminines.fr