Pour l’histoire, il s’agissait de la douzième rencontre européenne entre les deux clubs. L’OL a commencé en 2007 quand Wolfsburg a débuté la sienne en 2013, la finissant avec leur premier titre, obtenu en finale contre l’OL. A elles seules, sur le terrain il y avait 10 coupes européennes et sept finales perdues. Huit gagnées par l’OL, record en cours. Deux équipes qui, cependant, conjuguent le titre au passé maintenant, face à Barcelone (2021, 2023, 2024) et Arsenal (2025).

En concédant une défaite, l’OL fait une chose rare, à prendre comme une performance pour Wolfsburg alors qu’il lui manquait Alexandra Popp, sa figure légendaire et que son coach, Stephan Lechr, avait perdu trois finales face à l’OL dans le passé (2016, 2018, 2020).

A mon sens, l’OL a joué avec maturité, ce quart aller, sachant qu’il ne fallait pas prendre un second but, mais dans l’incapacité d’en marquer un. Ce qui est la performance allemande.

Christiane Endler (5.5/10) : CORRECT. la gardienne chilienne, souvent récompensée dans les awards de la Première Ligue française aura réalisé un match correct, sans erreur flagrante compte tenu de la rareté des occasions allemandes, mais avec des temps de retard dans certaines situations qui ont été à l’image de son équipe. Elle sort une belle tentative allemande, mais tirée sur elle.

Ashley Lawrence (3.5/10) : l’internationale canadienne, championne olympique en 2020 à Tokyo, ex-parisienne et ex-Chelsea aura eu du mal à performer dans ses liaisons offensives avec Kadidiatou Diani. Ses passes offensives auront souvent été ratées et elle semble être en décalage d’intentions avec ses partenaires. Elle partage avec Lindsey Heaps, le but en contre de Wolfsburg. De plus son adversaire directe, d’une dizaine d’années plus jeune, excellente, lui a montré ses limites en vitesse.

Wendie Renard (5,5/10) : la capitaine lyonnaise, internationale française au palmarès éloquent (131e match européen) a réalisé un superbe tacle défensif dans les cinq premières minutes de jeu. Les allemandes ont décidé de ne plus la prendre en direct mais de tourner autour. Son travail défensif a donc été un travail stratégique et comme, son apport offensif important en Bleue (39 buts dont une bonne moitié de la tête), ne s’est pas manifesté dans cette rencontre, à l’exception de deux remises opportunes, -malgré de nombreux corners-, sa note est moyenne.

Engen (5/10) : l’internationale norvégienne, auparavant milieue de terrain, est descendue d’un cran en défense centrale. Elle est très correcte quand la joueuse adverse se décale extérieure, bénéficiant de son physique et de ses enjambées. Elle est beaucoup moins performante quand le ballon est entre les deux centrales, n’ayant pas le coup de reins pour compenser un changement de direction de la joueuse adverse. Sur ce match, elle est là mais comme son équipe, elle ne sort pas de son rôle ayant en tête qu’avec (1-0), elles peuvent revenir à (1-1) mais surtout ne pas prendre (2-0).

Selma Bacha (5.5/10) : la française, internationale et de temps en temps, capitaine de l’OL Lyonnes est à la base des balles arrêtées lyonnaises. Dan ce rôle, sur corner elle est excellente. Sur coup franc où la masse de joueuses est alignée horizontalement, elle a été moins performante, ne donnant que peu de sens aux coups francs obtenus. Source de buts lyonnais. Dans son apport offensif, il lui a manqué les mètres qui font qu’une défense se disloque quand pour le défensif, elle a dû lutter avec une joueuse d’expérience, Hulth, excellente dans ses positions et attentes.

Damaris (4/10) : son rôle est d’animer les transitions offensives lyonnaises en les sécurisant, tant verticalement que surtout latéralement. Dans ce rôle, elle n’a pas eu d’opposition directe de Wolfsburg. Cette facilité qui lui a été offerte, elle n’a pas su en profiter pour créer un problème dans les lignes adverses. C’est une erreur qui doit lui être imputée compte tenu de la qualité de son profil international néerlandais et surtout de son physique. Mais la faiblesse qu’elle a montré, concerne sa difficulté à empêcher les contres allemands, nombreux, de qualité, et très verticaux. Même quand le jeu s’est stabilisé dans le camp lyonnais, on ne l’a pas vu imposer sa présence.

Lindsey Heaps (3.5/10) : quand le jeu est rapide, la capitaine américaine active le jeu lyonnais. Quand le jeu est lent, elle n’a plus la capacité de l’accélérer. Face à des joueuses plus rapides, moins physiques, elle n’a pas réussi à imposer ce dernier, à l’image du coup d’épaule du début de partie qu’elle subit dans la surface de réparation, la faisant tomber, mais surtout montrant que son contrôle et sa vivacité défaillante, lui font perdre la balle d’un mètre. Assez pour que l’occasion obtenue devienne lettre morte, face à des allemandes mords de faim.

Dumornay (4/10). Pour une joueuse haïtienne appelée à concourir au Ballon d’Or, elle a raté le premier acte européen qui lui aurait permis d’y postuler, sachant que c’est dans cette période, à partir des quarts européens, que la décision prend forme. Elle montre des limites dans son jeu qui demande à ce qu’elle obtienne des ballons en ayant le temps d’accélérer ses choix et décisions. Si vous la bloquez avant, elle a des défaillances techniques pour se sortir d’un amas de joueuses et devient bien moins dangereuse, sauf quand elle est dans la surface, où la crainte d’un pénalty fait qu’on la laisse agir. Sauf que là, les allemandes ont joué sans peur.

Ada Hegerberg (5/10) : on ne peut rien reprocher à la première Ballon d’Or de l’histoire. Il y a longtemps que la trentenaire ne peut plus marquer sur sa puissance et son physique au plus haut niveau. Elle utilise sa science du jeu, son placement et son expérience. Pour cela, il faut que les ballons arrivent du milieu et dans ce domaine, les lyonnaises ont joué sans chef d’orchestre offensif. Elles ont joué piano quand il fallait monter fortissimo.

Kadidiatou Diani (5/10) : la joueuse française, la plus capée des Bleues en activité (appelée par Laurent Bonadei), a un rôle clair de percuter sur le côté pour alimenter de centres, l’avant-centre lyonnaise ou les joueuses offensives placées pour recevoir ce ballon. Elle avait un TGV d’avance sur son adversaire et son occasion sur le poteau, servie par Hegerberg, en est l’illustration. Sauf que la liaison avec Lawrence n’a pas été fructueuse, donc le TGV n’a pas été souvent en gare. Et sa vitesse fait que certains gestes techniques n’arrivent pas comme ils devraient arriver. Au niveau proposé par Wolfsburg, cela diminue l’impact offensif.

Tabitha Chawinga (3.5/10) : cette joueuse malawite est une énigme. Capable de jouer comme un ballon d’Or certains matches, et d’autres fois, de tomber dans un brouillon de football dont on ne sait ce qui va en sortir sans pour autant nous retirer l’impression d’une vitesse exceptionnelle, balle au pied. Sur ce match, face à une norvégienne petite en taille mais grande en intention, elle a subi le jeu de sa latérale plus qu’elle ne lui a fait subir le sien. C’est une joueuse à « engueuler » si on joue au niveau amateur.

Les joueuses entrantes : Katoto à la place de Hegerberg, Brand à la place de Diani, Schrader à la place de Heaps, Yohannes à la place de Damaris, Becho à la place de Chawinga n’ont pas inversé la tendance.

Pour quelle raison l’Ol a perdu, et Wolfsburg a pu l’inquiéter et le dominer ?Elles ont très bien relancé et ont osé passer le premier rideau défensif des attaquantes, ce qui les a amené à se propulser sur une partie du terrain ouverte, pour en première mi-temps, faire reculer, couramment, les lyonnaises. A reculons les lyonnaises sont prenables.

Pourquoi Les lyonnes n’ont pas réagi ? A mon avis, L’Ol Lyonnes n’a pas eu peur de l’aller. Elles ont joué ce match avec maturité, et toutes répondent qu’il s’agit d’un premier acte et que le retour sera à Lyon. L’Histoire ne les préoccupe pas sur le moment du match. Elles ont pensé au retour, attentives à ne pas en prendre un second.

Sont-elles trop confiantes ? Ou le niveau de la Première Ligue est devenu si peu concurrentiel qu’elles paient le prix de la stratégie de Gensis Khan de la direction lyonnaise passée auprès du PSG, de faire table rase d’un concurrent dans cette division ?

Le retour nous le dira, face à Wolfsburg qui a joué sur sa jeunesse, très rapidement sur le plan vertical et dont la buteuse, Beerensteyn, aura manqué l’immanquable et le (2-0), avec une tête hors cadre, dans les buts vides, sur un centre au deuxième poteau de Hulth.

Son équipe, sans grand nom, pourra-t-elle faire une seconde partie identique en sachant que l’OL a eu une main qui aurait du être pénalty (sortant une balle du cadre), un poteau de Diani, une tête de Katoto hors cadre. Tout cela confirmant que l’OL marquera au retour, même si les allemandes ont une bonne gardienne, en la personne de Johannes.

Wolfsburg arrivera-t-il à marquer ? C’est la question du retour.

Feuille de match

A la VfL Wolfsburg Arena

UEFA Women’s Champions League : Wolfsburg – OL Lyonnes

Arbitre : Emanuela Rusta

Avertissements : Johannes (89’), Kuver (90’) pour Wolfsburg ; Damaris ( 67’) pour OL Lyonnes

Buts : Beerensteyn (14’) pour Wolfsburg

Wolfsburg : Johannes, Bjelde (Bergsvand), Dijkstra, Peddemors, Minge, Beerensteyn, Hulth, Küver, Kielland (Levels), Endermann (Zicai), Linder

OL Lyonnes : Endler, Renard, Bacha, Dumornay, Heaps (Shrader), Diani (Brand), Lawrence, Damaris (Yohannes), Hegerberg (Katoto), Engen, Chawinga (Becho)