Rien n’était garanti dans ce second match sur six de qualifications pour le Mondial 2027, face à une Pologne en droit de croire à sa chance après son match nul contre les Pays-Bas (2-2) et alors que l’Irlande avait fait trembler les Bleues à domicile (1-0) jusqu’à la 70’, même si ensuite, les françaises étaient reparties avec la victoire (1-2) et les trois points.

Comme dans un date, les arguments des Bleues ne semblaient pas avoir convaincu le cœur de ses fans, inquiets de tout -voire de trop-, dans un groupe assez homogène et surtout fait d’équipes (France, Pays-Bas, Irlande et Pologne) qui voulaient en découdre, en ce début de qualification, jouée sur 4 mois (mars-avril-juin), pour un billet brésilien ou pas.

Laurent Bonadei (en poste depuis 18 mois et son 22e match) avait pris un risque conséquent puisque des cinq joueuses utilisées contre l’Irlande, qui font le lot d’une défense à quatre, il en a changé quatre !

Pauline Peyraud Magnin (74 sélections) reprenait son rôle de gardienne sans que Constance Picaud-Inconnu (13 sélections) n’ait démérité avec ces cinq arrêts en Irlande. Elisa de Almeida (PSG, 50 sélections) laissait sa place à droite à la jeune Melween N’Dongala du Paris FC (7 sélections). Thiniba Samoura du PSG (13 sélections) voyait Alice Sombath (OL, 12 sélections) tenir son rang et sur le côté gauche, Sandy Baltimore (44 sélections), piston inutile à l’aller, descendait d’un cran, à la place de Perle Moronni (San Diego) pour relancer vite et fort sur ce flanc, à l’image de ce qu’elle avait produit avec Chelsea la saison dernière, poste habituellement tondu par Selma Bacha, blessée.

Et pourtant, c’est la cinquième, Maëlle Lakrar (Real Madrid, 35 sélections), innocente devant son adversaire habituelle de la Liga espagnole, Ewa Pajor (FC Barcelone), profitant d’une passe surprenante, pour du genou, la propulser dans le coin droit de Pauline Peyraud Magnin (1-1, 29’)

Les Bleues commencent à inquiéter tant elles semblent capables, habituellement, de jouer en étant inefficaces en termes d’occasions de but.

Le mach contre les irlandaises avaient montré des attaquantes ronronnantes, « contrôle passe », cherchant l’idéal d’un déplacement que les irlandaises du bâtiment, s’amusaient à combler. Une telle défense verte que les tirs français avaient été aussi nombreux que ceux de Septembre 1939 quand les allemands avaient atteint Paris en moins de 10 jours. C’est un peu cru que de l’écrire en ces temps guerriers mais si on va à la guerre, autant tirer.

Enfin, les attaquantes françaises s’expriment comme telles.

En dribbles chatoyants de Baltimore, percées incisives de Diani à droite, jeu en triangle réussis avec Karchaoui ou Geyoro, permettant à Marie-Antoinette Katoto d’arrêter à s’essouffler dans un jeu d’appui, pour se placer en neuf et espérer marquer, enfin son 41 but.

C’est exactement ce qui se passera sur un très bon mouvement d’école à gauche entre Melvine Malard et Sandy Baltimore, pour d’une balle piquée, trouve la lyonnaise Katoto démarquée et buteuse à la 20’ (1-0). Assez rapidement pour un match international avec enjeu.

Sauf que le cœur se resserre avec l’égalisation polonaise d’autant que ladite Ewa Pajor, meilleure buteuse de la Liga, avait envoyé une véritable mine à la 4e , obligeant PPM à la détourner en corner d’une superbe claquette.

Des fois, il faut une part de chance et la France, après son deuxième match, n’en a pas manqué dans ces deux rencontres !

Diani utilise sa puissance pour centrer une balle -à moitié sortie- que la gardienne polonaise détourne malencontreusement, dans les pieds de Sakina Karchaoui (PSG) ! La capitaine de l’Equipe de France, à la tête des Bleues dans le jeu, connait l’importance de cette opportunité et se concentre pour trouver un chemin entre toutes ces jambes que Katoto (40′, 2-1) accompagne dans les filets polonais.

La nouvelle lyonnaise n’avait plus marqué depuis des lustres et réalise ou plutôt croit, ce soir à un doublé, puisque l’UEFA le donnera à Sakina Karchaoui. On n’oubliera pas de rappeler que pour le match précédent, c’était Melvine Malard qui avait sauvé la France.

Mais la vraie carte « chance » de ce jeu du Monopoly à Dijon, sera l’expulsion pour deux cartons de la polonaise Nadia Krezyman (45e + 2), pourtant joueuse dijonnaise.

A dix contre onze, la France joue en patronne cette seconde mi-temps. Le jeu est varié, percutant, tournant et dominateur. Tout sera dit avec le 3e but de Karchaoui sur pénalty pour une faute sur Grace Geyoro (59′, 3-1) et que dire du 4e de DIani (71′, 4-1).

Les Bleues prennent six points et le lead de leur groupe, faisant partie des quatre pouvant se qualifier directement pour le Mondial 2027 avec l’Allemagne (6 points). Dans le 3e groupe, l’Angleterre et l’Espagne se battent dans le même groupe avec 6 points pour une seule place quand le Danemark, en tête du dernier groupe, surprend la Suède, toutes les deux avec 4 points.

Les polonaises incisives auraient pu poser des problèmes aux françaises à onze sur un (2-1) en seconde mi-temps. Les irlandaises ont montré des faiblesses aux Bleues. Dans ces deux rencontres, les Bleues ont trouvé des solutions mais elles n’ont pas manqué de chances. C’est le moins que l’on puisse dire ou ont su gérer les moments importants du match.

La prochaine rencontre contre les Pays-Bas, en aller-retour le 14 et 18 avril, décidera du leadership et de la future écriture des françaises.

Open à la chance ou, un peu au-dessus mais surtout, ne ratant pas les détails qui font le gain du match ?

Le samedi 7 mars 2026, à Dijon (stade Gaston-Gérard).
Qualifications à la Coupe du monde féminine 2027 de la FIFA – 2e journée (groupe A2)

FRANCE – POLOGNE 4-1 (2-1)

Affluence : 10 000 spectateurs environ.
Arbitres : Alina Pesu (Roumanie), Daniela Constantinescu (Roumanie), Anita Vad (Hongrie), Roxana Recorean (Roumanie).
Buts : Marie-Antoinette Katoto (20e), Sakina Karchaoui (40e, 59e sp), Kadidiatou Diani (71e) pour la France ; Ewa Pajor (29e)  pour la Pologne.
Avertissements : Grace Geyoro (37e), Sakina Karchaoui (90e + 2) pour la France ; Nadia Krezyman (12e et 45e + 2), Aleksandra Zaremba (68e) pour la Pologne.
Exclusion : Nadia Krezyman (45e + 2) pour la Pologne.

FRANCE : Peyraud-Magnin (g) – N’Dongala, Sombath, Lakrar (Bussy 76e), Baltimore – Geyoro (Le Moguédec 83e) Jean-François, Karchaoui (cap.) – Diani (Sangaré 76e), Katoto (Mateo 76e), Malard (Gago 83e).
Banc : E. Cascarino, Chavas (g), De Almeida, Ebayilin, Fazer, Picaud-Inconnu, Samoura.
Sélectionneur : Laurent Bonadei.

POLOGNE : Szemik (g) – Zieniewicz, Achcinska, Wos, Cyraniak (Zaremba 46e) – Kokosz (Szymczak 65e), Kamczyk (Grzybowska 87e), Pawollek (Zawistowska 65e) – Krezyman, Pajor (cap.), Tomasiak (Arasniewicz 87e).
Banc : Dudek, Jedlinska, Padilla, Radkiewicz (g), Sarapata, Szperkowska (g), Wiankowska.
Sélectionneuse : Nina Patalon.